Bilan

Nouvelle TAG Heuer connectée: un "swiss made" revendiqué

Conçue en collaboration avec Google et Intel, la seconde version de la Carrera connectée de TAG Heuer a été lancée mardi à Brunnen (Schwyz) à l’occasion d’un grand show «à la Suisse». Un objectif: ancrer la connectivité dans la tradition horlogère du pays.
  • Jean-Claude Biver s’est félicité du partenariat avec Google pour le système d’exploitation Android Wear, et du «transfert de technologie» d’Intel, leader mondial des microprocesseurs.

    Crédits: Tag Heuer
  • La nouvelle Carrera arbore explicitement le label «Swiss made», requérant depuis janvier un minimum 60% de la valeur de la montre produite sur le sol national. 

    Crédits: Tag Heuer
  • La nouvelle montre est équipée de la technologie Android Pay qui permet de l’utiliser comme moyen de paiement, du GPS et peut être utilisée en toutes circonstances notamment en plongée avec une résistance jusqu’à moins 50 mètres. 

    Crédits: Tag Heuer
  • Une dizaine de collaborateurs d’Intel est venu dès août 2016 des Etats-Unis pour former les opérateurs suisses. 

    Crédits: Tag Heuer

Fondue, cloches, tir à l’arbalète: le responsable du pôle horloger de LVMH Jean-Claude Biver a réuni mardi tous les marqueurs de la Suisse éternelle à Brunnen, au bord du lac des Quatre-Cantons face à la plaine du Grütli, pour lancer au son du cor des Alpes la seconde version de la montre connectée de TAG Heuer.

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Et pour cause. La nouvelle Carrera arbore explicitement le label «Swiss made», requérant depuis janvier un minimum 60% de la valeur de la montre produite sur le sol national. Un atout pour démarquer le produit, vendu à partir de 1690 francs, des montres connectées des géants de l’électronique, en particulier la Apple Watch disponible dès 300 francs.

Transfert de technologie?

Jean-Claude Biver s’est félicité de l’approfondissement du partenariat avec Google pour le système d’exploitation Android Wear, et surtout du «transfert de technologie» d’Intel, leader mondial des microprocesseurs, qui a permis d’ouvrir à La Chaux-de-Fonds une usine d’assemblage pour le module électronique de la montre. Une dizaine de collaborateurs d’Intel est venue dès août 2016 des Etats-Unis pour former les opérateurs suisses.

Pour autant, Josh Walden, directeur général de la branche nouvelles technologies d’Intel préfère parler de «transfert de compétences». Le microprocesseur reste produit aux Etats-Unis, quand l’assemblage des divers composants (bluetooth, wifi, GPS..), ainsi que le contrôle visuel, s’effectuent désormais sur le site suisse, agréé par Intel depuis décembre 2016.

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Une collaboration étroite entre les ingénieurs d’Intel et de TAG Heuer a par ailleurs été nécessaire pour adapter l’électronique aux standards de l’horlogerie traditionnelle, comme le détaille Josh Walden d’Intel: «Le fait de travailler avec un boîtier en métal, au lieu du plastique utilisé pour les montres connectées standard, a créé un effet «cage de Faraday», qui étouffait le signal. Il a fallu penser un produit spécifique, sur mesure. Mais les ingénieurs suisses et américains travaillent très facilement ensemble, car ils partagent les mêmes valeurs. En particulier le goût pour la précision et l’innovation.»

Drainer une nouvelle clientèle vers l’horlogerie traditionnelle

Côté innovation justement, la nouvelle montre est équipée de la technologie Android Pay qui permet de l’utiliser comme moyen de paiement, du GPS, et peut être utilisée en toutes circonstances, notamment en plongée, avec une résistance jusqu’à moins 50 mètres. C’est toutefois son aspect «modulaire» qui a été principalement mis en avant mardi. Le boîtier, les cornes et le bracelet sont personnalisables, détachables et amovibles. L’entreprise vend pour 17’900 francs un coffret incluant le boîtier connecté, ainsi qu’un boîtier équipé d’un module mécanique tous deux interchangeables.

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«On donne la possibilité d’alterner facilement entre les deux, relève Jean-Claude Biver. Bien sûr, le client n’est pas obligé d’acheter les deux en même temps. La modularité peut permettre de commencer par un boîtier connecté, puis de commander le module mécanique, même plusieurs années après. Même si la montre connectée reste une industrie moins rentable, elle peut permettre, via la modularité, d’amener une nouvelle clientèle vers l’horlogerie traditionnelle.»

Après un peu moins de 60'000 exemplaires écoulés pour sa première montre connectée, Jean-Claude Biver ambitionne près de 150'000 ventes pour la seconde mouture, dont 15'000 produits sont déjà disponibles depuis mardi midi.

Un objectif que le dirigeant horloger considère réaliste: «Il s’est vendu près de 40 millions de montres connectées l’an passé. Viser 150'000, ce n’est que 0,4% du marché, pas plus. La Carrera doit rester un produit de prestige, à part. Dans la tradition de l’horlogerie suisse.»

Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

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Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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