Bilan

« Nous avons un grain de folie et une énergie débordante »

La marque suisse mood, qui offre la possibilité de changer de bague selon son état d’esprit du jour, connaît un succès grandissant grâce au déterminisme de ses deux associées. Rencontre dans leur base à Orbe.

  • Stéphanie Pousaz et Arlette Bélat ont repris la marque Mood en 2013 qu’elles ont transformée en une jolie PME de 40 employés.

    Crédits: Dr
  • Crédits: Dr
  • Crédits: Dr

Stéphanie Pousaz et Arlette Bélat sont dynamiques et enthousiastes et, surtout, elles croient fort en la marque mood qu’elles ont reprise en 2013. En effet, les deux Vaudoises ont transformé en quelques années une enseigne ultraconfidentielle en une jolie PME de 40 employés dont la grande majorité sont des femmes. Une success-story comme on les aime qui enregistre un chiffre d’affaires annuel proche de 7 millions de francs. Et malgré un arrêt des ventes dans les boutiques à la suite du shut down lié à la récente pandémie que le monde entier a connue, l’entreprise a continué à travailler en développant notamment ses ventes en ligne. 

« Personne n’a été mis au chômage technique puisque les vendeurs ont officié durant deux mois à développer le marketing numérique, les réseaux sociaux, la communication et booster les ventes en ligne, explique Arlette Bélat. L’énergie est restée très présente au sein de l’équipe ultramotivée. » « Nous avons continué à produire et à soutenir, par la même occasion, nos dizaines de sous-traitants suisses durant cette période compliquée », poursuit Stéphanie Pousaz.

(Crédits: Dr)

« Avec la fermeture des magasins durant les mois d’avril et de mai, certes le chiffre d’affaires global a diminué, mais nous avons redoublé de créativité pour développer nos ventes en ligne, poursuivent les deux entrepreneures. Et l’effort a payé puisque ces dernières ont connu une progression durant la période de confinement. »

Des bagues aux couleurs de l’humeur

Heureusement, depuis la mi-mai, la marque a pu rouvrir ses boutiques situées à Zurich, Martigny, Barcelone, Genève, Fribourg et dans la zone industrielle d’Orbe où se trouve également la manufacture. Mood a un concept original : chaque bague comprend un anneau principal sobre en acier qui accueille, par une simple manipulation, une pièce amovible – appelée addon – donnant son caractère au bijou. Les prix des pièces varient entre 20 et 15 000 francs selon les métaux choisis (les bases coûtent entre 100 et 250 francs). « Depuis plusieurs années, nous avons développé la joaillerie, puis nous nous sommes aussi lancées dans la haute joaillerie », expliquent les deux entrepreneures. Un addon haut de gamme au nom romantique de « Rosas de Ouro » a vu le jour en novembre dernier. Mais la majorité des pièces vendues sont non serties. « Nous avons de la chance, car la plupart des personnes qui entrent dans nos magasins repartent avec un achat, explique Arlette Bélat. Nombre d’aficionados de la marque choisissent leur base dans les boutiques, puis commandent les addons en ligne. » De nombreuses collections sont proposées chaque mois aux fans de la marque, dont certains sont devenus de véritables collectionneurs, possédant jusqu’à plus de 100 pièces amovibles.

Les ateliers à Orbe et le futur «mood truck»

Toutes les bagues sont fabriquées dans les ateliers à Orbe où, à l’étage, les artisans s’affairent à la bijouterie, à la gravure, au sertissage ou encore à la logistique. C’est de là que partent chaque jour près de 200 commandes. La griffe vaudoise qui collabore avec une trentaine de fournisseurs suisses se targue d’être entièrement Swiss made. Récemment, la PME a doublé sa surface de production pour répondre à une demande croissante. Elle a également ouvert au mois de mai une sixième boutique au cœur de la ville de Fribourg. Très imaginatif et innovant, le duo lancera prochainement un « mood truck » sur les routes suisses. Ce camion itinérant haut de gamme fera des haltes dans des villes où la marque n’est pas encore présente. Mood compte également deux stars suisses comme ambassadeurs: le coureur automobile vaudois Sébastien Buemi et la joueuse de tennis saint-galloise Belinda Bencic. « Notre clientèle est de plus en plus jeune et masculine, expliquent les deux associées. L’image que reflètent les deux sportifs suisses correspond tout à fait à notre public cible. »

Mood s’est lancée dans la haute joaillerie avec le modèle « Rosas de Ouro » sorti en novembre dernier. (Crédits: Dr)

Un grain de folie et une énergie débordante

Stéphanie et Arlette se souviennent avec émotion de l’année où elles ont décidé de reprendre la marque lancée neuf ans plus tôt par Cédric Chevalley. « Quand Cédric m’a demandé de reprendre mood, j’ai tout de suite accepté. Je n’étais pas bijoutière, mais le challenge était très motivant, explique Stéphanie. Ensuite, j’ai immédiatement pensé à Arlette comme associée. Cette dernière était, en effet, déjà entrepreneure, même si elle n’était pas du métier, car elle fabriquait des sacs à partir de voiles de kitesurf recyclées. Nous avons été très persévérantes en travaillant tous les week-ends à côté de notre job respectif. Et surtout, au départ, nous n’avons pas cherché de financement, ce qui s’est avéré être une grande force car nous sommes restées indépendantes. Les deux associées s’investissent alors à fond au point que l’entreprise passe de 2 à 40 collaborateurs, six ans plus tard. Durant la même période, le chiffre d’affaires progresse de 50 000 francs à 7 millions de francs. L’atelier de 15 m2 devient un espace de production de plus de 600 m2

La première boutique ouvre en 2015, puis suivent cinq autres enseignes en Suisse et une en Espagne. Depuis les débuts de l’aventure, Arlette gère la production et le développement des nouveautés alors que Stéphanie s’occupe du marketing, de la communication et des ventes en ligne. Nous avons les deux un grain de folie et une énergie débordante. Nous n’avons peur de rien, s’amusent les deux associées. On s’encourage tout le temps, on approuve toujours les idées de l’autre sans jamais se mettre de bâton dans les roues. » Aujourd’hui, l’entreprise est également devenue très familiale. Le mari de Stéphanie, Philippe, travaille pour mood. 

Tout comme Fabienne, la sœur d’Arlette. Ainsi que les deux filles de Stéphanie, Léa et Amila, respectivement photographe et designer. Des amis des enfants également. « De ce fait, nous parlons uniquement boulot durant nos réunions de famille, car la marque est devenue une passion pour tout le monde », s’amuse Stéphanie. « De toute façon, nous ne décrochons jamais plus de 24 heures, ajoute Arlette. Nous n’avons pas encore pris de vraies vacances depuis nos débuts. Mais c’est notre objectif pour 2021 », conclut le duo, toujours avec le même enthousiasme qu’à ses débuts.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

Du même auteur:

Le road show de DSK passe par Genève
Genève accueille le premier salon suisse du champagne

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."