Bilan

«Notre priorité, c’est le bien-être du cheval»

Président de la Fédération équestre internationale (FEI), le Belge Ingmar De Vos a succédé à une ligne impressionnante de têtes couronnées.

Ingmar De Vos préside la FEI depuis 2014: «Notre organisation est devenue plus professionnelle.»

Crédits: Liz Gregg

Ingmar De Vos n’est pas un cavalier de compétition. C’est pourtant ce Belge, qui a étudié les sciences politiques et le droit international, qui a été choisi par la princesse Haya de Jordanie, épouse du cheikh de Dubaï, pour être son secrétaire général à la Fédération équestre internationale (FEI). Pas tout à fait par hasard: «Mon grand-père avait une écurie de course près de Gant. J’ai rejoint la fédération belge comme directeur général en 1990. Puis j’ai été chef de mission de l’équipe belge aux Jeux équestres mondiaux, puis à trois JO d’été (Sydney 2000, Athènes 2006 et Pékin 2008)», raconte celui qui sera élu à la présidence de la FEI en 2014, face notamment au Genevois Pierre Genecand. 

Vous avez succédé à une impressionnante lignée de princes et de princesses…

Oui, mais aussi à des militaires avant-guerre. Avant la princesse Haya, fille du roi Hussein de Jordanie, il y a eu l’infante Dona Pilar, sœur du roi d’Espagne, la princesse Anne d’Angleterre, son père le prince Philip duc d’Edimbourg, le prince Bernhard des Pays-Bas et, juste après-guerre, un baron général belge.

Quel est le bilan de la princesse Haya?

Elle a beaucoup travaillé à la bonne gouvernance de la FEI, restructuré le programme antidopage notamment. Je travaille toujours sur son héritage. Elle a acheté l’immeuble où nous sommes installés à Lausanne où travaillent 100 personnes. Elle l’a entièrement rénové et offert pour un franc à la FEI, en le baptisant du nom de son père, le roi Hussein. Elle ne pouvait pas être à plein-temps. Le rôle d’un président a changé. Notre organisation est devenue plus professionnelle, proactive au lieu d’être réactive. Il y a de plus en plus d’argent dans notre sport. Les cavaliers sont des athlètes professionnels, les organisateurs aussi. La FEI est présente dans 134 pays. 

Comment le monde équestre peut-il évoluer?

On ne va pas changer le cœur de notre sport. C’est le seul où l’homme est lié à un animal. C’est une façon de vivre. Dans le monde olympique, c’est le seul sport où hommes et femmes sont en compétition ensemble. On est les plus égalitaires. Les femmes battent aussi les hommes, et cela dans toutes les disciplines. Mais il faut adapter le sport pour la TV avec des formats plus faciles à comprendre. Nos champions ne sont pas forcément des gens fortunés, mais ils bénéficient parfois de chevaux mis à disposition par des mécènes. Dans le domaine du dopage, nous avons un programme très performant. Nous faisons beaucoup de recherches avec des laboratoires sur plusieurs continents. Le domaine équestre est très différent. Donner un carré de chocolat à un cheval peut le mettre sur la liste noire. En compétition, rien n’est autorisé, contrairement aux athlètes qui ont des listes autorisées de médicaments. Il y a aussi le contrôle de la sensibilité des membres du cheval. Il ne peut pas se plaindre. Notre priorité absolue, c’est le bien-être du cheval.

C’est important pour vous d’être à Lausanne, près du Comité international olympique (CIO)?

La FEI a beaucoup de contacts avec le mouvement de Tomas Bach et nous appuyons son programme 2020 et les nouvelles normes de réduction des coûts. J’ai eu l’honneur d’être élu membre du CIO l’an passé. C’est aussi une reconnaissance pour notre fédération qui a commencé à se restructurer il y a dix ans. Des lanceurs d’alerte peuvent nous signaler des cas anonymement et nous vérifions en toute transparence. 

Oliver Grivat

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