Bilan

Natalia Vodianova, tsarine de la mode

Qu’elle joue la légendaire princesse Mumtaz Mahal, une Belle du Seigneur ou la reine des podiums, Natalia Vodianova a su modeler sa vie à la hauteur de ses rêves.
  • Crédits: Justin Creedy Smith
  • Natalia Vodianova dans une des scènes du film Belle du Seigneur. Crédits: Dr

Désormais, être belle ne suffit plus. Dans le milieu du mannequinat, où les exigences sont de plus en plus draconiennes, le physique passe au second plan. Pour percer et durer, il faut être maligne, intelligente et savoir utiliser son image. L’un des exemples les plus parlants est celui de Natalia Vodianova.

Mannequin depuis plus de quinze ans, soit une éternité dans ce milieu, elle fait partie des personnalités les plus influentes de Russie. Comment? Avec un peu de chance, d’abord, puisque cette beauté slave, dotée d’un corps de danseuse et d’un visage de poupée, a été repérée par un scout* alors qu’elle vendait des légumes sur un marché de Moscou. Mais, surtout, l’atout de Natalia, est d’avoir su faire de son image un empire, managé par un staff qui en gère aujourd’hui toutes les facettes.

Mannequin pour les plus grandes marques, elle s’est diversifiée dans le stylisme, en imaginant sa propre collection de dessous et de maillots appelée Natalia pour Etam. Un vrai succès pour la marque française qui a vu ses ventes exploser depuis le début de cette collaboration.

Egérie et visage de la marque Guerlain, elle poursuit sa carrière dans l’univers du mannequinat en négociant des contrats publicitaires pour les plus grandes marques. Résultat, sa fortune est aujourd’hui estimée à quelque 18 millions d’euros. Mais celle que le milieu de la mode appelle SuperNova est une femme engagée et touchée par le destin des enfants les plus démunis.

Elle utilise ses relations et son image pour promouvoir l’association Naked Heart Foundation qu’elle a fondée en 2005. Côté cœur, la belle a vécu un conte de fées avec Justin Portman, l’héritier de l’une des familles les plus riches du Royaume-Uni avec qui elle a eu trois enfants, avant de divorcer et de se glisser au bras d’un autre héritier, Antoine Arnault, fils de l’incontournable Bernard Arnault, puissant PDG de la firme de mode et de luxe LVMH.

Il est loin le temps où, pour perdurer dans cet univers impitoyable, le côté diva faisait vendre. Aujourd’hui, les filles qui durent et qui plaisent aux plus grands photographes sont celles qui sont conciliantes, faciles à vivre, intelligentes et belles. Car belle, Natalia l’est, indéniablement.

Son visage d’éternelle femme-enfant sur qui le temps semble n’avoir aucune prise est son plus grand atout. Rencontre avec une femme d’affaires qui sait gérer les ficelles du fashion business comme personne.

Vous venez de tourner le film publicitaire de la marque Shalimar de Guerlain avec Bruno Aveillan… Comment s’est déroulé ce tournage titanesque?

J’ai adoré mon voyage en Inde où nous avons tourné le film publicitaire pour Shalimar. Ce pays me touche par sa beauté, mais aussi par l’état d’esprit de sa population. C’est un endroit sublime où la beauté des couleurs vives que l’on découvre sur place se mêle à l’incroyable architecture, la nature, les métiers artisanaux, la culture… Bref, un lieu incroyablement inspirant!

Vous travaillez notamment pour votre fondation Naked Heart qui a pour but d’aider les enfants défavorisés, quels sont les changements que vous avez pu constater depuis les débuts de votre association?

Je suis très impliquée dans les projets d’œuvres de bienfaisance, cela me tient réellement à cœur. J’ai créé The Naked Heart Foundation en 2005, après la prise d’otages terrible qui avait eu lieu à Beslan. Des terroristes séparatistes tchétchènes armés avaient pris en otage des centaines d’enfants dans une école.

Au bout de trois jours de siège, une explosion a eu lieu et a tué 344 civils et 186 enfants. Cette histoire m’a terriblement choquée et je me suis demandée comment fournir de l’aide aux enfants et surtout améliorer leur vie au quotidien.

Aujourd’hui, nous avons créé 100 parcs de loisirs pour les enfants et nous venons de commencer un second programme intitulé « Every Child Deserves a Family ».

Nous avons créé cette association car, partout en Russie, des dizaines de milliers d’enfants sont placés dans des orphelinats. Ils sont séparés de leur famille parce que les parents n’ont pas assez d’argent pour subvenir à leurs besoins, sont invalides ou n’ont pas de toit. Il y a très peu de services sociaux en Russie pour pallier ces problèmes. Pour moi, il était important d’apporter notre aide à ces personnes.

Etre une personnalité publique et, de surcroît, l’une des plus belles femmes du monde, vous aide-t-il à faire grandir votre fondation?

Oui! A chaque fois que je rencontre une nouvelle personne, je parle de mes projets d’association et ça marche! J’imagine que c’est la raison pour laquelle autant de personnes d’univers totalement différents font grandir ces projets en agissant et en parlant de ces derniers autour d’eux.

Est-ce que vos enfants viennent avec vous dans vos déplacements en Russie? Leur parlez-vous de vos racines mais aussi de ce que vivent les enfants pauvres sur place?

Bien évidemment! Mes enfants viennent en Russie dès qu’ils ont des vacances! Je leur fais visiter les aires de jeu que j’ai fait construire dans le cadre de mon association et je suis très touchée car ils comprennent et approuvent réellement ma démarche.

Vous gérez en parallèle une carrière de top-modèle, de styliste, d’actrice et de directrice de fondation. Comment se passe une de vos journées types de travail?

Une chose est sûre: vous devez préparer votre agenda très longtemps à l’avance afin de réussir à tout planifier. Je dois gérer la collection que je crée pour la marque Etam, les séances photos et représentations pour Guerlain, mais aussi les levées de fonds pour ma fondation… Mais peu importe ce qui arrive, je trouve toujours le temps pour m’occuper de mes enfants!

Justement, gérez-vous seule votre image?

Heureusement, je suis aidée par mon assistant et mon agent, car cela demande une grande organisation, une planification des priorités.

Où vivez-vous la majeure partie de votre temps?

Je vis à Paris, j’aime la beauté de cette ville et tout l’espace qu’elle offre. J’ai la sensation qu’il y a énormément d’air ici, que tout est possible et que rien n’est fermé!

Vous évoluez dans le milieu de la mode depuis un certain nombre d’années. Gardez-vous en mémoire un instant privilégié avec un créateur ou une amitié qui s’est forgée à travers le temps?

Mon meilleur souvenir est la série mode sur la thématique d’Alice au Pays des merveilles photographiée par Annie Leibovitz en 2003. J’y incarnais Alice et j’étais entourée par les plus grands stylistes qui, chacun, incarnaient un personnage bien particulier. C’était tellement drôle de voir Tom Ford déguisé en lapin faisant des sauts périlleux avec ses gants blancs!

Je n’arrive toujours pas à croire qu’il ait accepté, c’était très surprenant et amusant à la fois! Il y avait aussi Viktor & Rolf qui jouaient les rôles de Tweedledum et Tweedledee, Karl Lagerfeld y incarnait la duchesse et Rupert Everett le griffon.

Je me rappelle qu’Annie Leibovitz avait demandé à Rupert de parler pendant qu’elle le photographiait et là, il a commencé à réciter de la poésie d’une voix très forte et audible, on aurait dit qu’il était possédé par son rôle! Pour l’une des photos on m’a donné un porcelet que je devais porter dans mes bras, il était si petit, il n’arrêtait pas de pleurer car il voulait sa mère!

Je me rappelle l’avoir bercé comme un bébé pour qu’il se calme… Ce shooting est un moment mémorable de ma carrière, car vraiment j’avais l’impression d’être Alice au Pays des merveilles!

Vous venez de jouer dans l’adaptation du roman Belle du Seigneur de l’écrivain suisse Albert Cohen, parlez-nous de votre rôle?

Je jouais le rôle d’Ariane, une femme amoureuse. Je suis vraiment tombée sous le charme de ce personnage que Glenio Bonder, le réalisateur, m’a offert. Elle se bat pour garder Solal vivant, bien qu’il soit dans l’angoisse. C’est un couple complexe car tous deux jeunes et fragiles, ils tombent brusquement amoureux.

Le personnage d’Ariane dépeint dans le film est sans doute moins naïf que dans le roman: pour Glenio, elle contrôle la situation et c’est elle qui prend les décisions les plus difficiles, particulièrement à la fin. Même si je ne suis pas comme Ariane, j’ai profondément compris ce qu’elle ressentait. Ces sentiments si profonds étaient dans mon cœur… cela m’a décidé à faire ce film!

Finalement, pour vous, quelle fragrance a la sensualité?

J’aime les notes de jasmin, de vanille et de bergamote… C’est donc tout naturellement que je craque pour Shalimar. Je trouve que c’est l’odeur parfaite pour me rendre à un dîner romantique avec mon petit ami. Il a réellement pour moi un arôme à la fois sensuel et envoûtant.

 

Lucie Notari

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