Bilan

Monstre respect!

Pour rouler en Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio, il ne faut pas savoir conduire: il faut savoir piloter. Particulièrement lorsque les routes sont mouillées.

  • Crédits: Alfa Romeo
  • Crédits: Alfa Romeo

A force de tester des voitures, on s’habitue aux conseils des garages qui vous les remettent. Il y a ceux qui s’en moquent parce que c’est une voiture de presse et qu’ils ne sont que l’intermédiaire. Il y a ceux qui vous parlent comme si vous ne saviez pas conduire. Il y a aussi les inquiets, qui se comportent comme s’il s’agissait de leur propre véhicule, et les passionnés, jaloux à l’idée de vous voir partir avec leur «bébé». Et puis il y a ceux qui vous disent: «Faites gaffe quand même de ne pas désactiver l’antipatinage.»

C’est en tous les cas ce que l’on m’a dit en me remettant les clés de la dernière Alfa Romeo Quadrifoglio. Alors que je frisais l’évanouissement en entendant cette remarque, on m’expliquait gentiment que les premiers modèles vendus ont assez mal vécu l’expérience du mode «race». Le ton était donc donné. En m’asseyant au volant, j’avais encore des coulées de transpiration dans le dos – la peur sans doute.

Cousin éloigné d’une Ferrari

Il faut dire que j’étais comme un gamin rien qu’à l’idée de monter dans ce cousin éloigné d’une Ferrari – éloigné parce que le moteur vient quand même de Maranello et que le V6 biturbo rappelle furieusement un bruit que seules les italiennes sont capables de faire. Pour les cinéphiles, la Giulia Quadrifoglio, c’est la voiture vert pomme que l’on retrouve en ouverture du film de Ryan Reynolds 6 Underground: même s’il ne restera probablement pas dans les annales de l’histoire du cinéma, les neuf premières minutes du film m’avaient donné une envie furieuse de m’asseoir dans le baquet de ce truc qui avait l’air parfaitement monstrueux. Le vert pomme n’est peut-être pas la couleur que j’aurais choisie spontanément, mais je vous rassure: elle n’est pas au catalogue.

Et je dois vous avouer que l’Alfa l’est, monstrueuse. Déjà, c’est une «propulsion» – de nos jours, on a tendance à oublier que lorsque vous conduisez une voiture qui n’est ni un 4x4 ni une traction, c’est que c’est une propulsion. Les aides au pilotage sont là pour vous faire oublier qu’une traction avant se conduit et qu’une propulsion se pilote. Mais l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio a été créée pour vous le rappeler. Enfin, dans ce cas précis, pour «me» le rappeler. Pour me rappeler aussi qu’en automne les routes sont humides et que les feuilles tombent. Le mélange des deux fait que «piloter» un monstre de ce genre se fait avec respect, parcimonie et avec le pied léger.

En mode «normal»

Après avoir fini deux ou trois fois en travers et m’être rattrapé je ne sais pas comment, je décidai donc de rouler en mode économique «normal» pour la première fois de ma vie. Il me semblait plus raisonnable d’avoir l’air ridicule en roulant comme une auto-école avec un moteur de 510 chevaux et deux turbos au lieu de m’enrouler autour d’un platane sous prétexte que j’ai regardé la saison Drive to Survive sur Netflix et que je suis du même coup un superpilote.

L’Alfa Quadrifoglio a donc été conçue pour vous rappeler deux choses. Tout d’abord, Alfa a bien changé depuis les années 80 où sa réputation était désastreuse. Ensuite, pour rouler avec des voitures, il ne faut pas savoir conduire: il faut savoir piloter. Même si j’avoue avoir pensé à plusieurs reprises à en acheter une, je crois que je ne le ferais jamais sans avoir fait une demi-douzaine de stages de pilotage sur circuit avant de me lâcher sur route ouverte. La gamme Quadrifoglio inspire le respect et le mérite, ça reste des italiennes, et quand on met des chevaux à des italiennes, c’est inimitable. Voire inoubliable.

* Bitume.ch


Fiche Technique

Puissance: 510 CV

Puissance fiscale: 41 CV

Etiquette énergie: G

0 à 100 km/h: 3,9 sec

Vitesse max: 307 km/h

Consommation: mixte; 9,2 l aux 100 km

– un paquet de plus en roulant en mode «race».

Poids: 1620 kg

Boîte: automatique 8 vitesses

Transmission: Arrière (propulsion) et si vous oubliez, elle vous le rappellera.

Thomas Veillet*

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