Bilan

Manger mieux pour vivre mieux: l’alimentation équine évolue

Les chevaux sont désormais nourris avec des produits innovants – vitaminés, sans gluten, sans sucres ajoutés – qui les rendent plus performants... et plus fertiles.

Clare Blaskey. Sa société propose des aliments ultra spécialisés.

Crédits: Trevor Meeks

Poney, cheval d’obstacles, de course ou champion olympique… Chaque équidé a désormais son propre menu alimentaire. Dans l’assiette, la similitude avec l’homme est frappante à plus d’un titre: comme nous, le cheval vit plus longtemps qu’avant, il est aussi plus stressé et sujet aux maladies comme l’ulcère, les coliques ou encore les allergies. 

Alessandra Ramseyer, vétérinaire à l’Institut suisse de médecine équine (ISME), explique: «On trouve aujourd’hui toutes sortes de fourrage pour toutes sortes de pathologies. Pour des chevaux âgés qui n’ont plus de dentition, on utilise par exemple des mueslis spéciaux. Certains chevaux sont allergiques au gluten, leurs coliques et leurs diarrhées se sont arrêtées dès qu’ils ont été alimentés sans gluten.» 

Jean-Noël Dusseiller, propriétaire des Ecuries de Corsier (GE), confirme cette évolution. Les 50 chevaux qu’il héberge - dont plusieurs participent au concours hippique cette année - sont tous fourragés avec des compléments alimentaires: «Une alimentation normale ne suffit plus aujourd’hui, déclare-t-il. En plus du foin, nos chevaux mangent des sels minéraux, des aliments mélassés (sucres ajoutés), sans poussière, mais aussi des superaliments qui donnent de la force aux chevaux de course ou de jumping. Ce serait impossible de revenir en arrière car ces aliments sont très appétissants. Si on les arrêtait, ils perdraient leur appétit.» 

Particulièrement sensibles sur le plan digestif, les équidés font l’objet de toutes les innovations alimentaires. Outre-Manche, la société Blue Chip Feed fait figure de précurseur. Fondée par Clare Blaskey en 1996, cette petite entreprise a été récompensée à plusieurs reprises pour ses produits qu’elle exporte dans le monde entier. «J’avais constaté que la nutrition pour les hommes avait beaucoup évolué, mais pas celle des chevaux, explique l’entrepreneure.

J’ai créé les formulations de nos produits comme des probiotiques pour le système digestif, des suppléments alimentaires. Nous avons aussi des produits spéciaux pour les étalons qui les rendent plus fertiles, nous l’avons prouvé scientifiquement.» Sa meilleure vente, un produit «qui synthétise tous les apports possibles: vitamines, minéraux, ainsi que des suppléments pour
la peau du cheval, sa crinière, ses sabots, sa digestion et sa respiration».  

Les dangers de la colique

Le succès de cette nouvelle alimentation équine est aussi la conséquence d’une demande croissante des professionnels: «On est plus exigeants dans les efforts demandés au cheval, donc on est aussi plus exigeants dans son alimentation, déclare encore Jean-Noël Dusseiller. Comme le cheval ne peut physiquement pas vomir, la colique (un bouchon dans l’intestin) peut être très dangereuse pour sa santé, voire même mortelle dans certains cas.»

Cette diversification alimentaire toujours plus poussée n’est cependant pas du goût d’Alessandra Ramseyer: «Un cheval en liberté mange normalement en continu pendant dix-huit heures par jour. Et toujours de petites quantités, explique-t-elle. Dans un box ou en écurie, un cheval est fourragé, c’est-à-dire alimenté généralement deux fois par jour avec de grosses quantités. Il a trop en même temps.» Mais ce même cheval vit aussi plus longtemps et en bonne santé. 

Nivez C Photoa
Catherine Nivez

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

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Xavier Casile, le pubard de la Suisse

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