Bilan

Managers motards

Rencontre avec des directeurs et des chefs d’entreprise pour qui la moto est une véritable passion.
  • Stefan Weibel directeur Patrimonium, 48 ans, BMW S1000RR, Schwytz Crédits: Vincent Calmel
  • Carolyn Lutz, fondatrice et manager Lutz & Partners, 53 ans, 2011 BMW S1000RR Superstock, Genève Crédits: Vincent Calmel
  • Christian Jacot-Descombes porte-parole BCV, 57 ans, Honda Fury (VTX 1300), Lausanne Crédits: Vincent Calmel
  • Relais & Châteaux et Harley Davidson Suisse lancent depuis le printemps un premier et nouveau circuit à moto en Suisse romande.
  • La Route 66 (USA) Crédits: Dr
  • Laguna Seca (Californie, USA) Crédits: Dr
  • Jerez (Andalousie, Espagne) Crédits: Dr

Un hobby pour certains, un véritable besoin pour d’autres, la moto fait partie intégrante de leur emploi du temps déjà bien chargé. Ces hommes et ces femmes d’affaires ont trouvé dans ce sport un exutoire au stress, une quête suprême de liberté, mais aussi une activité agréable à partager entre amis.

Une passion commune que chacun pratique à sa manière. Il y a ceux qui sont à la recherche de vitesse, de technique et de performance, préférant ainsi rouler sur des circuits professionnels et ceux qui sont avides de grand air et de grands espaces, privilégiant les virées entre copains et les longues balades. Ainsi les premiers choisiront un modèle de course et les seconds un modèle de type Harley-Davidson, le plus souvent à customiser.

Le genou à terre

Stefan Weibel, directeur de Patrimonium, société active dans la gestion de produits alternatifs, de fonds immobiliers et de financement des PME, est passionné de moto depuis trente ans. Une passion qui lui a été transmise par son père. Depuis trois ans, il ne roule plus que sur des circuits. «Je connais tous les cols de Suisse et de France. J’avais envie de tester autre chose», explique le financier. Il y a quatre ans, il s’est lancé et a testé le circuit de Bresse en France. «Ce fut une expérience inoubliable, se rappelle-t-il. J’ai tellement apprécié que depuis je ne fais plus que ça.»

A peine rentré de Jerez en Andalousie, il repart dans trois semaines à Barcelone. Cette année, tout est déjà prévu. Il passera une vingtaine de jours sur les circuits d’Europe.

Pour Carolyn Lutz, fondatrice et manager du cabinet de head-hunter Lutz & Partners, sa passion pour la moto est toute fraîche. Elle a débuté il y a seulement deux ans. «Mon mari est un féru de vélo. Moi aussi je voulais me trouver une passion, un hobby qui me corresponde. Un de mes clients venait de se remettre à la moto et il m’a donné l’envie d’essayer. J’ai ensuite acheté un casque, passé mon permis et depuis je suis accro. » Si bien que, la première année, elle a roulé plus de 16 000 km et, depuis un an, elle s’est elle aussi mise aux circuits moto. «J’adore!, s’exclame la cheffe d’entreprise. Je ne peux plus m’en passer.»

Depuis, elle passe environ dix jours par an sur des circuits en Europe et à l’étranger auxquels s’ajoutent de nombreux week-ends sur les routes pour de grandes balades, seule ou entre amis. Manager à plein-temps de sa propre société, épouse et mère de deux enfants âgés de 11 et 13 ans, Carolyn Lutz doit planifier sa vie pour pouvoir allier travail, foyer et passion.

Il faut l’avouer, le circuit moto n’est pas une activité très féminine en soi – elle est d’ailleurs souvent la seule femme dans le milieu – mais cela ne lui pose aucun problème. « Dans ma jeunesse, j’ai passé cinq ans dans les marines américains. J’ai toujours préféré les occupations des hommes, affirme-t-elle. Et j’avoue que j’apprécie qu’ils me complimentent. »

Et de relever : « Contrairement à ce qu’on pourrait penser, rouler sur un circuit est une activité à la fois physique, mentale et très zen. La vitesse m’apporte beaucoup de bien-être. C’est une bonne balance pour la concentration et les réflexes. »

« Au-delà de l’effort physique, on apprend à gérer son stress, à se focaliser sur ce qui est important et à laisser de côté le superflu, complète Stefan Weibel. C’est également une discipline, car avant de se lancer sur la piste, il est impératif, pour des questions de sécurité, de bien respecter les procédures. Des notions qui peuvent servir autant dans la vie quotidienne que professionnelle.» Une fois lancés, les motards apprécient la vitesse, les virages couchés, le genou frôlant le sol. «J’aime aussi le fait de devoir me perfectionner continuellement, d’apprendre à chaque nouveau tour et d’être en concurrence avec moi-même, explique Carolyn Lutz.

Sur les circuits, on rencontre toujours la même clientèle. On finit par tisser des liens d’amitié. Il y a une forte solidarité entre nous.» Et Stefan Weibel de compléter: «Nous côtoyons des personnes venant de toutes les catégories socioprofessionnelles, allant du banquier à l’ouvrier. Tout le monde se trouve alors sur un même pied d’égalité, car nous partageons une passion commune: la moto.» 

Les cheveux au vent

Christian Jacot-Descombes, porte-parole à la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), a toujours eu un attrait pour la moto. C’est d’ailleurs à l’âge de 17 ans et demi qu’il s’achète son premier engin. A 18 ans, il s’empresse d’aller s’inscrire pour obtenir son permis. Quelle ne fut pas sa surprise quand on lui annonce qu’il a neuf mois de sanction, car, à 16 ans, il s’est fait arrêter conduisant sans permis.

«Quelle frustration!, se rappelle-t-il. J’ai dû laisser ma moto encore quelques mois au garage avant de pouvoir enfin découvrir les joies de la conduite.» Depuis, il a toujours roulé en deux-roues pour se rendre au travail et durant les week-ends. «Quand il fait beau, en sortant du bureau je pars faire un tour en Lavaux. J’aime ce sentiment de liberté, d’évasion, même si ça fait un peu cliché, avoue-t-il. C’est une bonne manière de décompresser après une journée de labeur.» Et d’ajouter: «J’aime aussi le côté un peu frime un peu moins avouable de rouler sur ma belle bécane. C’est grisant et je l’assume complètement.»

Contrairement à Carolyn Lutz et Stefan Weibel, il n’apprécie ni la vitesse ni les circuits, préférant les longues balades en admirant les paysages. «Ma moto est lourde et allongée. Elle n’est pas faite pour la vitesse. Son esthétisme prime sur sa performance. Je l’ai d’ailleurs customisée pour lui donner un côté bling-bling auquel je ne dérogerai pas.»

Pour Christian Jacot-Descombes, la moto est plus un loisir, un hobby qu’une véritable passion. C’est un moyen de transport, de détente et de séduction. Grand voyageur dans l’âme, il a déjà parcouru des kilomètres en Harley-Davidson aux Etats-Unis. «J’ai un souvenir olfactif du voyage de Los Angeles à San Francisco. Je me rappelle encore de toutes les odeurs sur la route, se souvient-il avec plaisir. On ne peut connaître ce genre de sensation lorsqu’on se déplace en voiture.»

Enrique Steiger, célèbre chirurgien plasticien zurichois, a aussi commencé à faire de la moto dans sa jeunesse. A l’âge de 17 ans, il participe à des courses de motocross. Suite à un accident, il a tout arrêté et ne s’y est remis qu’à ses 38 ans, une fois installé comme médecin.

Depuis, il pratique cette activité aussi souvent que son emploi du temps très chargé le lui permet. «Lorsque ma femme est absente le week-end, j’enfourche ma Harley-Davidson et je monte à la montagne pour me ressourcer, explique le docteur. J’ai parfois besoin d’être seul pour réfléchir et la moto est le meilleur moyen pour changer d’air et me libérer l’esprit du stress quotidien de mon travail.»

Pour Enrique Steiger, la moto est devenue une passion, mais surtout une véritable nécessité pour son équilibre. Une à deux semaines par an, il profite également de partir avec les membres de son club moto.

«Nous définissons toujours un but ou un thème à notre voyage. Une année, nous sommes allés jusqu’au Vatican sur nos Harley-Davidson déguisés en prêtres, se souvient-il. On nous a accueillis comme des stars. C’était très amusant!» Sinon, lors de déplacements professionnels, il en profite, dès que possible, pour louer une moto: «C’est le meilleur moyen pour découvrir un pays, affirme-t-il. On prend son temps pour admirer le paysage, on sent l’air, les odeurs, on s’arrête quand on le désire.» Son rêve: partir de Washington et se rendre au Chili à moto avec quelques amis.

Une passion qui a un coût

«Lorsqu’on fait du circuit, il faut investir dans des jeux de pneus tous les deux jours, voire tous les jours», nous apprend Carolyn Lutz, qui avoue dépenser au moins 10 000 francs par an pour ses motos – elle en possède deux de course et une de cross – hors coût des engins. «Combien de femmes dépensent encore plus en chaussures, sacs à main et vêtements?», relativise-t-elle.

Pour sa part, Stefan Weibel dit dépenser autour des 20 000 francs. «A chaque déplacement sur un circuit, nous sollicitons les services d’un promoteur qui organise le séjour complet comprenant le transport du véhicule ainsi que le déplacement et le logement sur place.»

Côté dépenses, nos deux adeptes de la balade ont investi plusieurs dizaines de milliers de francs dans l’achat de leurs machines – Enrique Steiger en possède quatre, deux de cross et deux Harley-Davidson – et dans la customisation de celles-ci. Mais contrairement à nos fans de circuits, ils n’ont pas vraiment de budget moto annuel. Une passion qui coûte cher, mais qui permet de rester jeune et en forme. «Mon père a 81 ans et il roule toujours», conclut Carolyn Lutz.

Sur les traces du bonheur

Relais & Châteaux et Harley-Davidson Suisse lancent depuis le printemps un premier et nouveau circuit à moto en Suisse romande à partir de 3480 francs comprenant six nuits d’hôtel et sept jours de location de moto.

« La Route du bonheur » a été initiée par Pierre Berclaz, maître de maison du Relais & Châteaux Les Sources des Alpes à Loèche-les-Bains et motard confirmé. Le départ se fait du Grand Hôtel du Lac à Vevey pour prendre la direction de Neuchâtel jusqu’au Beau-Rivage Hôtel. La troisième soirée est prévue au Park Weggis au bord du lac des Quatre-Cantons.

Le lendemain, la traversée des Alpes est au programme pour rejoindre ensuite Villa Principe Leopoldo Hôtel & Spa sur les hauteurs de Lugano dans le Tessin. L’itinéraire du cinquième jour passe par le col du Nufenen pour se terminer aux thermes de Loèche-les-Bains, aux Sources des Alpes. Enfin, la dernière étape permet de rejoindre l’Hôtel de la Cigogne à Genève en longeant le bord du lac Léman.

« La Route du bonheur » est une combinaison de lieux exceptionnels et de gastronomie raffinée à découvrir hors des sentiers battus tout au long du tour.

« Le but est de découvrir la Suisse autrement, de pouvoir goûter les produits du terroir, découvrir les artisans de chaque région et bénéficier d’un accueil personnalisé et chaleureux tout en profitant des paysages et du terrain de jeu naturel offert par les montagnes, les forêts et les lacs », explique Richard Guyon, directeur de Relais & Châteaux Suisse et Liechtenstein.

www.relaischateaux.com

Notre sélection de routes et de circuits moto

La Route 66 (USA)

Route mythique qui joint Chicago à Los Angeles sur 3940 km de ligne droite. Elle traverse huit Etats (Illinois, Missouri, Kansas, Oklahoma, Texas, Nouveau-Mexique, Arizona et Californie) d’est en ouest. Surnommée «The Mother Road » ou « Main Street USA » par les Américains, elle fut la première route transcontinentale goudronnée en Amérique. La 66 est particulièrement prisée par les groupes de motards en Harley-Davidson.

La Route 40 (Argentine)

Plus sportive, elle s’étend de la Salta au nord du pays à Ushuaia en Terre de Feu. Elle longe le flanc est de la cordillère des Andes sur 7000 km et traverse des montagnes, des pistes, des déserts, des plaines (la pampa) et de nombreux vignobles.

Laguna Seca (Californie, USA)

Circuit légendaire très difficile, car très vallonné. Sa particularité: son fameux « corkscrew », un virage en pente vertigineuse qui rappelle les descentes de ski les plus ardues.

Jerez (Andalousie, Espagne)

Circuit très rapide et fluide.

Lédenon (Gard, France)

Circuit ardu, car très vallonné et de nombreux virages à l’aveugle.

Sabrine Gilliéron

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."