Bilan

Ma journée avec... Lily Marinho

récit
Crédits: Dr

Avoir rendez-vous avec l’une des plus estimées femmes du Brésil, grande dame renversante de charisme, ne pouvait que nourrir mon imaginaire et porter mes pas vers ce lieu tenu secret de Rio. Au détour des rues pavées de Cosme Velho, je respirais l’illustre passé de ce quartier historique de la ville. Un vent doux caressait les palmiers. Entre les maisons, d’imprenables vues sur la ville. C’était là, au cœur de ce magnifique décor, que j’allais rencontrer la « première dame » du Brésil, une fascinante femme admirée et respectée par tout un pays.

On m’avait parlé du magnifique domaine Marinho, se dressant au pied de la montagne Corcovado au sud de la ville. Mais rien n’aurait pu me préparer à découvrir cette oasis urbaine : un cocon ombragé débordant de verdure tropicale, arborant une végétation luxuriante et chamarrée. C’est en m’approchant de la somptueuse demeure principale que j’ai aperçu, pour la première fois, une vision improbable du paradis: une population de flamants roses, laissés libres de vivre leur vie rêvée, dans ce que la nature peut offrir de mieux.

Ce jour-là, j’étais invité à pénétrer dans l’extraordinaire univers privé de Lily Marinho. Une femme qui, à l’âge de 18 ans, quittait l’Europe pour s’installer au Brésil avec son mari, le deuxième baron d’Amparo, Horacio de Carvalho. En 1991, cinq ans après le décès du baron, Dona Lily refit sa vie avec Roberto Marinho, magnat de la presse brésilienne. L’histoire prétend qu’il avait caché son amour pour elle pendant plus de cinquante ans. Ce monde enchanté que je découvrais était à son image: celle qui fut couronnée « Miss Paris » en 1936 était habitée par la même élégance et la même majesté.

J’étais fasciné par la jeunesse d’esprit et l’éloquence de cette grande dame de 85 ans et marqué par son enthousiasme et son sens de l’humour. Elle m’a parlé d’un bal à Paris, en 1946, lors duquel elle avait rencontré Kees van Dongen, célèbre artiste qui par la suite réalisera son portrait : « Il était connu des dames de la haute société, car on disait qu’il augmentait la taille des bijoux dans ses tableaux. Ainsi, il était très apprécié de ses sujets. Je n’ai pas eu ce privilège lorsqu’il a réalisé mon portrait ! »

Nous avons déjeuné entourés de parfums exotiques et des bruits de ce jardin paradisiaque. Avec une charmante franchise, Dona Lily s’excusa, m’expliquant qu’elle ne buvait que rarement du vin et n’avait que peu de connaissances dans le domaine ; la bouteille qu’elle proposait de partager avec moi était un Château Latour 1970 !

Puis nous avons parlé de sa collection de bijoux, que j’ai pu étudier à plusieurs reprises, lors de mes visites successives. Dans ce havre de paix au centre de Rio, en ce mois de mai 2008, elle me confia plus de 60 bijoux, témoins de ses deux merveilleuses et émouvantes histoires d’amour qui marquèrent sa vie. L’existence d’une femme, exubérante, qui cherchait aussi la simplicité en toute chose.

*David Bennett : Ses ventes record font les grands titres de la presse internationale. Parures ou pierres de qualité uniques, chacune de ses collections exceptionnelles reste le témoin très privé d’une histoire intime que lui seul connaît. David Bennett, expert en haute joaillerie chez Sotheby’s depuis plus de quarante ans et récemment nommé président mondial du Département international haute joaillerie, en dévoile quelques souvenirs pour Bilan Luxe, à chaque numéro. Des récits de rencontres vécues aux quatre coins du globe, là où il part chasser ses trésors.

David Bennett*

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