Bilan

Longines, une épopée sous le signe de l’élégance

La marque de St-Imier pose un nouveau jalon en ouvrant sa première boutique propre en Suisse dans le prestigieux hôtel du Bürgenstock, au-dessus du lac des Quatre-Cantons. Saga.
  • Audrey Hepburn a inspiré le modèle Dolce Vita de Longines et a été longtemps ambassadrice de la marque.

  • The Longines Avigation BigEye a obtenu le Prix « Revival » du palmarès du 17e Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG), en novembre dernier.

  • Le comptoir horloger de Saint-Imier, est fondé en 1832 par Auguste Agassiz.

  • En 1852, le neveu d'Auguste Agassiz rejoint le comptoir de Saint-Imier. Cet économiste de formation prend petit à petit les rênes de l’entreprise familiale.

     

  • En 2012, Longines a lancé la Longines Saint-Imier Collection, un hommage à la ville qui a vu naître l’entreprise et où la marque est toujours implantée.

  • Le chronographe monopoussoir tient la vedette au sein des sports hippiques dès 1881.

  • Longines remporte le Grand Prix à l‘exposition universelle de Paris en 1900 avec une montre de poche, baptisée « La Renommée ».

  • Charles A. Lindbergh et  Longines conçoivent la montre Lindbergh à Angle Horaire en 1931, qui donne aux aviateurs leur situation géographique exacte.

  • La manufacture met au point en 1977 un calibre mécanique automatique, le L990. D’une hauteur de 2.95 mm, il s’agit du mouvement automatique le plus plat du monde de l'époque.

  • En 2007, Longines présente The Longines Master Collection Retrograde avec deux versions d’un mouvement à remontage automatique doté de fonctions rétrogrades.

Plus ancienne marque horlogère déposée au monde, Longines a franchi un nouveau jalon cette semaine avec l’inauguration d’une boutique dans le tout nouveau et prestigieux Bürgenstock Resort Lake Lucerne, au-dessus du lac des Quatre-Cantons. «Ce point de vente est notre premier magasin propre en Suisse», a souligné Walter von Känel. Entré chez Longines en 1969 et président depuis 1988, ce patron horloger incarne à lui seul tout un pan de l’épopée de la marque de Saint-Imier. Avec pour maître-mot l’élégance, Longines a compté Audrey Hepburn parmi ses ambassadrices historiques. En même temps, la marque focalise ses partenariats notamment dans les sports équestres et la gymnastique artistique.

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Affichant déjà 125 ans d’histoire, Longines revendique même des origines plus anciennes car c’est en 1832, à Saint-Imier (Jura bernois), au coeur des montagnes jurassiennes que le fondateur, Auguste Agassiz a ouvert en 1832 un petit comptoir d'horlogerie. L’entrepreneur n’est autre que frère de Louis Agassiz, célèbre géologue et géographe. Le comptoir fonctionne à l’époque de manière artisanale, comme il en est coutume dans la région. Le patron ou «l'établisseur», comme on disait, distribue aux horlogers-paysans qui travaillent les composants de la montre. A leur domicile, ces artisans les assemblent et assurent les finitions de manière à restituer des garde-temps au comptoir, qui les met en vente.

Ernest Francillon bâtit la structure

En proie à des problèmes de santé, Auguste Agassiz cède son siège en 1854 à son neveu Ernest Francillon qui n’a que 20 ans. Economiste de formation, celui-ci prend les activités en main avec détermination. Le jeune homme en est rapidement persuadé: l'horlogerie de comptoir n'est plus compatible avec la modernité naissante de cette fin de XIXe siècle. Il ambitionne alors de bâtir les structures nécessaire afin d’offrir à la clientèle les garanties d'un service après-vente fiable.

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Pionnier en la matière, Ernest Francillon décide de regrouper tout le travail sous un même toit. A ce moment, le concept de manufacture n’existe évidemment pas encore. Ce pionnier a l’idée d’assurer la fabrication de chaque pièce de la montre jusqu'à sa finition dans un même bâtiment. C’est dans cet objectif qu’en 1866, il fait construire, à Saint-Imier, une modeste fabrique en un lieu-dit «Les Longines».

Les premières montres sortent de l’usine l’année suivante et Ernest Francillon produit son premier mouvement, le 20A. Ce calibre muni d’un dispositif de remontoir et de mise à l’heure est récompensé à l’exposition universelle de Paris en 1867. Dans l’histoire, Longines reste comme la première marque de fabrique déposée par un fabricant de montres. Néanmoins, les dix premières années d’existence de la société sont difficiles à la fois en raison de problèmes techniques et financiers. Mais l’équipe dirigée par Ernest Francillon tient le cap et Longines ne tarde pas à connaître d’autrese succès mondiaux.

Prix et innovations

En 1900, Longines remporte le Grand Prix à l‘exposition universelle de Paris avec une montre de poche, baptisée «La Renommée», renfermant le calibre 21.59 chronomètre. Longines a également marqué l’histoire de l’aviation pour avoir chronométré la première traversée aérienne en solitaire et sans escale de l'Atlantique réalisée par Charles Lindbergh. Suivent de nombreuses et régulières distinctions. La dernière en date est le prix «Revival» décerné du Grand Prix 2017 de l’Horlogerie de Genève à l'Avigation Big Eye, inspirée par un modèle Longines d’il y a une cinquantaine d’années.

Dès les années 1970, Longines intègre le regroupement horloger ASUAG qui fusionnera en 1983 avec la SSIH de Nicolas Hayek. Une entité devenue leader horloger mondial sous le nom de Swatch Group. L’épopée de Longines se distingue aussi par les qualités de partenariats mis en place par les dirigeants-ouvriers de Saint-Imier. La direction a voulu associer le personnel à la prospérité de Longines et a créé dès 1925 le premier fonds de retraite de l'entreprise. Une première en matière de progrès social.

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Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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