Bilan

L’indépendance jusqu’au point de vente

Rafael Simoes Miranda a créé sa marque horlogère Dwiss en 2011. Sa nouvelle idée: proposer un club dans lequel les membres créent une montre. D'autres projets similaires fleurissent dans l'horlogerie suisse.

Le designer aspire à une véritable co-création.

Crédits: DR

Les projets se multiplient pour s’affranchir des canaux de ventre traditionnels. Vainqueur de multiples prix de design horloger, Rafael Simoes Miranda tient un nouveau concept pour développer ses montres. Le Brésilien d’origine - désormais établi à Lugano - a surtout développé sa carrière en Italie.

Il avait déjà lancé sa marque Dwiss en 2011. Il lance ce mardi 1er octobre son club. Un club qui permettra aux inscrits de voter pour les différents éléments qui composent une montre. «Après six ou sept mois, nous pourrons passer du design à la production», explique le designer. La montre finale sera la même pour tous, mais chacun aura pu donner son avis.

Le concept est simple. Il s’affranchit des canaux de distribution traditionnels, comme de nombreux autres projets ou créateurs. Les membres du club paient la somme de 79 dollars par mois pendant une année. Cela leur donne le droit de soumettre leurs propres idées mais aussi de voter sur les propositions émises par Rafael Simoes Miranda.

Ce dernier précise: «L’objectif est de gagner des concours de design.» Concrètement, le Brésilien propose et les membres votent. Tous seront mentionnés comme co-créateurs. Et Rafael Simoes Miranda n’en serait pas à son premier prix, lui qui a reçu diverses distinctions. Il a notamment remporté L’international design award, l’European Design Product Award ou le Red Dot Design Award.

La question du crowdfunding

Le prix public de la montre s'élèvera au final à environ 1400 francs, mais la souscription sur douze mois assure aux membres du club un achat à prix réduit. Pour s’assurer de la production, le Brésilien vise les 200 abonnements pour que son projet soit viable. Il précise l’importance du swiss made dans son projet, même s’il reconnaît que les fournisseurs viennent de tous horizons. L’Asie mais surtout l’Italie et la Suisse apportent leur pierre à l’édifice. «La montre sera assemblée au Tessin», ajoute Rafael Simoes Miranda.

S’il a souhaité fonctionner sur un système de club plutôt que de trouver d’autres sources d’investissement, c’est pour de multiples raisons. Déjà le financement participatif ne le convainc plus. Lui qui en a réalisé en 2016 puis en 2017 pour ses précédents modèles, il estime que ce processus s’apparente davantage à des «one-shots» qu’à des projets de longue durée.

L’aspect communautaire est également une pierre angulaire de Code 41. La marque indépendante basée à Lausanne soumet elle-aussi des designs à ses membres, et a récemment lancé son projet de montre pour femmes. Claudio D’Amore, fondateur de la marque, s’est réjouit de l’engouement suscité. Plusieurs milliers de femmes ont voté. Les votes pour le modèle finale du «Day 41» se terminent le 15 octobre, mais un premier écrémage a été fait. «Certains résultats étaient très tranchés» précise Claudio D’Amore.

Autre club existant sur une dynamique bien différente: celui du «Watch Gang». Les aficionados des garde-temps s’inscrivent, payent les frais et la plateforme promet d’envoyer une montre d’une valeur jusqu’à cinq fois supérieure à la mise de départ. La particularité est que le client répond à un questionnaire pour préciser ses goûts, et ses montres sont choisies en fonction de ce qu’il a spécifié. En ce qui concerne le projet de Rafael Simoes Miranda, le premier prototype devrait être présenté à Baselworld en mai 2020. En voici le trailer:

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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