Bilan

Les nouvelles tendances en chirurgie esthétique

Les adeptes du bistouri ne veulent plus d’opération invasive. Place aujourd’hui au naturel. La nouvelle tendance: gagner dix ans grâce à l’injection de ses propres cellules souches.
  • Il ne s’agit plus uniquement de tirer sur la peau, mais de remonter les muscles du visage. Crédits: Adrianna Williams/Corbis, Centre de Medecine esthétique Clinique La Prairie
  • La Clinique La Prairie propose des cures de jouvence facturées à partir de 25 000 francs la semaine. Crédits: Adrianna Williams/Corbis, Centre de Medecine esthétique Clinique La Prairie

Time is money. Particulièrement pour les personnes riches. Aujourd’hui, la demande n’est plus aux grosses opérations de chirurgie esthétique qui nécessitent en principe une longue éviction sociale. Les plus fortunés sont prêts à payer cher pour que l’intervention soit courte, peu invasive et que le résultat paraisse le plus naturel possible.

Terminés la bouche de canard, les yeux tirés, le nez sculpté et le visage sans expression, des résultats qui proviendraient souvent de médecins incompétents, selon Sabri Derder, chirurgien plasticien dans le canton de Vaud.

La nouvelle tendance est de gagner dix à quinze ans en un coup de baguette magique: c’est-à-dire discrètement et rapidement tout en gardant son naturel et l’harmonie de son visage grâce à l’utilisation de ses propres cellules souches. 

«Ce qui est très apprécié, c’est le rajeunissement du visage de type minilift, associé à un remodelage par ses propres tissus, appelé PRP (plaquettes riches en plasma)», explique le Dr Badwi Elias, spécialiste FMH en chirurgie plastique, reconstructive et esthétique à Genève. «Il s’agit de travailler en profondeur en remontant les muscles du visage qui s’affaissent avec l’âge et ne plus tirer uniquement sur la peau.»

Associé à cela, le remplissage du volume perdu par ses propres tissus garantirait un résultat 100% naturel et moins invasif. Ces interventions permettent de faire illusion dans des milieux où le physique compte beaucoup et là où certaines personnalités n’assument pas encore totalement leurs transformations.

Autre fait marquant dans le milieu de la clientèle fortunée: certains auraient recours à la chirurgie esthétique par ennui et non pas seulement pour entretenir leur corps. D’autres l’utiliseraient comme une drogue: «Une fois qu’ils se réveillent après l’opération, ils sont en manque et parlent tout de suite de leur prochaine intervention», s’étonne encore Sabri Derder. 

Alors que certaines interventions telles que lipoaspiration ou injections de Botox tendent à se démocratiser, la chirurgie esthétique reste en principe l’apanage de la classe moyenne aisée et des personnes fortunées. «Il faut en effet débourser en moyenne entre 10 000 et 15 000 francs pour obtenir une plus grosse poitrine et compter entre 15 000 et 25 000 francs pour rajeunir de dix ans», selon le Dr Badwi Elias.

Digne des cinq-étoiles

Malgré des prix qui peuvent varier du simple au triple, la clientèle est parfois prête à voyager aux quatre coins du monde pour se payer les services des meilleurs médecins. «La distance géographique n’est pas un frein pour les personnes fortunées, qui cherchent en principe les derniers praticiens à la mode», confirme le Dr Alexandre Cheretakis, chirurgien plasticien à Genève. 

La Suisse est l’une de ces destinations. Connue pour ses infrastructures dignes des plus grands cinq-étoiles et pour la qualité de ses soins médicaux et chirurgicaux, la Confédération attire chaque année un grand nombre d’étrangers fortunés prêts à débourser des milliers de francs pour se faire ravaler la façade.

Alors que, traditionnellement, la clientèle provenait principalement du Moyen-Orient et de Russie, aujourd’hui, de nombreuses Chinoises cherchent à ressembler aux Européennes. «Les Asiatiques veulent souvent débrider leurs paupières et augmenter le volume de leur poitrine», explique le Dr Cheretakis. Et qu’importe le prix. Dès lors, les grandes cliniques privées offrent des services VIP destinés spécialement à la clientèle étrangère, avec forfaits incluant hébergement et soins esthétiques ou médicaux.

«Le service Guest Relations & VIP a été créé en 2008 pour répondre à la demande croissante de patients provenant de l’étranger», confirme Nathalie Blanc, responsable de ce département à la Clinique Générale-Beaulieu à Genève. Ce service comprend une prise en charge totale du patient, de l’organisation de son voyage aux différents traitements.

La Clinique La Prairie à Clarens-Montreux accueille également un grand nombre de riches étrangers qui viennent, certains plusieurs fois par année, s’offrir des cures de jouvence facturées à partir de 25 000 francs la semaine et qui peuvent facilement atteindre le double de ce prix selon la taille de la chambre. 

Cependant, les étrangers ne seraient pas les seuls friands des services hospitaliers helvétiques. En effet, le Dr Michel Pfulg confirme que plusieurs personnes listées par Bilan dans son classement des 300 plus riches de Suisse font partie de la clientèle de Laclinic à Montreux. Miroir, ô mon beau miroir!

Chantal Mathez

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