Bilan

Les Grisons cultivent le goût de l’excellence

Le canton du sud-est de la Suisse regorge de talents dans bien des domaines: gastronomie, viticulture, sport, architecture, politique... Voyage dans une région unique.
  • Malgré une faible densité de population, le canton jouit d’une excellente réputation.

    Crédits: Immanuel Meier/ Daniel Martinek/ swiss-image.ch
  • La station huppée de Saint-Moritz accueillera les Championnats du monde de ski alpin en 2017.

    Crédits: Immanuel Meier/ Daniel Martinek/ swiss-image.ch
  • Le chef star Andreas Caminada

    Crédits: Neuhaus
  • L’ingénieur Toni Rüttimann

    Crédits: Schmid/Beutler/Keystone
  • L'architecte Peter Zumthor

    Crédits: Schmid/Beutler/Keystone
  • Le fondeur Dario Cologna

    Crédits: Schlumpf

C’est le plus grand et le plus oriental des cantons suisses, mais avec la plus faible densité de population: à peine 27 habitants au kilomètre carré. C’est aussi le seul où l’on parle trois langues officielles: l’allemand, l’italien et le romanche. Même si la région est presque entièrement montagneuse, le canton des Grisons a réussi à se faire connaître dans le monde, grâce à ses villes (dont Davos et Saint-Moritz) et ses écoles privées.

Mais aussi à travers ses personnalités emblématiques dans des secteurs aussi variés que la gastronomie, la viticulture, le sport, la politique ou encore l’architecture. Sans oublier le rendez-vous économique annuel le plus couru du monde: le Forum économique mondial (WEF). Des êtres, des lieux et des événements exceptionnels qui font des Grisons un canton unique en Suisse. En voici un petit récapitulatif.

Les sports de montagne

Commençons par citer «l’homme de l’année», dans la catégorie sport de Bilan Luxe: le fondeur Dario Cologna compte à son palmarès les titres de «Suisse de l’année 2012 et 2014» et «Sportif de l’année 2013». Considéré comme l’un des meilleurs skieurs de fond de tous les temps, le Grison a enregistré, en dix ans de carrière, 31 podiums et 5 globes de cristal (trois gros et deux petits) en Coupe du monde ainsi que trois titres olympiques (Vancouver et Sotchi).

L’athlète est un héros dans son canton qui organise depuis 1969 le marathon de ski de l’Engadine. Rappelons que cet événement international accueille chaque année plus de 10 000 participants provenant de 50 nations différentes, prêts à parcourir les 42  km de pistes.

Mais le canton n’est pas uniquement réputé pour être le paradis suisse du ski de fond. Ses célèbres descentes ont permis l’organisation de nombreuses compétitions telles que les Championnats du monde de ski alpin à Saint-Moritz en 1934, 1948, 1974 et 2003. La station est fière d’être à nouveau l’hôte des championnats du monde en 2017.

Ce territoire montagneux a, par la force des choses, vu émerger de grands champions, la grande majorité médaillés olympiques, dans des domaines aussi variés que le ski alpin (Carlo Janka, Sandro Viletta), le ski acrobatique (Alex Fiva), le snowboard (Nevin Galmarini), le curling (Binia Feltscher), le hockey sur glace (Evelina Raselli) ou encore le biathlon (Selina et Elisa Gasparin).

Les Grisons sont aussi avant-gardiste dans le secteur des sports d’hiver. C’est en effet à Tenna en 2011 qu’a été installé le tout premier téléski solaire du monde. Longue de 450  mètres, cette installation transporte des skieurs tout en produisant de l’énergie.

Les plaisirs de la table

Mais il n’y a pas que dans le domaine sportif que le canton excelle. Depuis quelques années, la région se distingue grâce à l’émergence de vignerons dynamiques hors normes dont le pinot noir est le cépage de prédilection: Studach, Fromm, Obrecht, Donatsch ou encore Gantenbein font, aujourd’hui, la renommée de ce territoire viticole.

Alors que la Suisse écoule en moyenne 1% de sa production à l’étranger, le domaine de Martha et Daniel Gantenbein, devenu mythique, peut se targuer d’en exporter 40%, notamment dans des grands restaurants étoilés partout dans le monde. C’est également l’unique producteur helvétique à se trouver sur la carte des vins du restaurant de l’Hôtel Burj Al Arab à Dubaï, vin facturé près de 1000  francs la bouteille. Le Grison participe ainsi grandement à la cote des crus helvétiques hors de Suisse.

Le vin donc, mais aussi la gastronomie. Il y a bien sûr le Saint-Moritz Gourmet Festival, qui accueille chaque année les plus grands cordons-bleus de la planète, et la réputation de la viande séchée des Grisons n’est plus à faire. Le canton compte également de très grandes tables qui participent à sa notoriété, dont les étoilés Daniel Bumann et Martin Dalsass
à Saint-Moritz. Et surtout Andreas Caminada, la star des fourneaux du Schloss Schauenstein à Fürstenau, un village proche de Coire.

Ce jeune chef triplement étoilé et noté 19  points au Gault&Millau est une célébrité outre-Rhin. Distingué en 2012 et 2013 «International Chef of the Year», il fut élu également plusieurs fois «Meilleur chef de l’année» (2007, 2008 et 2009) et récompensé en 2012 du titre de «Grison de l’année». Il est aujourd’hui l’ambassadeur de nombreuses marques telles qu’Audi, Credit Suisse, Bulthaup ou encore Swiss. Le 21 novembre dernier, il fut le premier chef à cuisiner dans les airs de la compagnie helvétique pour les trois classes, lors d’un vol Zurich-New York. 

Des personnalités influentes

Le canton accueille aussi des talents dans l’architecture. Peter Zumthor, qui ne se considère pourtant pas comme une star, est l’un des rares Suisses, avec les architectes bâlois Herzog & de Meuron, à avoir reçu le Prix Pritzker (2009), considéré comme le Nobel d’architecture. Installé depuis 1979 dans la petite ville grisonne de Haldenstein, il s’est fait connaître pour avoir construit les renommés bains thermaux de Vals ou encore le Kunsthaus de Bregenz.

Autre personnalité hors du commun originaire de la région? Toni Rüttimann. Né à Pontresina, cet ingénieur civil est surnommé «Toni el Suizo» en Amérique latine et en Asie où il a construit 660 ponts bénévolement. En juillet 2014, il parrainait une nouvelle passerelle à Corbassière, dans la commune de Bagnes (VS). Une manière de remercier la région et les sociétés de téléphériques suisses, fournisseurs des câbles usés qui lui ont permis de bâtir pas moins de 332 ponts et d’aider ainsi 1,2 million de personnes dans des régions défavorisées.

Et puis le canton des Grisons a vu aussi l’émergence de bêtes politiques: Josias Gasser et, bien sûr, l’actuelle conseillère fédérale en charge du Département  des finances, Eveline Widmer-Schlumpf. Née en 1956 à Felsberg, elle a suivi les traces de son père Leon Schlumpf, ancien conseiller fédéral, en s’engageant dans les rangs de l’UDC avant d’en être exclue et de lancer un nouveau parti, le PBD en 2008.

Attraction mondiale

La région recèle donc de personnalités hors normes, mais elle est connue aussi pour ses villes prisées du gotha européen comme Arosa (la famille royale d’Angleterre y séjourne régulièrement), Flims, Laax, Davos, et bien évidemment Saint-Moritz. Cette dernière est la destination alpine la plus huppée du monde. C’est également la seule ville en Suisse à avoir accueilli les Jeux olympiques d’hiver, à deux reprises même, en 1928 et en 1948 (les premiers célébrés après la Seconde Guerre mondiale).

Le CIO avait alors sélectionné Saint-Moritz, car la station se situait en Suisse, un pays neutre qui n’avait pas participé au conflit. Cette station de ski est l’une des plus anciennes stations de sports d’hiver du monde, réputée pour ses 322  jours de soleil par an, mais aussi pour ses cures thermales, son polo sur lac gelé et ses nombreux palaces.

Mais la région a encore d’autres atouts pour attirer la haute société: ses grandes écoles dont la notoriété n’est plus à faire. Le Lyceum Alpinum Zuoz a, par exemple, vu défiler des princes (ceux du Liechtenstein), des enfants de politiciens et de futurs grands industriels allemands (Ferdinand Porsche, Anton von Faber-Castell). Le banquier Bénédict Hentsch fait également partie des anciens élèves de l’internat privé.

Et puis, bien évidemment, il y a l’événement économique qui accueille chaque année les personnalités les plus influentes du monde: présidents et autres responsables politiques, chefs d’entreprise, dirigeants d’ONG, journalistes et intellectuels viennent débattre des préoccupations majeures de la planète au World Economic Forum de Davos.

Source d’inspiration

En août sortait le dernier film d’Olivier Assayas, Sils Maria, avec comme tête d’affiche Juliette Binoche, Kristen Stewart et Chloë Moretz. Une plongée dans l’envers du décor de la vie d’artiste sous fond de paysages de l’Engadine. Ce n’est pas la première fois que le petit village alpin des Grisons inspire les cinéastes. Connu pour son paysage unique, Sils Maria a été le fief de nombreux auteurs venus trouver le calme et l’inspiration au cours des XIXe et XXe siècles.

Parmi eux, Marcel Proust, Thomas Mann, Hermann Hesse, Alberto Moravia, Jean Cocteau et, bien sûr, Friedrich Nietzsche. Désormais, Sils Maria abrite la maison où le célèbre philosophe allemand vécut une partie de sa vie, devenue un musée exposant des originaux de ses lettres, de ses écrits et de ses premières parutions. «Il s’agit du plus beau coin de la terre», écrivait-il à propos du petit village de 700 habitants. On ne peut que le croire, ce coin de paradis regorge effectivement de mille trésors. 

Chantal Mathez

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."