Bilan

Les givrés de la neige

Chaque année, lorsque le Zurichois Patrick Armbruster sort un nouveau film, la scène mondiale du snowboard frémit. La nouvelle édition vient de vivre sa première en Europe.
Crédits: Dr

Les pentes sur lesquelles se lancent les plus célèbres stars du snowboard pour les besoins du cinéma sont vertigineuses. Trouver l’arête parfaite pour y décrire les sauts les plus périlleux par les virtuoses de la glisse est une obession pout Patrick Armbruster, cofondateur de la maison de production.

Les filmer atterrir sans bruit et filer vers l’abîme, comme si les lois de la gravité étaient abolies, sa signature. Comme celles qui l’ont précédée, la dernière production d’Absinthe Films est tournée dans des cadres exceptionnels, dans le massif de l’Himalaya, au Canada, en Alaska ou sur l’île d’Hokkaido, au nord du Japon.

« C’est la neige qui décide du lieu où nous tournons,» assure-t-il.  Mais d’autres images sont tirées des « city-sessions » où les cracks urbains glissent sur des toits enneigés, des escaliers ou des rampes d’escalier. 

Ce qui ressemble pour le spectateur à une fête de la vitesse dans les plus beaux paysages hivernaux du monde est le résultat d’un travail ardu. Pour un film, quatre équipes minimum sont engagées, chacune comptant deux ou trois snowboardeurs avec cameraman et photographe.

« L’harmonie est un élément essentiel dans ce métier, poursuit le producteur. A la montagne, il faut un vrai esprit d’équipe. » Durant le tournage, effectivement, tout va très vite.

Les équipiers s’encouragent mutuellement: encore un looping, encore une figure plus extrême en vol! C’est ce que les fans veulent voir. Ce qu’ils ne voient pas, c’est que les caméramans n’ont rien à envier aux stars du snowboard en matière de témérité: ils foncent vers l’abîme. Ou alors on les voit suspendus sous un hélicoptère dont une porte a été démontée à la hâte.  

De nouveaux moyenspour repousser l’extrême

« Suivre à la caméra un snowboardeur à quelques mètres de distance, c’est novateur. Nous avons été les premiers à risquer le coup, explique Patrick Armbruster qui a produit à ce jour 16 films devenus cultes. Entretemps, des drones ont aussi été mobilisés. A l’époque où les films d’Absinthe étaient encore tournés en 16 mm, après le tournage d’un film de 40 minutes on se retrouvait avec 200 à 300 heures de pellicule sur la table de montage. De nos jours, on enregistre en numérique. Cela permet d’alléger le matériel mais, désormais, il faut regarder des milliers de clips pour construire une dramaturgie. »

Jusqu’à l’an dernier, ces films étaient distribués sous forme de DVD. Désormais, on ne les trouve plus que sous forme de téléchargements sur iTunes, Google Play, Play-Station Video ou Amazon Instant Video.

Avec un budget tournant autour du demi-million, les productions d’Absinthe sont au fond des films low-cost. Mais sans des sponsors comme Billabong, Salomon, Adidas, etc., ils ne généreraient pas de revenus. 

Le trailer d’« Eversince », la dernière-née des productions de snowboard d’Absinthe Films: 

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