Bilan

Les secrets d’une éternelle jeunesse

La médecine esthétique propose de plus en plus de solutions pour lutter contre les affres du temps qui n’épargnent personne. Anna Aznaour

Crédits: SolStock

Quand on avoue son âge, c’est souvent pour s’entendre dire : « Ah oui ? Vous ne le faites pas… » Un compliment qui, à y réfléchir, n’en est pas vraiment un, puisqu’il sous-entend que l’on est finalement vieux. La seule consolation : tout le monde va passer par là. Et dès l’âge de… 25 ans. Un vicieux déclin physique qui progresse par petites touches. Cela commence avec le front et le contour des yeux, où apparaissent les premières ridules d’expression, passagères au départ. Mais, dès l’âge de 30 ans, certaines d’entre elles sont déjà bien installées sur le visage au repos, pendant que d’autres commencent également à y faire leur place. Au programme, des pommettes moins fraîches et deux « parenthèses » qui descendent des sillons du nez jusqu’à la bouche, voire au menton. Puis, vers 40 ans, les paupières et le cou rejoignent le « mouvement », et entraînent avec eux l’ovale du visage, qui perd sa netteté. Sans oublier le menton, qui « récupère » les résultats de ce glissement généralisé. Un scandale interplanétaire qui a deux principales coupables : gravité terrestre et contraction des muscles. La première tire en bas tous les tissus mous, et la seconde, grâce à sa mobilité, creuse les sillons qui se forment avec la fonte du collagène et de la graisse cutanée. Pour ceux qui veulent freiner ces processus, il est déconseillé de fumer, consommer de l’alcool et des drogues, bronzer et s’énerver régulièrement. Voici les conseils de trois chirurgiens esthétiques et deux dermatologues.

« Mes patients veulent se débarrasser des rides car elles donnent à leur visage ces expressions de fatigue, colère ou tristesse dans lesquelles ils ne se reconnaissent pas »  Eva Neuenschwander Fürer, chirurgienne esthétique à Zurich (Crédits: vonier.ch)

Injections, ultrasons ou lifting ?

Le choix du traitement dépend de l’ampleur des dégâts faits par le temps, mais aussi du type de peau, de l’état de santé et de l’âge. Pour éviter de creuser leurs rides d’expression, de plus en plus de personnes ont recours aux injections de Botox, qui coûtent entre 350 et 900 fr. En paralysant temporairement certaines parties des muscles, ce traitement lisse les rides pendant environ 6 mois. « La plupart de mes patients disent vouloir s’en débarrasser car elles donnent à leur visage ces expressions de fatigue, colère ou tristesse dans lesquelles ils ne se reconnaissent pas », confie la doctoresse Eva Neuenschwander Fürer à Zurich. La chirurgienne esthétique souligne par ailleurs l’inquiétante progression de la demande chez des patients parfois mineurs, qu’elle refuse. Idem pour la dermatologue Sabrina Politta à Genève, qui les met en garde contre les risques de saturer prématurément leur peau par la chimie et d’en subir les conséquences néfastes plus tard.

«D’où l’importance de choisir les bons produits de comblement. Idem pour ce qui concerne leurs quantités d’injection » Michel Pfulg, chirurgien esthétique à Montreux

Pendant que les petits jeunes se gonflent les lèvres avec le très à la mode acide hyaluronique, leurs aînés l’utilisent pour combler leurs rides et plis comme avec des injections de graisse (lipofilling). Mais, à l’instar du Botox, là aussi mieux vaut être entre des bonnes mains, puisque « la qualité de la peau et celle de la graisse sont très différentes chez des individus selon le type ethnique. Par exemple, chez les Asiatiques, la peau est plus épaisse, avec plus de collagène, et reste plus jeune plus longtemps. Alors que, chez le type caucasien, le visage s’amincit, la peau devient plus fine et plus sèche. Quant aux peaux métissées, elles sont plus sensibles en surface, et des interventions au laser ou encore les peelings peuvent provoquer des taches. D’où l’importance de choisir les bons produits de comblement. Idem pour ce qui concerne leurs quantités d’injection », explique le docteur Michel Pfulg, chirurgien esthétique à Montreux. Il souligne également les limites de ces techniques pour des épidermes qui sont tellement distendus que la seule solution est la chirurgie, par exemple pour la peau des paupières supérieures.

Toutefois, il existe également des techniques non invasives, parmi lesquelles l’ulthérapie. Elle se sert des ultrasons focalisés qui provoquent la contraction des couches profondes de la peau, ce qui induit un effet liftant qui dure environ un an et demi. Les inconvénients : c’est douloureux, les résultats sont visibles au bout de trois mois et cela coûte entre 2000 et 4000 fr. « On peut l’utiliser après le lifting chirurgical pour entretenir ses effets », note le docteur Daniel Espinoza, chirurgien esthétique à Genève et à Nyon. Il mentionne également la méthode des cellules souches, prélevées chez la personne et réinjectées dans son visage afin d’améliorer la luminosité de la peau. Une particularité si caractéristique de la jeunesse que la nouvelle gamme de cosmétiques du dermatologue Phillip Levy promet de restaurer : « Fabriqués avec les cellules souches d’origine végétale (argan) leurs effets sont particulièrement visibles chez des femmes de plus de 40 ans et au bout de trois mois d’utilisation régulière. »

Soins aux huiles

« Sur l’ensemble des huiles, celle d’argan est la plus hydratante et la mieux tolérée par presque tous les types de peau. Cependant, elle est davantage adaptée aux épidermes secs et matures, plutôt que ceux qui sont jeunes et naturellement assez huileux. Pour ces derniers, surtout s’ils sont trop gras aux tendances acnéiques, mieux vaut privilégier l’huile de jojoba et l’huile de rose musquée, réputées anti-inflammatoires, cicatrisantes et restauratrices. Quant à l’huile d’amande douce, son usage sur le visage, contrairement au corps, n’est pas adapté aux soins quotidiens mais peut apporter des bienfaits hydratants en tant que masque hebdomadaire. A noter que toutes, utilisées à outrance, risquent de provoquer des occlusions (acné) ou des allergies, surtout autour de la bouche et du contour des yeux », explique la dermatologue Sabrina Politta (GE).

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