Bilan

Les rosés de Sacha Lichine ne connaissent pas la crise

Malgré une année compliquée due à la pandémie du Covid-19, Château d’Esclans a enregistré une augmentation de 20% de ses ventes par rapport à l’an dernier. Après la restauration et l’hôtellerie, le domaine se concentre sur le commerce de détail.

Crédits: DR

Propriétaire depuis 2006 du château d’Esclans, situé entre Cannes et Saint-Tropez, Sacha Lichine est l’un des plus grands producteurs de rosé du monde. Installé à Genève avec son épouse et ses trois enfants depuis 2016, l’homme d’affaires, héritier du prestigieux Château Prieuré-Lichine – vendu en 1999 – produit le Garrus, rosé le plus cher du monde cédé au prix de 100 francs la bouteille. Quand il rachète le Château d’Esclans, 45 hectares de vignes à l’abandon, il commence à produire 137 000 bouteilles. Aujourd’hui, il s’est étendu sur 140 hectares pour un chiffre d’affaires de près de 75 millions d’euros. Ses rosés – The Palm et Whispering Angel son produit phare sont les premiers vins français vendus aux Etats-Unis hors champagnes. Avec Garrus, ils sont distribués dans 106 pays. En novembre dernier, le groupe de luxe LVMH a acquis 55% des parts du domaine. Sacha Lichine en conserve cependant seul la direction.

Comment avez-vous vécu la crise du Covid ?

Nous étions très inquiets par rapport au marché, car notre business se concentre principalement sur les hôtels et les restaurants. Nous avons, dès lors, décider de nous positionner dans le commerce de détail. Nous exportons principalement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Canada. Nous avons réussi à faire +125% en Angleterre grâce à certaines surfaces commerciales avec lesquelles nous collaborons dorénavant.

(Crédits: Dr)

Et le marché américain, avec les nouvelles taxes imposées depuis 2019, comment se porte-t-il ?

Nous faisons une partie des mises en bouteilles aux Etats-Unis. Et pour une partie des exportations, nous avons absorbé la taxe, car nous ne voulions pas augmenter le prix des vins sur place. Cela nous a coûté près de 6 millions de dollars. Mais nous enregistrons quand même une hausse de 6 à 7% des ventes aux Etats-Unis en valeur.

Etes-vous aujourd’hui le plus grand exportateur de rosé français ?

Nous sommes en termes de valeur la plus grande marque de vin à l’exportation française.

Longtemps synonyme d’apéritifs les soirs d’été, peut-on considérer aujourd’hui que le rosé est aussi un vin de gastronomie ?

Le rosé est surtout un vin festif. Il peut se déguster tout le long d’un repas. Cependant, dans un restaurant étoilé, les vrais épicuriens préfèrent encore consommer du champagne, du vin blanc et du vin rouge.

Pourquoi, avant vous, personne n’a eu l’idée de faire des rosés haut de gamme ?

Pour faire du grand vin, il faut des moyens financiers. Pendant longtemps, les rosés étaient de moyenne qualité et vendus à des prix bas. On les buvait principalement sur des plages, avec des glaçons. Le rosé est le produit le plus facile à faire moyen de gamme, et le plus difficile à faire haut de gamme. C’est une course contre l’oxydation. Il y a 25 ans, on ne pouvait pas faire la qualité d’aujourd’hui. Nous avons essayé de faire du grand vin, en élevant, par exemple, notre cuvée prestige Garrus en barriques.

Connaissez-vous les vins suisses ?

J’aime beaucoup l’Aigle les Murailles, le dézaley de Lavaux, les pinots noirs des Grisons, les merlots du Tessin. Par contre, je suis persuadé qu’il y a un véritable marché pour produire un bon vin rosé suisse de style provençal.

Est-ce que le marché suisse est important pour vous ?

Oui bien sûr et nous avons la capacité d’y doubler notre chiffre d’affaires.

Quels sont vos projets à moyen/long terme ?

Il y a tellement à faire au domaine d’Esclans que nous allons continuer à nous en occuper. Nous représentons quand même 7% de l’appellation aujourd’hui.

Qu’ouvrez-vous pour faire plaisir à votre femme ?

Un sauvignon blanc de la Nouvelle-Zélande.

Et pour célébrer un contrat signé ?

Un double magnum de Mouton Rothschild.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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