Bilan

Les promesses de la blockchain

Grâce à des certificats numériques enregistrés dans la blockchain, les clients du luxe peuvent désormais connaître le cycle de vie complet d’un produit. Une révolution qui séduit déjà les mastodontes du secteur: Richemont, LVMH et Kering. Fabio Bonavita

Quand elle a cofondé la startup Arianee, Emmanuelle Collet n’imaginait pas rencontrer un succès aussi précoce. « Nous pensions que les groupes de luxe seraient difficiles à aborder. C’est tout l’inverse, ils cherchent des solutions efficaces afin d’améliorer la traçabilité de leurs produits, la blockchain répond à ce besoin. » Comment ? En remplaçant le certificat papier par une version digitale dotée d’un QR code. Ainsi, une marque ou un client peuvent connaître avec précision le chemin suivi par un sac, une montre ou une voiture de collection. « Cela peut s’appliquer à n’importe quel bien, précise Emmanuelle Collet. Cette technologie offre deux autres avantages, la garantie d’authenticité avec la mention du lieu de fabrication et la possibilité pour la marque de communiquer avec le propriétaire du produit, même si ce dernier est revendu par la suite.» Mais ces certificats numériques sont-ils vraiment infalsifiables ? « Des gens mal intentionnés pourront toujours revendre un faux sac avec un vrai certificat, mais pas de manière industrielle car cela coûte évidemment très cher. »

Approvisionnement optimisé

La technologie développée par la startup française a déjà séduit Richemont. Après le rachat du britannique Watchfinder, cela confirme l’intérêt du groupe de luxe pour le marché des montres d’occasion grâce au contrôle de leur cycle de vie. Autre avantage, la blockchain lui permet de s’assurer de la provenance des pierres précieuses. But avoué ? Améliorer la chaîne d’approvisionnement. Pour y parvenir, le français LVMH s’est notamment rapproché de la startup singapourienne Vechain, spécialisée dans les outils de tracking. Quant à Kering, la société a rejoint la Plateforme Internationale pour l’Insetting (IPI), basée sur la blockchain et visant à promouvoir de meilleures pratiques environnementales et sociales.

Applications infinies

Un engouement général qui n’étonne pas Vincent Pignon, fondateur de la fintech genevoise WeCan. Fund : « Tout le monde est gagnant avec cette technologie ; les seuls perdants, ce sont les contrefacteurs. Ce succès touche aussi le segment premium, comme la marque de doudounes Canada Goose qui utilise des certificats numériques pour garantir l’origine de ses plumes. Elle peut ainsi prouver que les animaux ont été bien traités, les applications de ce type sont quasiment infinies. » Surfant sur cette vague, Shant Ghouchian, fondateur de la maison horlogère genevoise Gvchiani, s’est associé à la société Cryptolex pour lancer Masterblock, la première montre mécanique suisse née dans la blockchain : « Grâce au certificat digital, les propriétaires peuvent ainsi connaître notre procédé de fabrication et la liste des composants utilisés. Cela donne un côté artisanal à notre garde-temps et prouve la capacité helvétique à innover ! »


(Crédits: Dr)

Hublot célèbre les 10 ans du bitcoin

Intimement liées à la technologie blockchain, les cryptomonnaies font une entrée fracassante dans l’univers horloger. En effet, Hublot vient de dévoiler sa montre Big Bang Blockchain. Sa particularité ? Elle est uniquement payable en Bitcoins. Il s’agit, en outre, d’une édition limitée à 210 exemplaires. Ce chiffre fait référence aux 21 millions de Bitcoins bientôt en circulation, dix ans après la naissance de cette cryptomonnaie. Ce nouveau modèle est distribué en exclusivité par Octagon Strategy, plus grand courtier d’actifs numériques d’Asie, qui assure également la sécurisation des transactions. 

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."