Bilan

Les nouvelles destinations des voyageurs fortunés

Toujours en quête d’expériences ultraprivatisées, les globe-trotteurs avertis plébiscitent les îles perdues au milieu de l’océan, mais aussi les vastes étendues polaires coupées du monde. En misant sur des lodges de plus en plus luxueux, la Scandinavie opère une percée remarquée.

  • L’Annandale Coastal Farm Escape & Luxury Villa Collection est situé près du village néo-zélandais d’Akaroa.

    Crédits: Simon Devitt Photographer
  • La Zambie offre des safaris loin des hordes de touristes.

    Crédits: Dr
  • Posé sur une croûte de sel, le Kachi Lodge est un lieu hors du temps.

    Crédits: Dr

Le tourisme de luxe a bien changé. Il suffit de parcourir le dernier baromètre réalisé par le label Traveller Made pour s’en convaincre. Si l’on y retrouve des destinations attendues comme les Maldives, les Caraïbes, le Japon ou l’Italie, la Scandinavie et les régions polaires occupent le haut du classement des nouveaux trends. Suivent Oman, le Maroc, le Sri Lanka, l’Ouganda et le Rwanda. 

Quentin Desurmont, fondateur de l’agence franco-suisse Peplum et du label Traveller Made, n’est guère étonné : « Les pays nordiques permettent de réaliser des périples toujours plus luxueux. Grâce à des lodges haute couture, mais aussi des expéditions en bateau qui offrent des paysages à couper le souffle. S’aventurer au pôle Nord, au cœur de l’Arctique russe ou au Groenland s’apparente à une expérience inoubliable. » Preuve de cet engouement récent, l’inauguration en janvier dernier de l’Arctic Bath, un hôtel flottant en Laponie suédoise. Emmanuelle Thébaud, directrice associée de l’agence française Mon Plus Beau Voyage, en est tombée amoureuse : « Cet établissement circulaire est vraiment exceptionnel. Situé au beau milieu du lac Hedavan, il permet de profiter des aurores boréales et d’un complexe thermal dernier cri. L’hôtel ne possède que douze chambres, garantissant ainsi une grande intimité aux hôtes. Côté décoration, c’est l’authenticité scandinave qui domine. »

Aventure totale

En Nouvelle-Zélande, l’Annandale Coastal Farm Escape & Luxury Villa Collection mise aussi sur l’authenticité pour séduire les voyageurs fortunés. Nichées au cœur d’une baie privée, les quatre maisons sont entourées de collines verdoyantes et d’un troupeau de 4000 moutons. Aucun autre voisin à l’horizon. D’un calme absolu, ce lieu s’apparente aussi à un point de départ idéal pour une découverte des éléments naturels qui fondent la réputation de la Nouvelle-Zélande. Entre côtes vierges, lacs, glaciers et fjords profonds, l’aventure est totale. Autre décor, autre ambiance, l’île Denis fait partie des joyaux de l’archipel des Seychelles. Une adresse qui se susurre à l’oreille des initiés. Emmanuelle Thébaud se plaît à le rappeler : « Cet écrin propose une alchimie du bonheur version Robinson. Grâce à ses palettes de bleu et de vert de l’océan Indien, ses coquillages abandonnés par la marée et ses plages désertes. On peut y pratiquer le paddle ou s’adonner à une petite plongée entre coraux et bancs de poissons clowns. Les villas sont réparties dans un domaine de 152 hectares où la végétation luxuriante se compose de cocotiers, de filaos et de badamiers. »

Contrées magnifiques

Ce désir de se rapprocher de la nature, Sophie Arbib, directrice d’Exclusif Voyages, le constate au quotidien : « Les clients fortunés sont très sensibles aux problématiques environnementales. Ils privilégient désormais les écolodges et les tables proposant des produits bios. Parfois, ils soutiennent également des fondations qui œuvrent pour la conservation de la faune et de la flore locales. C’est surtout le cas en Afrique. » Sur l’île malgache de Nosy Ankao, le Time and Tide Miavana vise justement une clientèle à fort pouvoir d’achat souhaitant allier luxe et écologie. Cet ancien refuge de pêcheurs et de pirates accueille les vacanciers dans un écosystème foisonnant. Chaque villa dispose d’une surface de 450 m2 au minimum, d’un service de majordome et de grandes baies donnant sur l’océan. A proximité, les populations de lémuriens et de caméléons se laissent approcher furtivement au cœur des réserves naturelles jouxtant l’hôtel. Une adresse dont le succès est en croissance depuis plusieurs mois, ce qui est également valable pour l’ensemble du continent africain, comme le souligne Roman Mehrow, propriétaire de l’agence zurichoise RSelection : « Nous y avons récemment organisé un tour en jet privé pour douze personnes. Au menu, un départ depuis Le Cap en Afrique du Sud, puis une rencontre avec les gorilles du Rwanda. Le tout dans des lodges ultraluxueux. » Coût du voyage ? Environ 100 000 francs par personne. « Il y a des périples plus abordables dans des contrées magnifiques comme au Botswana, en Ouganda ou en Zambie. »

Ode à la liberté

Encore préservé du tourisme de masse, le territoire zambien regorge de campements cinq étoiles ouvrant sur des territoires sauvages. Là où la faune vit au rythme du soleil. Au sud du parc naturel de Liuwa Pain, le Time and Tide King Lewanika Lodge cultive la nostalgie des safaris d’antan. Ses six tentes-suites offrent une vue dégagée sur la plaine afin d’admirer, ébahi, la grande migration des gnous ou la chasse des lionnes. Une ode à la liberté relevée par Nathalie Belloir, directrice communication chez Voyageurs du Monde : « La séparation entre la sphère privée et le travail est toujours plus fine, les voyageurs à fort pouvoir d’achat sont donc à la recherche de souplesse, de temps et de liberté. Ils veulent un autre rythme afin de prendre du recul. » C’est la promesse du Kachi Lodge en Bolivie. Installées sur le plus grand désert de sel au monde, le mythique Salar d’Uyuni, les huit sphères blanches semblent former une base lunaire. Peuplé d’alpagas, de lamas et de flamants roses, ce décor irréel mêle découvertes et plaisirs de la table. Le restaurant gastronomique de La Paz, le célèbre Gustu, s’y est implanté pour ravir les papilles de ses convives. Emmanuelle Thébaud s’enthousiasme : « C’est exactement ce genre de lieu dont raffolent les globe-trotteurs millionnaires. Personne ne peut rester insensible à un tel paysage de science-fiction. Cette expérience luxueuse, nomade au cœur de la nature, est la définition même du luxe. »


Les promesses de l’Arabie saoudite

Depuis septembre dernier, l’Arabie saoudite a décidé de s’ouvrir au tourisme. Un tourisme qui se veut d’abord luxueux, comme le rappelle Quentin Desurmont, fondateur de l’agence franco-suisse Peplum: «Le gouvernement a dépensé beaucoup d’argent pour attirer des voyageurs du monde entier. Je suis allé visiter le site nabatéen d’Al-Ula et franchement c’est magnifique. Cette oasis de la province de Médine propose un concert hall incroyable, des restaurants pop-up dans le désert et une richesse archéologique dingue. Côté hôtelier, il y a encore des efforts à faire, mais je suis convaincu qu’ils feront beaucoup de progrès. » Un avis partagé par Roman Mehrow, propriétaire de l’agence zurichoise RSelection : « Franchement, le potentiel d’Al-Ula est énorme. Il recèle 7000 ans d’histoire, le tout dans un paysage d’une beauté admirable. Je suis convaincu qu’il faudra compter avec l’Arabie saoudite ces prochaines années. Ils ont les moyens de faire les choses en grand. »

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