Bilan

Leonardo Ferragamo Son amour de Swan

Fils du fondateur de la marque éponyme, Leonardo Ferragamo occupe depuis 1995 l’un des sièges du conseil d’administration du groupe Salvatore Ferragamo SpA et pilote depuis quinze ans les investissements financiers et diversifications de la maison (Palazzo Feroni Finanziaria SpA), cotée en bourse depuis 2011. Passionné de voile, Leonardo Ferragamo décide personnellement d’investir en 1998 dans la marque légendaire Swan et devient actionnaire majoritaire. Entretien exclusif.

Leonardo Ferragamo, propriétaire du chantier naval Nautor’s Swan

Crédits: Dr

Pourquoi avoir choisi d’investir dans le chantier naval Nautors’Swan en 1998 ?

Un coup de foudre ! J’ai trouvé en Nautor’s Swan les mêmes valeurs qui régissent l’entreprise familiale Ferragamo: innovation, performance, durabilité, confort, style et qualité. Ces valeurs existent uniquement quand la qualité des matériaux est couplée au savoir-faire manufacturé. Ce critère est fondamental pour construire de la crédibilité et générer de la loyauté envers nos clients, que ce soit pour des chaussures ou des yachts. En investissant dans l’entreprise Swan, j’ai réalisé que j’avais investi dans une légende, avec toute la responsabilité de la faire évoluer au plan international. 

Très vite, vous avez souhaité créer le Club Swan, un concept unique en voile.

Lorsque j’ai acquis le chantier Nautor’s Swan, j’avais à cœur de développer l’expérience Swan. J’avais depuis toujours un sens d’appartenance fort pour cette marque. J’ai désiré porter cette identité bien au-delà du simple chantier naval. Le ClubSwan a été conçu précisément dans cet esprit. Pouvoir offrir un ensemble de services et de privilèges que la propriété d’un Swan vous ouvre. Des régates, des affiliations, des moments de rencontre privilégiés à travers le monde.

Avant même d’investir dans le chantier Nautor’s Swan, j’étais déjà un grand fan de la marque et possesseur d’un Swan. Et je rêvais de pouvoir développer toute une série de privilèges, bien au-delà et bien plus que de simplement amener une série importante d’investissements. Ce club est pensé sur mesure pour les propriétaires des 2000 Swan produits à ce jour. Certaines régates, comme les Rolex Swan Cups entièrement gérées par nos soins, sont un rendez-vous phare pour nos propriétaires.

Sur quoi se fonde le mythe Swan ?

Tour d’abord, la longévité du chantier naval Nautor’s Swan. Nous célébrons cette année ses 50 ans et ce n’est de loin pas une évidence dans le milieu de la voile. Swan n’est pas qu’un chantier naval, c’est une philosophie et des principes liés au raffinement auquel nous ne dérogeons pas: les composants, l’innovation, la performance, la technologie, l’élégance, la confiance absolue dans sa robustesse et sa fiabilité.

Des principes qui ensemble constituent la philosophie Swan et qui demeurent cohérents de la plus petite unité Swan 36 pieds jusqu’aux 115 pieds. C’est un fil conducteur qui lui confère une identité visuelle, un profil unique. Lorsqu’un Swan rentre dans un port, on reconnaît sa ligne, son caractère. Dans le monde de la voile, je pense que nous sommes les seuls à avoir souhaité maintenir ces critères indéfectibles de qualité. A aucun moment, un Swan aujourd’hui ne renie son passé, ne crée d’obsolescence.

La concurrence ?

Elle existe bien sûr et je la garde sous contrôle. Mais dans le milieu de la voile, très peu de chantiers expriment cette crédibilité dans le temps et dans l’histoire. 

Qu’avez-vous pensé apporter au chantier lorsque vous l’avez racheté ?

Ce devrait être au client de le dire… mais certainement porter la légende Swan dans le IIIe millénaire au travers d’une évolution rapide du chantier dont la marque avait besoin. Permettre au travers de la création de nouveaux modèles, de la réorganisation de l’entreprise, de son extension et de la création du ClubSwan que les valeurs se renforcent et se transmettent à mes collaborateurs.

Cette année, un Swan de 115 pieds va être inauguré, la plus grande des catégories. Combien sont en production actuellement ?

Nous comptons actuellement quatre Swan 115 en production au chantier naval de Pietarsaari en Finlande, dont le premier sera livré en juillet et pourra être visible au Monaco Yacht Show en septembre. 

Cette évolution vers des catégories toujours plus grandes est inéluctable ? Y a-t-il eu des demandes spéciales encore plus imposantes au niveau des volumes ?

Effectivement, nous avons déjà construit un Swan de 131 pieds pour un client et, dans le futur, de nouvelles dimensions seront en catalogue pour répondre à une demande croissante de yachts toujours plus grands. Nous sommes très concentrés sur les concepts qui sortiront dans cinq ans, mais sans oublier nos armateurs, propriétaires de voiliers Swan produits pour certains il y a des décennies.

Nous devons être capables de les accompagner dans le service, la qualité. Nous devons être dans l’excellence du futur, mais aussi du passé Swan. Mais une chose est sûre, nos clients ne deviendront jamais les cobayes des innovations du futur. Chaque Swan construit doit être parfaitement fiable et durer dans le temps.

Votre partenariat avec Rolex dure depuis trente ans. Une longévité rare. La raison ?

Avec Rolex et le Yacht Club Costa Smeralda, nous avons un lien qui nous unit depuis trente ans. C’est une histoire qui a évolué continuellement, au niveau sportif, dans les affaires. C’est un cercle vertueux mû par trois marques qui ont un intérêt commun à maintenir l’excellence et la crédibilité de tous.  

sean layland

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