Bilan

Le vélo: on n’a rien trouvé de mieux

La bicyclette a le vent en poupe dans toutes les grandes villes européennes, et la Suisse n’échappe pas à ce phénomène. Une tendance qui n’est pas près de s’essouffler.
  • Le vélo séduit désormais toutes les catégories de la population.

    Crédits: Sam Edwards/Caiaimage/getty images
  • Les bicyclettes électriques (ici une Stromer ST1X) représentent 15% des ventes.

    Crédits: Stromer
  • Les vélos cargo, tel ce Biporteur Biomega PEK, sont de plus en plus nombreux.

    Crédits: Weelz

Inventée par le baron allemand Karl Drais en 1817, la petite reine a vu son public fortement évoluer depuis sa création. Si durant la fin du XIXe siècle elle représentait un objet de distinction sociale réservé à une élite, son usage s’est démocratisé au XXe siècle, incarnant le moyen de locomotion des classes populaires. Aujourd’hui, elle fait son grand retour dans les villes comme le mode de transport alliant écologie et praticité.

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Les chiffres sont parlants. En 2016 (dernières statistiques parues), 325 '000 vélos neufs ont été vendus en Suisse contre 300 '000 dix ans plus tôt. Cette croissance est principalement portée par la progression du tout-électrique. Leurs ventes représentent désormais 15% du marché. Selon l’institut GfK, cette tendance devrait se poursuivre ces prochaines années.

VTT, vélo de course ou vintage

Que vous souhaitiez acheter un VTT, un vélo de course ou un vélo vintage, il vous sera très souvent proposé un modèle avec assistance électrique. Et tout le monde semble y prendre goût. Un responsable du magasin Cyclable à Genève explique qu’« il n’y a pas de profil type. On trouve parmi nos clients aussi bien des avocats que des étudiants.» Si le public était au début plutôt âgé, il touche désormais toutes les couches de la population.  Reste qu’à ce jour, il faut débourser entre 2000 et 3000 francs pour s’offrir un vélocipède électrique de qualité.

Si ce montant peut paraître élevé pour les rouleurs du dimanche, il l’est beaucoup moins pour les professionnels, qu’ils soient serruriers, plombiers ou livreurs. La vente de vélos cargo connaît un succès grandissant. Ces biporteurs ou triporteurs permettant de transporter des charges conséquentes représentent pour eux une véritable alternative à la voiture. Sebastian Graf, cofondateur de la chaîne de restaurants Elsalad, souligne l’intérêt de livrer ses clients à vélo: «En plus d’être écologique, le trajet à vélo présente une durée bien plus prévisible qu’en voiture ou en scooter. C’est un plus pour planifier nos livraisons.»

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Plusieurs facteurs déterminent l’adoption du vélo en ville. Il y a tout d’abord la topographie urbaine. Il est plus facile de rouler à Zurich qu’à Lausanne. Ensuite, il faut prendre en compte la structure de la ville, c’est-à-dire sa taille ainsi que la qualité de ses aménagements cyclables. L’attitude des individus est également importante: beaucoup considèrent à tort le vélo comme dangereux. Les statistiques démontrent qu’il reste un moyen plus sûr pour se déplacer qu’une moto ou un scooter. Enfin, les facteurs collectifs et politiques tels que les incitations monétaires peuvent favoriser l’achat d’un vélocipède. En Suisse romande, il existe des encouragements financiers proposés par les cantons, mais aussi par des communes qui font actuellement leurs preuves. 

Attention aux vols

Mais pour véritablement poursuivre son expansion, il va falloir endiguer le fléau du vol. Celui-ci sévit quotidiennement dans des proportions considérables. Chaque année, 100'000 bicyclettes se font voler en Helvétie. A Genève, en 2016, 3069 vélos ont été dérobés et à peine 2% ont été retrouvés. Il existe pourtant différentes solutions efficaces pour lutter contre le chapardage. Le premier moyen reste le bon vieux cadenas attaché au cadre du vélo et à une structure fixe. Son prix doit idéalement se situer aux alentours de 10% de la valeur du vélo. 

La deuxième solution consiste à le marquer. Pour cela, il existe différentes associations telles que Bicycode ou Marquage de Vélo (Ecocycle). Ce procédé rend plus complexe la revente des vélos et permet aux fourrières de retrouver les propriétaires de vélos abandonnés. 

Pour finir, la technique la plus récente consiste à le suivre à l’aide d’une puce électronique. Il en existe différents types. Avec Trakyv, la ville d’Yverdon a inauguré, dès 2015, un système basé sur une puce que l’on fixe au vélo. Après son déclenchement, elle émet un signal qui lui permet d’être géolocalisable durant dix ans par la police et les services de ramassage des ordures de la ville. Après avoir séduit Neuchâtel, Renens, Lausanne, cette entreprise cherche à collaborer avec les autorités genevoises.

Contrairement aux idées reçues, les vélos électriques sont moins volés que les vélos traditionnels. Cela s’explique par le fait que leurs propriétaires ont tendance à enlever leur batterie. Ils sont donc plus difficiles à revendre. Un argument de plus qui devrait convaincre les sceptiques d’acquérir un destrier électrique.

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