Bilan

Le tourisme de luxe gagne le Monténégro

Ayant accédé voilà dix ans à l’indépendance, le pays a lancé quatre grands projets de développement immobilier. Il a dépêché un ministre à Cannes pour séduire les investisseurs.

Lustica Bay, un projet de prestige à 1,2 milliard d’euros.

Crédits: Dr

Branimir Gvozdenovic, le ministre du Développement durable et du Tourisme du Monténégro, était sur la Riviera française durant le MIPIM, le plus grand salon des professionnels de l’immobilier. En parallèle au stand officiel situé au Palais des Congrès à Cannes, il a reçu une poignée de journalistes dans un salon de l’Hôtel Negresco à Nice pour leur vanter son pays et y présenter plusieurs projets majeurs: «Nous recherchons des investisseurs de qualité pour nous associer et réaliser ainsi d’importants développements touristiques. Nous sommes moins chers que la Croatie.»

Parmi les partenaires présents à ses côtés figurait Darren Gibson, CEO de Lustica Development, une coentreprise entre le gouvernement du Monténégro (10%) et le groupe helvético-égyptien Orascom (90%). A l’origine des stations balnéaires d’El Gouna et Taba Heights en Egypte, The Cove dans les Emirats, ou encore du redéploiement de la station de montagne d’Andermatt en Suisse, ce groupe de Samih Sawiris est en train de développer Lustica Bay.

Une fois achevé, ce site préservé comprendra environ 500 villas ou hôtels particuliers, plus de 1000 appartements, 7 hôtels, un spa, deux marinas, un golf 18 trous dessiné par Gary Player, une promenade de 4,9 km, un centre de conférences, des installations sportives, des restaurants, des boutiques, une école, etc. La construction a commencé en 2013. Le volume des investissements s’élève à 1,2 milliard d’euros. «Nous sommes en train de commercialiser déjà une quarantaine d’appartements. Les ventes démarrent bien», a indiqué l’Australien en charge de Lustica Development.

Ce développeur réputé est un gage de sérieux pour les autres candidats aux investissements. Car si ce petit pays est une perle qui est restée très sauvage et donc devrait attirer une part croissante des 343 millions de touristes se rendant chaque année dans la zone méditerranéenne, il n’empêche que certains investisseurs ont été refroidis à la suite d’affaires d’escroquerie présumée.

Ainsi, actuellement, une dizaine de personnes poursuivent un certain H. devant la justice genevoise. Il lui est reproché d’avoir empoché des commissions trop élevées pour un projet à Budva lancé par le consul honoraire de Belgique, projet qui n’aurait toujours pas vu le jour. Ce dernier aurait d’ailleurs été inculpé dans cette affaire qui n’a pas encore été jugée. Interrogé à Nice à ce propos, le ministre du Tourisme s’est voulu optimiste quant au développement de ce projet. 

Une fiscalité attractive

Autour de la table du ministre se trouvait aussi des représentants du projet Montrose, un nouveau complexe de station balnéaire de prestige à côté de la baie des Bouches-du-Kotor. Mené par le multi family office North Star établi à Genève pour le compte d’un investisseur koweïtien, il s’agit d’édifier plusieurs hôtels, des villas et de l’immobilier commercial pour un volume d’investissement de 210 millions d’euros.

Citons encore Porto Montenegro (lire Bilan du 29 novembre 2015), créé avec des capitaux canadiens, le principal port où un ancien arsenal militaire a fait l’objet d’une transformation complète avec à la clé la création d’une marina pouvant accueillir les plus grands yachts du monde. 

Le gouvernement monténégrin rappelle que sa fiscalité est très attractive: une TVA de 18%, de 18% pour les services hôteliers, un impôt sur les bénéfices de 9%, de 9% sur les revenus et de 3% sur les plus-values immobilières. Dont acte.

sean layland

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