Bilan

Le SIHH accueillera 9 nouvelles marques indépendantes en 2016

Le cercle des exposants du SIHH s’agrandit et passe à 24 maisons. Appelé le « Carré des Horlogers » l’espace se veut la vitrine de la nouvelle horlogerie.

En 2016, le Salon International de la Haute Horlogerie changera de format à plusieurs titres.

Alors que l’édition 2015, année de célébration des 25 ans du salon, avec été marquée principalement par l’abandon du taux plancher quatre jours avant son ouverture, la 26ème édition signera son tournant.  En 2016, le Salon International de la Haute Horlogerie changera de format à plusieurs titres. Changement de décor tout d’abord, avec l’arrivée d’un nouveau concept architectural qui laissera les maisons s’exprimer de manière plus large.

Elargissement ensuite du nombre de marques exposantes, puisque le SIHH accueille neuf nouvelles maisons dans son giron : Christophe Claret, De Bethune, H. Moser & Cie, Hautlence, HYT, Kari Voutilainen, Laurent Ferrier, MB&F, Urwerk. Neuf entités indépendantes, que la Fondation de la Haute Horlogerie a voulues issues de la nouvelle horlogerie, et qu’elle souhaite complémentaires aux marques exposantes historiques. Un « salon dans le salon » de 1500 mètres carrés environ, un espace gagné sur celui de la marque  Ralph Lauren a décidé de quitter le SIH , une décision liée à leur stratégie de distribution qui est de se concentrer  sur les US. Fabienne Lupo, directrice générale de la Fondation de la Haute Horlogerie revient en exclusivité pour bilan.ch sur ces changements majeurs.

 

Pourquoi cette décision d’ouvrir le salon à des marques indépendantes ?

Cela fait des années que nous y pensons. Le SIHH avait d’ailleurs déjà ouvert à des créateurs horlogers indépendants, en 1998, lorsque le salon était encore dans la Halle 07 de Palexpo. Roger Dubuis avait d’ailleurs commencé comme cela. L’idée de mettre en avant le vivier de talents horlogers n’est pas nouvelle. Mais pour des raisons techniques et d’existence de salons parallèles qui s’organisaient en marge du SIHH à Genève, cette initiative ne s’était jamais concrétisée comme elle le sera en 2016. Ce qui a été l’autre déclencheur, c’est le départ de Ralph Lauren du SIHH pour 2016. Un espace que nous avons donc mis à profit pour créer ce nouveau « Carré des Horlogers ».

Quelles ont été les exigences des marques déjà exposantes ?

Elles ont fait confiance à la Fondation de la Haute Horlogerie, qui d’ailleurs est en train  de finaliser un travail de redéfinition du périmètre de la haute horlogerie au travers d’une analyse de critères quantifiables et objectifs. Et dans ce cadre, la FHH a proposé un certain nombre de maisons, d’ateliers d’horlogers indépendants - ce que nous appelons la nouvelle horlogerie - que nous ne voulions pas être des marques établies. Nous avons donc fait une première proposition de liste qui a été validée sur le principe par l’ensemble  des exposants.

Les horlogers indépendants auront-ils le même accès  aux médias et aux détaillants ?

Les maisons auront la même exposition aux médias et à leurs clients. Nous avions déjà allongé d’un jour les programmes de présentation à la presse en 2015, ce qui nous permet cette année de dégager quelques créneaux horaires. Ces temps de parole supplémentaires seront adaptés à la taille des marques du « Carré des Horlogers » qui devront se partager des espaces communs. Le « Carré des Horlogers » se définit en somme comme un mini salon dans le salon.

Ces 9 nouveaux entrants signifient aussi pour les marques déjà exposantes de se partager les détaillants internationaux dont les budgets ne sont pas extensibles, bien au contraire, au regard du ralentissement économique. Comment cela a été perçu ?

Tout le monde est libre et les détaillants allaient de toute manière déjà voir ces marques en dehors du SIHH qui exposaient en parallèle, donc ça ne change rien. Mais il est vrai que ce projet a mis des années à se concrétiser aussi parce que chacun veut le maximum de visibilité, défendre sa maison. Mais c’est une réalité, ces nouvelles marques existent et elles participent tout de même à l’effort financier commun du SIHH.

Les coûts sont-ils toujours divisés au prorata du nombre de mètres carrés ?

Exactement.

Le tout nouveau décor que vous annoncez pour 2016 implique-t-il une hausse de ce prix ?

Effectivement, les prix ont été légèrement revus à la hausse.

Est-ce qu’il laissera plus de liberté aux marques en termes de visibilité ?

Le décor reste commun, avec des façades imposantes, grandioses, mais assez neutres pour permettre à chaque maison d’exploiter son image, sa mise en scène, ses propres vitrines. C’est tout le challenge d’ailleurs. Mais l’image de marque est totalement respectée.

Certaines marques ont-elles profité de ce nouveau décor pour agrandir ou réduire leur espace ?

Non, nous restons sur 36’000m2 au total. Et au cœur de cette surface, l’espace du  « Carré des Horlogers » fera 1500 mètres carrés, situé face à l’entrée, lorsque vous pénétrez dans le salon.

Quels sont les critères à remplir pour rentrer  dans les statuts de ce « Carré des Horlogers » ?

De faire partie du périmètre de la haute horlogerie technique et précieuse qui est défini par la Fondation de la Haute Horlogerie. La charte est prête mais nous ne l’avons pas encore publiée, car à l’heure où je vous parle nous sommes encore en train de la présenter à tous les acteurs majeurs de l’horlogerie. Nous ne la ferons pas paraître avant que tous en aient pris connaissance.

Pouvez-vous nous donner tout de même les trois critères majeurs ?

Ce sont des critères de qualité et d’excellence aussi bien dans la conception et la fabrication des pièces, dans le design et la créativité qui y sont associés, l’histoire cohérente et l’authenticité de la démarche dans l’horlogerie et la maîtrise d’une distribution, d’un service après-vente et d’une communication au niveau international, ainsi que l’intérêt des collectionneurs pour les produits qui auront été fabriqués.

Comment justifier alors dorénavant la présence d’une marque comme Greubel Forsey en tant qu’exposant majeur - alors qu’elle ne vend qu’une centaine de montres par année - et celle d’une marque comme MB&F dans le « Carré des Horlogers » qui en vend plus et attirera plus de détaillants ? Un casse-tête ?

Effectivement, Greubel  Forsey aurait pu être sur cet espace. Mais le SIHH s’est défini au gré des arrivées et des départs des différentes maisons depuis 25 ans. De plus, il y a un investissement qui court et Greubel Forsey, je le rappelle, fait partie depuis de nombreuses années du périmètre des marques exposantes. Il est pourtant vrai que la question s’est posée, la marque elle-même se l’est posée, mais pour des raisons de facilités et d’investissement, elle ne va pas refaire son stand. Elle demeure donc à sa place, sachant que l’espace du « Carré des Horlogers » est un espace complètement dans le salon, sauf que les stands sont plus petits. La marche d’entrée est moins importante, puisque les stands iront de 50 à 70 mètres carrés, alors que pour rentrer dans le périmètre des exposants, c’est un minimum de 250 mètres carrés.

Est-ce que le SIHH envisage d’accueillir de nouvelles marques dans son périmètre majeur ?

C’est le comité des exposants qui décide. Si une marque veut y participer, elle doit poser sa candidature et être approuvée collégialement par tous. En 2016 il n’y en aura pas.

Je crois savoir que les discussions ont été longues et compliquées entre futurs exposants. Quelles ont été les difficultés majeures rencontrées ?

Non, elles n’ont pas été compliquées, mais effectivement lorsque la position du comité des exposants a été de remettre le projet du Carré des horlogers à l’ordre du jour, il y a eu un réel effet de surprise de la plupart des ateliers créateurs indépendants. Ils avaient abandonné l’idée. Ils ont été très étonnés,  mais très enthousiastes. Et personnellement, j’en suis très heureuse car je défends ce projet depuis longtemps. Il sera bénéfique pour la profession, les marques. Mais il est vrai que par contre, les nouveaux arrivants devront s’habituer au système collégial du SIHH, loin d’être évident au début.

 

Cristina d'Agostino

RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE EN CHARGE DE BILAN LUXE

Lui écrire

Licenciée en Sciences politiques à l’Université de Lausanne puis spécialisée en marketing et économie à HEC Lausanne en 1992, Cristina d’Agostino débute sa carrière dans l’industrie du luxe, et occupe les fonctions de responsable marketing et communication pour diverses marques horlogères. En 2008, elle décide de changer radicalement d’orientation, et débute une carrière de journaliste. En freelance d’abord, elle collabore aux titres Bilan, Bilan Luxe, Encore, avant d’intégrer la rédaction de Bilan en 2012. Depuis 2012, elle occupe la fonction de rédactrice en chef adjointe et responsable des hors-série Bilan Luxe.

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