Bilan

Le marché de l’immobilier de prestige s’est tassé à Genève

Près de 300 objets d’une valeur de plus de 5 millions seraient en vente sur le canton de Genève, d’après Pierre Hagmann, directeur de la région Genève-la Côte chez Cardis.
  • Pour être attractif, l’emplacement est capital: les acheteurs cherchent des situations unique

    Crédits: Dr

Seule société se consacrant entièrement au courtage, Cardis-Sotheby’s International Realty a participé à un événement organisé par la Banque Cantonale de Genève le 6 octobre dernier. Pierre Hagmann, directeur de la région Genève, La Côte et Montagne (via un réseau de partenaires à Gstaad, Zermatt, Verbier, Crans-Montana, Villars et Champéry), a présenté sa dernière étude relative à l’évolution des ventes dites de prestige, soit de l’ensemble des objets d’une valeur de plus de 5 millions de francs (villa, terrain et appartement).

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«Dans le canton de Genève, il y aurait environ 300 objets valant plus de 5 millions. Entre 2000 et 2010, nous avons comptabilisé près de 100 transactions de plus de 5 millions par année. Mais, depuis, la situation a évolué. Si Cologny continue à être très attractif (voir ci-dessus), nous relevons par exemple qu’il n’y a eu que deux transactions de cette nature sur Chêne-Bougeries en 2016. La raison en est simple, toujours la même: l’emplacement. Les acheteurs fortunés sont à la recherche de lieux uniques, d’emplacements exceptionnels, de calme, de sécurité et de prestations de haut niveau. Sur Vaud, alors qu’il y a moins de transactions à plus de 5 millions, il y en a davantage à plus de 20 millions de francs parce qu’on parle de biens exceptionnels qui ont très souvent les pieds dans l’eau», relève Pierre Hagmann.

1,9 million en moyenne pour une maison individuelle

Chez Cardis, sur 52 collaborateurs répartis dans six agences, 22 courtiers sont tous les jours sur le terrain. Cette société est rattachée au réseau Sotheby’s International Realty, présent dans 63 pays via 845 agences. «Nous avons à l’heure actuelle 900 biens immobiliers à la vente et nous parvenons à vendre entre 300 et 400 biens par année. Plus globalement, sur les 2215 ventes que notre société a effectuées depuis 2010, 45% représentent des biens courants d’une valeur inférieure à 5 millions, 25% sont des biens de prestige et des immeubles de rendement de plus de 5 millions, 18% provenaient de promotions externes et 12% de promotions internes.» 

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Pierre Hagmann a indiqué que l’offre ne cesse d’augmenter, que ce soit sur Genève-Nyon, Lausanne ou sur la Riviera. Alors que la demande ne suit pas forcément le même rythme. Pour 2017, il ne prévoit pas d’augmentation réelle de la demande. «Je pense que nous avons atteint un plateau même si nous avons toujours espoir que les locataires qui paient le prix fort comprennent que les conditions actuelles sont exceptionnelles pour devenir propriétaires et faire ainsi des économies tout en investissant à long terme. Nous voulons une Suisse de propriétaires, mais on ne met pas assez l’accent sur l’opportunité de franchir le pas en ce moment. Sur le premier trimestre 2016, je note qu’il y a eu 435 transactions sur Genève pour un total de 849 millions de francs, soit un prix moyen de 1  950  000 fr. Au second trimestre 2016, il y en a eu davantage (620), mais avec un prix moyen de 1  732  000 fr. Lors de ce second trimestre, 151 maisons individuelles ont été vendues au prix moyen de 1  951  000 fr.»

Et le courtier de préciser que la plupart des mandats viennent dans le cadre d’un divorce, d’un décès ou à la suite du vieillissement naturel. «A un certain âge, et afin de minimiser les risques de chute, les escaliers sont évités. Et lors de décès, il est parfois compliqué de se mettre d’accord entre héritiers. Dès lors, il est plus simple de vendre.»

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Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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