Bilan

Le kitesurf se démocratise et se répand en Suisse

Longtemps considéré comme inaccessible et dangereux, le kitesurf est devenu le sport incontournable de toutes les générations. Sa pratique ne nécessiterait pas beaucoup de force.
  • La discipline procurerait de grandes sensations dès le début, pour des progrès très rapides.

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  • Une dizaine d’heures de cours au minimum sont recommandées pour être à l’aise.

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Le kitesurf, ce sport de glisse qui se pratique avec une aile de traction (un gros cerf-volant) et une planche sous les pieds pour évoluer sur l’eau, est devenu incontournable ces dernières années. Prisée des banquiers, avocats et entrepreneurs, cette discipline auparavant interdite sur la plupart des lacs suisses est dorénavant autorisée dans certaines régions helvétiques. 

Champion de Suisse en 2002, Olivier Caillet a fondé la première école de kitesurf à Estavayer, au bord du lac de Neuchâtel. Contrairement aux rives du Léman, l’endroit est propice à ce sport grâce à sa longue plage et aux conditions météorologiques venteuses. Le professionnel enseigne depuis une dizaine d’années cette discipline aux amateurs de glisse et organise régulièrement des séjours d’initiation ou de perfectionnement à travers le monde.

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Il propose ainsi, chaque mois, des voyages qui allient destinations paradisiaques et kitesurf en groupe*. Que ce soit dans le site naturel de Beauduc en Grande-Camargue ou encore dans des régions reculées du Maroc, du Portugal, de l’Egypte, du Cap-Vert, de la Grèce, du Brésil ou encore de Sicile, tous les lieux ont un point commun: des conditions de vent idéales, une nature sauvage et des bandes de sable bien orientées pour une pratique optimale de ce sport.

Considéré comme un sport extrême il y a encore quelques années, le kitesurf n’est plus jugé comme étant dangereux aujourd’hui. «C’est une discipline qui ne comporte pas de très grands risques», confirme Olivier Caillet. Le développement du matériel en termes de sécurité a permis à ce sport de se démocratiser, reconnaît Fabio Ingrosso, quatre fois champion du monde de snowkite.

Ainsi, depuis que les fixations ont été modifiées, il est très facile de lâcher la voile en cas de rafale de vent, par exemple. Il faut juste avoir les bons réflexes concernant les règles de sécurité. Les seuls accidents se sont produits à terre, affirme le sportif. Il cite l’exemple de personnes ayant pris des risques inutiles en décollant depuis des rochers. «Certes, on prend quelques gamelles au départ, mais on ne se fait jamais mal», rassure l’ancien champion de Suisse. 

Apprendre à éviter les obstacles

Ainsi, contrairement aux apparences, ce sport est accessible au grand public, que ce soit financièrement ou physiquement. «Il est destiné à toutes les générations amatrices de glisse», confirme Olivier Caillet. On peut dès lors commencer à pratiquer à n’importe quel âge. Un enfant dès 7 ans peut s’y mettre – il faut juste faire attention qu’il ne soit pas trop léger pour éviter qu’il ne s’envole trop haut. Quant aux personnes du troisième âge, il n’y a pas de limite. «Certains de mes clients ont commencé le kite à 65 ans», confirme l’ancien champion.

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A l’inverse de la planche à voile, la discipline n’est pas difficile à apprendre et ne nécessite pas beaucoup de force. «Elle procure de grandes sensations dès le début et les progrès sont très rapides», confirme Fabio Ingrosso. Attention toutefois à acquérir les bonnes techniques dès le départ. «On ne peut pas se lancer tout seul. C’est indispensable d’être accompagné par un professionnel», admet un amateur interrogé.

Une dizaine d’heures de cours au minimum sont recommandées pour être à l’aise ou, idéalement, un stage intensif d’une semaine. Car l’important est d’apprendre à éviter les obstacles, type baigneurs ou rochers. Il faut aussi savoir lire la configuration des lieux, certains endroits étant plus dangereux que d’autres. «Quelqu’un qui n’arrive pas à remonter le vent et revenir d’où il est parti n’est pas considéré comme étant autonome», commente un passionné. D’où l’importance de se rendre dans des sites peu touristiques, avec de longues bandes de sable et du vent, et surtout peu de baigneurs.

Même en hiver

Autre avantage de ce sport? Il peut être pratiqué à n’importe quelle saison puisqu’il y a la possibilité de s’envoyer en l’air sur la neige ou sur terre avec un chariot. «Le snowkite est une discipline qui se développe de plus en plus en Suisse comme alternative au ski, confirme Olivier Caillet. Cette discipline est une alternative aux pistes de ski bondées.» Ainsi, sa société Airone organise chaque hiver des cours dans la région de Saint-Cergue et du lac des Rousses. Ce sport peut également être pratiqué sur terre avec un chariot. Au final, la seule chose indispensable est d’avoir un cerf-volant qui vous tire.

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* Une semaine d’initiation ou de perfectionnement au kitesurf coûte entre 1500 et 3000 fr. selon la destination. Infos: www.airone.ch

Chantal Mathez

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