Bilan

Le Grand Tour de Suisse en voiture électrique

Parcourir les routes du Grand Tour de Suisse et découvrir les plus beaux sites du pays, sans polluer et sans bruit: le Wave Trophy qui s'est tenu début juin prouve que la Suisse s'apparente à un terrain de jeu idéal pour les véhicules électriques avec ses bornes de recharge et ses paysages à préserver.

C'est une scène mythique de James Bond: dans le film Goldfinger, le héros de Ian Fleming suit, au volant de son Aston Martin DB5, la Rolls-Royce du méchant, rapidement suivi et dépassé par la Ford Mustang d'une James Bond girl... et toute cette scène se déroule sur les lacets du col de la Furka, avec un passage par le célèbre hôtel Belvédère.

Ce tronçon de route de montagne est l'un des parcours du Grand Tour de Suisse. Mais si James Bond, Auric Goldfinger et Tilly Masterson l'ont parcouru avec des bolides vrombissants et quelques coups de klaxon et coups de feu, des solutions plus respectueuses de l'environnement et plus agréables existent aujourd'hui. Notamment grâce aux solutions de mobilité électrique: vélos à assistance électrique, motos et voitures à motorisation électrique, et même des transports en commun électriques dans certains sites.

Avec le E-Grand Tour, parcourir plus de 1600 kilomètres de route à bord d'un véhicule électrique est désormais extrêmement facile: 300 bornes de recharge sont disséminées le long de ce parcours à travers l'ensemble des cantons traversés. «Chaque jour il y a de nouvelles stations de recharge pour les véhicules électriques et cette solution n'est plus un problème aujourd'hui. Il n'y a aujourd'hui plus aucune raison valable d'utiliser les carburants fossiles qui polluent et font du bruit», assure Louis Palmer, directeur du Wave Trophy, le plus grand rallye de véhicules électriques au monde. A sa suite, plusieurs dizaines d'équipages ont embarqué du 9 au 17 juin sur les routes: «Nous avons des dizaines de voitures mais aussi des motos, des vélos et même un camion électrique. Tous les participants ont un double objectif: rouler avec leur véhicule électrique et prouver que cette solution est pratique et agréable, et profiter des paysages somptueux de la Suisse tout au long des routes du Grand Tour», assure Louis Palmer.

La première impression quand arrive la "caravane" du Wave Trophy, c'est la diversité des engins qui surprend: au milieu des Tesla, des BMW, des Renault ou des Toyota, toutes produites en série et accessibles au plus grand nombre, apparaissent des 2CV, des Combi Volkswagen, des vieux camions tout droit sortis des années 1950, mais aussi des motos aux lignes futuristes, des vélos de toutes sortes,... Pour tester au mieux cette solution électrique, embarquement à bord d'une 2CV électrique venue de Freiburg-im-Breisgau, en Allemagne, où Konrad Wangart a transformé cette "cane" (le surnom donnée outre-Rhin à la "Deuch" de Citroën) en voiture électrique. «Il nous a fallu pas moins de six week-ends complets avec mon père pour transformer le véhicule, remplacer le moteur thermique par un moteur électrique et tout mettre au point», explique le jeune Allemand, qui participe au concours avec une amie, tous deux tirés à quatre épingles avec noeud papillon, bretelles, chemise blanche impeccable et chapeau melon pour lui, robe et chemisier sixties avec noeud dans les cheveux et lunettes accordées pour elle, sans oublier une barbe bien taillée et une moustache soigneusement lissée pour Konrad.

Dès le départ, sur les petites routes du Chablais vaudois, la 2CV file en silence: le souffle du vent seul vient jusqu'aux oreilles, ainsi que le chant des oiseaux ou le tintement des cloches au loin. Installé confortablement sur la banquette arrière de la 2CV, aucun bruit de moteur ne vient gâcher le plaisir, aucune odeur non plus de carburant. Et sur l'autoroute, le silence n'est brisé que par le passage des autres voitures. «Certes, il faut surveiller l'autonomie avec la batterie qui se décharge progressivement, et plus vite que la normale quand on attaque de fortes montées ou qu'on file à 110 ou 120km/h sur l'autoroute», précise le conducteur allemand.

David Galeuchet file aussi à travers vignes, routes de montagne et champs de blé à l'approche de Fribourg: ce directeur marketing de la firme Solarmarkt ne peut embarquer aucun passager avec lui et pour cause, il chevauche une moto au design étonnant et surtout silencieuse et propre, comme tous les véhicules. «C'est une Johammer, une moto de conception autrichienne avec un design qui rappelle à la fois les bolides de BMW au début du XXe siècle mais aussi des destriers de science-fiction, comme celle de Batman, à laquelle de nombreux spectateurs du rallye comparent mon engin», explique-t-il avant d'ajouter qu'il prend «un plaisir fou» à sillonner les grands cols alpins ou à s'aventurer au bord des lacs sans un bruit: «la Suisse est vraiment un pays extraordinaire pour ça: on peut passer de la haute montagne aux plages en quelques heures en moto électrique, sans avoir à se torturer l'esprit pour adapter son parcours aux bornes de recharge tellement elles sont nombreuses».

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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