Bilan

Le dressage fait son grand retour

Le concours hippique international a décidé de remettre en lumière cette discipline un peu marginalisée. la cavalière suisse Antonella Joannou-de Rham s’en réjouit.

Antonella Joannou-de Rham sur «Dandy de la Roche CH».

Crédits: Astrid Appels/eurodressage.com

C’est chouette, je me réjouis!» Lorsque l’on demande à Antonella Joannou-de Rham ce qu’elle pense du retour du dressage en compétition au CHI de Genève, les mots lui manquent. Et pas seulement parce que la Genevoise s’élancera devant les siens, avec 15 autres cavalières et cavaliers de renom. Mais aussi parce que la vitrine de Palexpo peut aussi servir de vitrine à un sport quelque peu marginalisé: «Même s’il est peu connu, le dressage existe en Suisse. Il y a des cavaliers de niveau international. Ce sera l’occasion de les voir, ainsi que les extraordinaires concurrents allemands et espagnols. Peut-être que cela va susciter des vocations.» Elle marque une pause: «Le plus beau compliment pour un cavalier, c’est quand on lui dit: «J’ai eu envie de monter quand je vous ai vu sur votre cheval.»

Ce rôle d’exemple, la Genevoise le joue avec joie. Mais elle sait aussi qu’en ce début décembre les yeux risquent plutôt de se tourner vers la délégation allemande, emmenée par l’incroyable Isabell Werth, dix médailles olympiques dont six d’or (cinq par équipe et une individuelle), ce qui en fait la cavalière le plus titrée du monde hippique. 

A 47 ans, l’Allemande diffuse sa classe depuis 1992. Elle était également l’une des plus fidèles du concours de Genève entre 1997 et 2000, lorsque le dressage avait fait sa première apparition au programme. Pour Alban Poudret, directeur sportif du CHI, sa présence est une petite victoire: «C’est incroyable. Isabell Werth est une championne d’exception. Elle a connu une petite éclipse, mais elle a su se remettre en question pour revenir au sommet.» 

L’armada allemande sera complétée par Kristina Bröhring-Sprehe (ancienne N° 1 mondiale) et probablement Dorothee Schneider, sur «Showtime», un élégant hannovrien bai de 10 ans. L’Espagnole Beatriz Ferrer-Salat, médaillée aux derniers Jeux européens, ou le N° 1 hollandais Diederik van Silfhout seront également de la fête. Côté helvétique, il s’agit de souligner la présence de Marcela Krinke-Susmelj, la seule Suissesse en lice à Rio de Janeiro.

Dès le Grand Prix de vendredi, c’est donc à ces grands noms qu’Antonella Joannou-de Rham va se mesurer sur «Dandy de la Roche CH». «Je n’ai pas l’impression de vivre dans la même catégorie. Je n’ai pas leur expérience. Et puis, ils font tellement de sacrifices pour arriver au niveau qui est le leur.» Ce qui ne l’empêche pas de secrètement espérer terminer dans les huit premiers, ce qui serait synonyme de participation au programme de danse libre en musique (la fameuse «Kür») du samedi soir, qui est au dressage ce que le programme libre est au patinage artistique.

Les cavaliers seront scrutés par cinq juges, qui donneront deux notes: une pour la technique, l’autre pour la créativité. Un second volet qui fait aujourd’hui débat, mais auquel les organisateurs de Genève tiennent beaucoup. Le public ne sera pas oublié, puisqu’il va également pouvoir donner son avis, via smartphone.

Le cheval, cet artiste

Avant la compétition, Antonella Joannou-de Rham peine encore à se projeter: «Comment je gérerai la pression de la proximité? Je ne sais pas. Peut-être qu’elle va me donner une énergie positive, nourrir ce mode guerrier qui permet de se surpasser.» Quoi qu’il arrive cependant, la Genevoise n’entend pas trahir la notion de plaisir qu’elle recherche dans sa relation avec «Dandy de la Roche CH». «Je monte pour le partage, pour l’harmonie que je peux trouver avec mon cheval.»

Ce qui semble bien lui réussir, même si, par son caractère très entreprenant, limite hyperactif, «Dandy de la Roche CH» ne semblait pas, au départ, taillé pour le dressage. «Il a tendance à anticiper, alors qu’il devrait agir selon mes demandes.»

La Genevoise ne cache pas une admiration sincère pour «Dandy de la Roche CH»: «Il a beaucoup de talent physique. A ce niveau, chaque cheval est un artiste. Alors, j’essaie de le gêner le moins possible, pour qu’il puisse montrer de quoi il est capable.» Avec une telle passion, le dressage pourrait bien conquérir les cœurs à Palexpo.  

Patrick Oberli

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