Bilan

Le domaine de Vaudijon renoue avec l’encavage

Trois ans après le rachat des vignes par un couple de Français, les premières bouteilles vont bientôt être commercialisées. Retour sur un coup de cœur.

Laurent Lozano: «Il existe un potentiel de qualité phénoménal dans la région de Neuchâtel».

Crédits: Odile Meylan/EOL

Le site incite à la contemplation. Edifié en 1802 à Colombier, le domaine de Vaudijon surplombe le lac de Neuchâtel. La demeure et ses 4,52 hectares de vignes renaissent depuis le changement de propriétaires en septembre 2012, quand la famille Vissers les ont cédées à Laurent Lozano et Carine Palu Lozano. Le jeune couple cherchait à s’installer dans la région pour y suivre la scolarité d’un de ses enfants. 

«Cela a été un véritable coup de cœur. Nous avions vraiment envie de vivre une nouvelle expérience après avoir pas mal voyagé, en Australie, dans le sud-est de la France, en Géorgie, puis dix ans près de Cognac», confie le nouveau maître des lieux. Ce dernier aime faire un parallèle entre ces deux régions: «Des deux côtés, on rencontre des gens animés par une passion profonde. Ici, celle de l’horlogerie. Là-bas, celle du cognac.» 

A l’exception de la demeure principale où la famille réside, le reste du domaine est encore en chantier. La cour est en train d’être pavée. Mais, surtout, les Lozano travaillent à créer un véritable chai dans une bâtisse qui accueillait un temps des chevaux. Les cuves, toutes neuves, sont en place dans une première salle. A côté, dans une seconde salle, se déroule la vinification des vins rouges au sein de six grandes cuves en bois.

«Elles seront utilisées toute l’année. Nous allons nous adapter à la qualité du raisin, avant de transférer le vin dans les fûts.» Perfectionniste, Laurent Lozano a choisi des fûts séchés à l’air libre pendant trente-six mois: «Au-delà de vingt-quatre mois de séchage, il y a un basculement avec des tanins plus arrondis», justifie-t-il. Lorsque les travaux dans la salle au sous-sol seront achevés, les barriques y seront transférées. Ce lieu est magique, avec son plafond voûté en briques. On distingue encore les trous, dans les arêtes des voûtes, utilisés voilà quelques décennies encore pour faire passer le jus de raisin au sous-sol. 

A la rencontre des clients

L’idée est de créer un circuit de visite pour accueillir la clientèle d’ici au printemps 2016. L’objectif est de vendre un maximum de bouteilles du domaine sur place. «Il y a un réel plaisir à pouvoir parler de notre démarche, de ce que l’on a voulu faire. Ce lieu sera ouvert pour favoriser le partage», justifie Laurent Lozano. 

Avant l’arrivée des Lozano, le raisin était encavé chez Thierry Grosjean, le propriétaire-encaveur du Château d’Auvernier, le plus grand domaine sur Neuchâtel. Désormais, ce canton compte donc un 43e encaveur. Les vignes de Vaudijon se composent à 50/50 de pinot noir et de chasselas, auxquels s’ajoutent 60 ares de chardonnay. «Nous avons eu la chance d’être extrêmement bien accueillis et d’être beaucoup aidés par nos voisins et confrères.» 

Depuis son rachat, le domaine est passé en bio, mais les Lozano visent la biodynamie. «Dans la région de Neuchâtel, il existe un potentiel de qualité phénoménal, car l’acidité naturelle des vins permet un bel équilibre avec les caractéristiques gustatives telles que la structure tannique et la rondeur des vins. Ce qui permet de produire des vins de garde.» C’est à relever alors que la tendance dans le monde est à un manque d’acidité, y compris à Bordeaux. Et de citer quelques passionnés: Jean-Denis Perrochet, du Domaine de la Maison Carrée à Auvernier, ou encore Louis-Philippe Burgat, du domaine voisin de Chambleau. 

Avec son responsable d’exploitation, Aurélien Houillen, il prévoit la mise en bouteilles du chasselas ces prochains jours, tandis que les amateurs de pinot devront attendre au moins jusqu’au printemps 2016. «Nous nous sentons libres d’explorer toutes les pistes», prévient-il.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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