Bilan

Le chic James Bond, une histoire de style

Il y a des allures qui ne se discutent pas. Celle de l’agent 007, iconique, fait palpiter les créateurs et les maisons de luxe depuis 1962. Y compris la marque horlogère suisse Omega.
  • Habillé par le tailleur anglais Anthony Sinclair, Sean Connery incarne James Bond dans «Goldfinger», en 1964.

    Crédits: Moviepix/getty images
  • Daniel Craig, habillé par Brioni, dans «Casino Royale».

    Crédits: Dr
  • Dernière création inspirée par l’agent 007: la Commander’s Watch Omega Seamaster Diver 300M présentée cet été à Londres.

    Crédits: Dr

Il y a d’abord eu Anthony Sinclair. Le célèbre tailleur londonien de Mayfair sut le premier révéler le chic inimitable de Sean Connery dans les premiers James Bond. Son fameux costume «Conduit Cut» (que l’on trouve encore chez Mason & Son à Londres), parfaitement ajusté à la silhouette de l’acteur dans Goldfinger, est resté la pièce légendaire qui a forgé l’allure du serviteur de Sa Majesté. Ce choix éclairé était celui du réalisateur Terence Young, également officier de la garde irlandaise, élégant homme de lettres et tombeur des plus belles femmes des années 1950.

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Aucun doute pour l’époque, Terence Young incarnait l’agent 007 avant même sa création à l’écran. Et dès le premier film James Bond contre Dr No en 1962, c’est lui qui offrit à Sean Connery, alors jeune comédien débutant, le privilège d’incarner cet esprit. Comme le raconte l’actrice Lois Maxwell dans l’une des nombreuses biographies de l’acteur britannique, «Terence prit Sean sous son aile. Il lui fit connaître la bonne société, lui apprit à marcher, à parler et même à manger.»

Brioni entre en scène avec Pierce Brosnan

Puis il y eut Cyril Castle, Douglas Hayward et Angelo Vitucci, trois célèbres tailleurs, deux Anglais et un Italien, qui façonnèrent l’esprit flegmatique et charismatique du regretté Roger Moore au fil de ses sept interprétations.

Le tailleur italien Brioni, aujourd’hui propriété du groupe de luxe Kering, entra ensuite en scène avec Pierce Brosnan dans le film GoldenEye. Un choix radicalement différent du «bespoke» anglais, que la costumière de l’époque Lindy Hemming assuma entièrement et qui lui permit de révéler un James Bond plus sensuel et libre de ses mouvements.

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Présente à Londres avec l’équipe de production des James Bond EON lors de la révélation de la nouvelle montre Omega Seamaster Diver 300M, elle raconte: «Pour le film GoldenEye, en 1995, on m’avait demandé de réinventer complètement le personnage de James Bond, car il n’y avait pas eu d’incarnation de l’agent secret depuis six ans. J’ai donc eu la chance de pouvoir repenser chaque élément de son style – évidemment approuvé par la production – des chaussures aux chaussettes, des chemises aux costumes. A l’époque, j’avais lu un article sur Brioni, dont je connaissais bien sûr la qualité, mais pas la manière de produire. J’ai visité les ateliers de Pescara, au sud de l’Italie, et j’ai très vite opté pour cette marque capable de tailler un costume sur mesure, mais aussi de le répliquer rapidement en plus grande quantité, un atout nécessaire pour les nombreuses prises et cascades de James Bond dans un film et que les ateliers «bespoke» anglais ne pouvaient pas assurer. J’ai rencontré Umberto Angeloni, alors CEO de la marque (aujourd’hui à la tête de Caruso). Et nous avons commencé une très belle collaboration. Il a réussi à combler toutes mes exigences, qui étaient nombreuses, croyez-moi. Et puis il y a eu la réflexion concernant la montre de James Bond. Elle devait représenter au mieux un agent secret, ancien commandant de la Navy, discret. J’ai donc fait appel à mes souvenirs, puisque, depuis mon enfance, j’ai toujours été entourée de militaires engagés dans les forces navales ou aériennes, mon père étant membre de la Royal Air Force. J’ai alors recherché ce que les membres de la Royal Navy portaient au poignet. La montre de plongée Omega a longtemps été leur choix. Je m’y suis donc intéressée, et j’ai opté pour cette marque. Et je dois dire que j’étais complètement séduite par le cadran bleu de la montre à cette époque.»  

Après l’ère Pierce Brosnan, l’acteur Daniel Craig n’a porté la marque italienne que pour un seul film, Casino Royale, et la fameuse scène de la partie de poker en smoking Brioni parfaitement ajusté. C’est ensuite le couturier Tom Ford, choisi par la nouvelle costumière Jany Temime, qui, dès Quantum of Solace en 2008, habille l’agent secret. 

Inspiré par la Royal Navy

Si le style de James Bond a évolué au fil des modes et des maisons de couture, le point d’ancrage, inamovible depuis la création du personnage, reste son allure, héritée de son passé de commandant de la Navy et fantasmée par Ian Fleming, lui-même engagé dans les Naval Intelligence Divisions pendant la Seconde Guerre mondiale. On dit qu’il s’est beaucoup inspiré des gradés qu’il côtoyait pendant la guerre pour son personnage.

La Commander’s Watch présentée par Omega salue d’ailleurs les couleurs rouge, bleu et gris de l’insigne de la Royal Navy sur le bracelet Nato et sur la lunette tournante. Elle célèbre trois jubilés: le 50e anniversaire du film On ne vit que deux fois, le 40e anniversaire de L’espion qui m’aimait, et le 20e anniversaire de Demain ne meurt jamais, trois films dans lesquels James Bond porte l’uniforme militaire officiel.

Restait jusqu'à ces derniers jours un mystère: quel acteur allait incarner le rôle-titre lors de la 25e aventure de l’agent 007 prévue pour 2018? Aucun nom n’avait encore filtré des équipes de production EON. Et Daniel Craig a donné une interview affirmant qu'il acceptait d'endosser une fois de plus le costume de l'agent secret le plus célèbre du cinéma... Action!

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Cristina d’Agostino

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