Bilan

Le triathlon pour le corps et l’esprit

Trois sports en un: cela nécessite de la discipline. Le triathlon séduit de plus en plus de personnes, peu importe de quel milieu elles viennent.

  • «J’essaie de travailler chaque discipline deux fois par semaine», assure Sébastien Mayer. A droite, Michiel Mannaerts.

    Crédits: Lionel Flusin
  • Crédits: Lionel Flusin
  • Crédits: Lionel Flusin

A Parler avec des adeptes du triathlon, tout paraît facile. Pour les distances olympiques, le triathlon compte 1500 m de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied. Et pourtant les pratiquants sont de plus en plus nombreux. Les sportifs qui commencent le font parfois par hasard, à l’image de Sébastien Mayer, Business Development Manager chez Mirabaud: «Je faisais déjà beaucoup de vélo mais, pour mon premier triathlon, c’est un ami qui m’a inscrit pour que je me lance», confie-t-il. Depuis, il y a pris goût et s’entraîne six ou sept fois par semaine. Il précise: «Il peut m’arriver de ne pas avoir envie de m’entraîner mais, une fois la séance commencée, j’ai du plaisir.»

Motivation et organisation sont les maîtres mots du triathlon et sont souvent appliquées à la lettre. «Quand je pars en voyage d’affaires, je prends toujours mon sac de sport», raconte Michiel Mannaerts. Partner chez PWC Genève, il profite de venir au bureau à vélo. «C’est à environ 15 km, mais il m’arrive d’allonger le parcours», précise-t-il. A cet entraînement s’ajoutent ceux de course à pied et de natation. «Il y a toujours une discipline sur les trois où l’on est plus performant et une où l’on se sent moins à l’aise», concède Ian Schwieger, médecin retraité et également adepte de triathlon. D’où le besoin de discipline et d’une certaine rigueur pour se motiver à pratiquer les trois sports régulièrement. Sébastien Mayer détaille: «J’essaie de tenir mon programme et travailler chaque discipline deux fois par semaine.» Avoir une vie à côté, c’est possible ? «Oui, rigole-t-il. C’est parfois dur, il faut accepter de faire des concessions», complète Michiel Mannaerts.

Au premier abord, les programmes d’entraînement sont exigeants. Les trois disciplines doivent être travaillées durant la semaine et cela implique une organisation au quotidien. Le point commun de ces trois athlètes est qu’ils ont confié leur préparation à des experts. Sport Quest compose les phases d’entraînement et prend en compte les disponibilités des gens. «On doit toujours moduler selon notre emploi du temps. Je vois le programme comme une base à construire», explique Ian Schwieger. Car il y a évidemment des jours durant lesquels le corps répond moins bien à l’effort que d’autres. «Il faut rester à l’écoute de soi, sans quoi il y a risque de blessure», ajoute Michiel Mannaerts. S’ils s’en tiennent pour l’heure au triathlon distance olympique, c’est que les compétitions leur permettent de concilier leur vie sportive, familiale et professionnelle. «C’est hyperaddictif», confirme Sébastien Mayer, qui remercie au passage sa femme qui lui met des limites. Il précise encore que le triathlon lui a réellement permis de mieux s’organiser. «Avec deux filles, une femme et un travail, il faut optimiser la gestion de son temps.» Outre l’aspect de l’entraînement pur, il y a également tout ce qui va avec. «Il faut contrôler son allure, ce qu’il faut manger, l’équipement», énumère Michiel Mannaerts. Les moments les plus durs sont ceux qui précèdent la course, la préparation aux transitions est essentielle. «Si c’était facile, où serait la satisfaction?», questionne Ian Schwieger avec malice. Lui voyait le triathlon comme une évasion lorsqu’il était médecin. Désormais retraité, il profite totalement de sa nouvelle liberté, alors qu’il devait aménager son emploi du temps durant sa vie active. «J’exerçais dans une clinique et mes collègues ont joué le jeu», se réjouit-il.
En revanche, aller plus loin en termes de distance n’intéresse pas forcément ces triathlètes qui ont pleinement conscience des contraintes supplémentaires que cela supposerait. Car après le format olympique vient l’Ironman. Il réunit les mêmes disciplines, mais il s’agit de nager 3,8 km, rouler 180 km et courir 42 km, soit un marathon. Seul Ian Schwieger s’est lancé sur cette distance dernièrement.

Le triathlon est une soupape émotionnelle. S’il permet de s’évader du quotidien, il a également le potentiel d’améliorer ses compétences. «Je retrouve cette multidisciplinarité dans mon travail», dit Sébastien Mayer, qui doit jongler entre les aspects techniques, financiers ou événementiels au quotidien. Autre avantage: cela fournit un sujet de conversation. «Pas mal de gens font du sport», ajoute Michiel Mannaerts. Que ce soit en famille, avec des amis ou des clients, parler de sa pratique sportive est devenu la norme. Il constate que le bien-vivre remplace désormais les déjeuners d’antan, durant lesquels il était d’usage de boire en abondance et de déguster des repas trop copieux. En d’autres termes, la tendance actuelle pousse les employés à adopter un mode de vie sain. Bon nombre d’entreprises l’ont compris et facilitent la pratique du sport, que ce soit à travers des infrastructures au sein même du lieu de travail ou grâce à une certaine flexibilité dans les horaires.


Par où commencer?

Budget Le triathlon est plus abordable qu’il n’y paraît. Pour débuter, beaucoup de triathlètes ont emprunté du matériel afin de participer à une course. Reste à voir si l’on prend goût à ce nouveau type de compétition
qui propose une ambiance bien particulière. La plus grande partie du budget est l’investissement de départ pour le vélo, puisque le matériel de course à pied et de natation est peu onéreux. Swiss Triathlon recense toutes les courses du territoire. Elles ont généralement lieu de mars à octobre, pour un coût qui varie
selon le moment de l’achat du billet et la réputation de l’événement. Les triathlons les plus connus coûtent entre 80 et 130 fr.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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