Bilan

Le retour d’une légende

Cher Père Noël, ayant été sage cette année, j’aimerais une Alpine A110 sous le sapin. La nouvelle sportive de Renault tient les promesses de son ancêtre.

  • Crédits: Dr
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En 1962, alors que Kennedy affrontait les missiles russes à Cuba et que l’Algérie et la Jamaïque devenaient indépendantes, les routes européennes virent naître l’Alpine A110. Les années qui suivirent, les spectateurs découvrirent un petit missile bleu qui allait s’imposer dans à peu près tous les rallyes de l’époque, bien avant que Sébastien Loeb ne découvre le sens du mot volant.

Si vous avez plus de 45 ans, que vous ayez au moins lu un Michel Vaillant dans votre vie et un minimum d’intérêt pour l’automobile, l’Alpine doit forcément faire partie de vos souvenirs. En ce qui me concerne, j’ai grandi avec une maquette de l’A110 originale sur ma table de nuit – juste avant qu’elle soit remplacée par un poster de Samantha Fox. Quoi qu’il en soit, l’Alpine a sûrement contribué un peu à l’intérêt que je porte aujourd’hui à l’automobile.

Depuis la renaissance de la Mini, tout le monde trouve que le vintage, c’est trop chouette. Il semblait donc assez logique qu’un jour ou l’autre, quelqu’un de chez Renault ait l’idée de ressortir l’A110 des cartons. Ce n’était qu’une question de temps.

Un intérieur élégant

Lorsque la marque au losange m’a contacté pour me mettre la nouvelle Alpine à disposition, j’ai instantanément perdu connaissance. Je ne me suis réveillé que pour trépigner d’impatience en pensant à cet instant où l’on me remettrait les clés. J’allais au-devant d’une grosse déception, puisque chez Renault on n’utilise plus de clés, mais des cartes électroniques qui vous ouvrent les portes.

Me voici donc, un matin d’été, devant la nouvelle version de l’Alpine A110, soit 252 chevaux pour 1300 kilos avec le plein et un peu plus avec moi dedans, ce qui change quand même pas mal de choses en ce qui concerne le pourcentage. En me glissant à l’intérieur – j’insiste sur le terme glisser, tant il faut être à la fois souple et ne pas hésiter au risque de passer les prochains trois mois chez l’ostéopathe à raison de trois séances par semaine –, je découvrais un intérieur élégant et moderne qui n’avait pas grand-chose à envier à la concurrence, si n’est peut-être la qualité des matériaux. Dès les premiers instants au volant, moteur éteint, l’Alpine est séduisante. Elle affiche haut ses couleurs de «championne du monde», puisqu’il y a du bleu-blanc-rouge un peu partout. Renault a même poussé le vice à faire comme dans l’ancienne A110, construite à base de pièces de la Renault 8 en ajoutant les commandes radio de la Clio dans la nouvelle version.

Diaboliquement fun

Dès les premiers vrombissements du 4 cylindres en ligne boosté avec un turbo, la nouvelle bombe de chez Renault tenait les promesses de ses ancêtres. Elle colle virtuellement à la route. C’est tout simplement un kart. A côté, la Mini Cooper est une camionnette de livraison.

On peut débattre sur les qualités de l’Alpine, d’aucuns diront qu’elle est un peu «légère» niveau direction, parce que la majorité du poids est à l’arrière, d’autres trouveront que le moteur «pourrait» faire mieux – vu qu’il n’est qu’emprunté à la Mégane version sport, et puis d’autres affirmeront que l’Audi TT ou la Porsche Cayman sont nettement au-dessus. Peut-être.

Mais l’Alpine A110 a l’avantage d’être à part et diaboliquement fun. Si vous me demandez de choisir entre deux allemandes bien plus chères, je reviens sans hésiter sur l’Alpine. Soit, les puristes diront que ça ne vaut pas la version de 1962, mais sachant que cette dernière est deux fois plus petite que sa sœur de 2019, je me demande bien qui pourrait encore se glisser dedans, mis à part un pilote de F1 qui sortirait de quatre jours enfermé dans un sauna.

Même si l’Alpine ne vous permettra de partir en week-end qu’avec une brosse à dents et un T-shirt de rechange – le coffre étant présent par principe, un laptop rentrant péniblement à l’intérieur –, cette sportive-là vous laissera un sourire gravé sur le visage à chaque sortie et tout cela pour la moitié du prix d’une Porsche.

* Cofondateur d’investir.ch et auteur du site bitume.ch


Spécifications

Poids à vide: 1123 kilos

Puissance: 252 chevaux / 15 chevaux fiscaux

Moteur: 1,8 l turbo – 4 cylindres en ligne

Boîte de vitesses: Mécanique robotisée 7 rapports à double embrayage (ça ne rigole pas, il n’y a plus de boîte automatique ou manuelle)

Vitesse max: 250 km/h

0 à 100 km/h en 4,5 secondes

1000 m DA: 23,2 secondes

Consommation: En mixte, 6,2 litres par 100 km

La boîte à gants est si petite que l’on ne peut même pas y mettre de gants. Quant au coffre, il faut le voir pour le croire.

Thomas Veillet*

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