Bilan

«Le luxe excessif n’a plus sa place»

Le patron de Breitling est confiant pour l’avenir de la marque même s’il estime que les acteurs du luxe devront s’adapter aux nouvelles valeurs de consommation.

Georges Kern s'est exprimé devant la presse vendredi.

Crédits: Breitling

C’est en vidéo conférence avec une petite dizaine de journalistes romands que Georges Kern s’est exprimé vendredi 17 avril sur la situation actuelle de la marque Breitling qu’il dirige depuis 2017. Ce dernier, habitué des grands voyages à la rencontre de près de 1'500 détaillants à travers le monde, a découvert avec surprise la praticité des réunions en ligne. 

Un lancement digitalisé

Mi-avril, en raison du Covid-19, la marque organisait son tout premier Summit en mode digital via un webcast pour le lancement de ses nouveaux produits, puis une vidéoconférence remplaçant ses tables rondes habituelles avec les journalistes. «Je n’ai jamais autant été en contact avec mes détaillants que durant cette période», commente positivement le chef d’entreprise. «Je vais m’y habituer car je voyagerai comme beaucoup d’autres, probablement moins ces prochains mois». 

Ce dernier compte également institutionnaliser ces vidéoconférences en organisant au moins deux rendez-vous par an avec les détaillants. Une manière, pour lui, d’être également plus éco-responsable. C’est, en effet, l’une des priorités de la marque qui depuis deux ans développe des solutions pour diminuer son empreinte carbone. Elle le fait notamment à travers la production de certains de ses bracelets en fils de pêche recyclés en ECONYL. 

Georges Kern en est convaincu: le luxe va devoir s’adapter aux nouvelles valeurs des consommateurs. «Le luxe excessif n’a plus sa place». Le marché a changé, et cela bien avant la crise du coronavirus. Les consommateurs ont augmenté leurs consommations de produits bio de 25% ces derniers mois en Europe. Ils veulent consommer plus local. Et ces comportements seront exacerbés suite à la pandémie actuelle. «Breitling a toujours suivi une démarche inclusive, avec des boutiques conviviales pour être proches de ses clients. Nous n’avons jamais sponsorisé des événements autour du golf ou de la Formule 1 dont la grande majorité de notre clientèle ne s’identifie pas. Nous avons toujours été relax, notamment avec des ambassadeurs qui étaient des aventuriers ou des sportifs tel que le surfeur Kelly Slater».

Un phénomène de rattrapage

Qu’en est-il du business actuel ? «Nous sommes très confiants», répond Georges Kern également actionnaire de la marque avec d’autres investisseurs. La Chine, l’un de nos plus grands marchés, réouvre ses boutiques. Les ventes ont progressé de 20% par rapport à la même période l’an dernier. Il y a moins de trafic dans les boutiques, mais lorsque les clients viennent, c’est pour acquérir une montre. Dans le luxe, il y a un phénomène de rattrapage après une crise, ce qui est malheureusement impossible dans des secteurs comme l’hôtellerie, la restauration ou le tourisme. Je pense que nous allons réussir à rattraper ce que nous avons perdu» ajoute le patron de la marque horlogère. 

Breitling développe aussi son marché en ligne qui a déjà progressé durant la crise et continuera probablement à se développer commente Georges Kern qui précise. «Aujourd’hui, la grande majorité de nos acheteurs s’informent en ligne, et bien que l’acte d’achat soit multicanal, ces derniers préfèrent largement faire leurs achats dans les commerces physiques. L’expérience en magasin reste très importante», assure le CEO. 

Quant à la question sur le surplus des stocks, Georges Kern rappelle que depuis plus d’un an, la marque rachète les produits de ses anciennes collections qu’elle vend ensuite dans ses «factory outlets» ouverts dans de nombreux pays autour du globe. Concernant les nouveautés, Breitling vient de lancer trois nouveautés dont un nouveau modèle féminin, la Breitling Navitimer Automatic 35 à découvrir sur son site et ses réseaux sociaux jusqu’à la réouverture des magasins physiques.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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