Bilan

Le «quatre-heures» bonheur!

Le repas préféré des enfants a bien évolué depuis l’époque des barres chocolatées. Décryptage de ce moment intensément gourmand et si réconfortant qui nous replonge en enfance dès la première bouchée.

Crédits: © Cottonbro / Pexels

Qui n’a jamais englouti en un temps record - au signal de la sonnerie de la fin des classes - un petit pain au lait fourré au chocolat du goûter? Délicat souvenir d’enfance qui apportait un moment de réconfort face à une mauvaise note ou une quelconque dispute en cour de récréation. Même si en quelques décennies les modes culinaires ont évolué, le souvenir de ces instants restent à tout jamais gravés dans nos mémoires. Aujourd’hui, avec des régimes alimentaires toujours plus contraignants et des intolérances toujours plus présentes dans notre quotidien, quelle est la place du goûter au milieu de cet imbroglio nutritionnel ? Le «quatre-heures» fait-il toujours partie de nos habitudes alimentaires ou est-il relégué à de lointaines coutumes devenues obsolètes ? Découverte.

© Mr. et Mrs Renou

Le Goûter: oui ou non ?

Pour Marie Moatti, bionutritionniste spécialisée en micronutrition et naturopathie, tout dépend du niveau de satiété au moment du goûter. Sa vision à ce sujet est très claire et la première question qui se pose est la suivante: le goûter est-il nécessaire ou pas? «Ce semi-repas vient du glissement des recommandations pédiatriques en matière de biberons. Lorsque l’enfant grandit, le 4ème biberon d’une journée s’est transformé en une collation de 4 heures» dit-elle. Ainsi, le goûter a pris subtilement une place systématique dans la journée d’un enfant mais il n’en demeure pas moins qu’il est souvent imposé par les parents à la sortie de l’école.

Même si le rythme alimentaire d’un enfant durant sa journée n’est pas toujours facile à cerner, il est par contre essentiel de connaître ses habitudes alimentaires afin de lui prodiguer le bon apport alimentaire. Le tout est de savoir s’il a faim ou pas à la fin des classes. «Il n’y a donc aucune raison d’interdire ce plaisir gourmand à un enfant et, s’il exprime une réelle faim, il faut adapter en conséquence la quantité proposée selon le degré de sa faim. Imposer systématiquement un goûter à un enfant gomme ses sensations alimentaires».

Une fois ce concept établi, Marie Moatti bannit tout produit industriel et prône des fruits frais de saison ainsi que des gâteaux de qualité. Pour la nutritionniste, l’apport sucré n’est pas une nécessité, sauf si l’enfant pratique une activité sportive après l’école. La consommation de produits salés à ce stade de la journée est aussi une alternative, rappelle-t-elle. A partir du moment où les produits utilisés sont de qualité et les quantités en accord avec la faim exprimée, le goûter demeure encore et toujours la Madeleine de Proust pour l’enfant qui sommeille en nous.

Gâteaux Mr et Mrs Renou
© Mr et Mrs Renou

Gâteaux de voyage

En respectant la philosophie de la nutritionniste, le pâtissier Christophe Renou n’a pas oublié les tendres moments de son enfance où il se délectait d’une pâtisserie secrètement enfouie dans son sac à dos. Arborant fièrement le col tant convoité de Meilleur Ouvrier de France, il s’efforce tant bien que mal de faire perdurer la tradition. «Même si l’habitude de prendre un goûter se perd progressivement au moment de l’âge adulte, notre métier s’emploie d’y remédier en instaurant des nouvelles créations autour de ce rituel rassurant».

Depuis la fin du confinement, l’artisan du sucré confectionne pour le quatre- heures des gâteaux de voyage sous forme de cakes moelleux. Il réussit ainsi à reconquérir le cœur des gourmands avec ces gâteaux fondants aux multiples parfums. Chocolat, citron, pistache ou l’incontournable marbré, c’est tout une gamme qui est lancée autour de cette thématique enfantine. «C’est notre petite contribution afin de contrer les toutes puissantes grandes surfaces et leurs goûters industriels. Même si le goûter a de nos jours mauvaise presse, tout est une question de mesure. A nous de le rendre sain, équilibré gourmand et attirant».

Banana Cake
© Granola

Pour être dans l’air du temps, Laura Liess, la patronne du très en vogue Granola à Genève, offre à ses clients chanceux une sélection de gâteaux sains et délicieux. Dès le début de son aventure, la jeune entrepreneuse refuse d’élaborer des gâteaux avec du sucre raffiné (à l’exception du roulé à la cannelle). C’est ainsi que son établissement aux multiples facettes gastronomiques provoque un engouement certain auprès d’une clientèle à la recherche de bien-être culinaire. «Malgré les modes qui changent, le chocolat reste la passion du goûter». Que ce soit pour un pain à la banane, un gâteau au chocolat sans gluten et sans lactose ou un cake à la banane, le bonheur sans complexe d’un quatre-heures moderne se trouve chez Granola.

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Edouard Amoiel

Chroniqueur culinaire

Lui écrire

Petit-fils de restaurateur, fils de marchand de vins, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, chroniqueur culinaire pour le journal Le Temps et pour mon site Amoiel.ch, épicurien, aussi gourmand que gourmet, hédoniste, poète… l’idée d’écrire sur la gastronomie m’est apparue comme une évidence.

Ma démarche est avant tout de mettre en valeur et de faire découvrir des chefs, des restaurateurs, des producteurs et des créateurs. qui se donnent corps et âme à leur métier.

Alors, rejoignez-moi dans cette aventure culinaire truffée de gourmandises, de surprises et de plaisirs.

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