Bilan

L'automne doré au bout des rails

Alors que l’été joue les prolongations, pourquoi ne pas repartir à l’aventure vers des coins de nature où les couleurs chaudes et dorées prennent le relais du vert. Pour ce faire, la Suisse dévoile ses richesses à travers une multitude de parcours ferrés régionaux qui conduisent vers des paradis préservés.

  • L'arrivée aux Rochers-de-Naye, avec la station sommitale et les voies ferrées du petit train.

    Crédits: Matthieu Hoffstetter
  • Le Cervin depuis Zermatt.

    Crédits: Matthieu Hoffstetter
  • Le Cervin à l'automne, en suivant le train du Gornergrat.

    Crédits: Zermatt Tourisme

En plein coeur de la Suisse romande, pour une escapade à la journée, plusieurs choix s’offrent aux amateurs de nature. Les vendanges ont débuté dans le vignoble de Lavaux, là où le chasselas règne en maître. Si les vignerons sont des orfèvres, façonnant au fil des saisons des nectars sublimes pour accompagner les féras du Léman ou les filets de perche, il est un autre forgeron, du verbe celui-ci, qui a fait de cette région son domaine. A l’Auberge de l’Onde, à Saint-Saphorin, Jérôme Aké Beda est devenu le chantre du chasselas.

Et si les balades à pied permettent de mieux s’enfoncer dans le damier des parcelles, le train offre une solution idéale pour aller à un bout du vignoble, à Saint-Saphorin ou à Pully, et de sillonner ensuite cette région «bénie des dieux» (selon l’expression de Jérôme Aké Beda) à la force des mollets pour regagner son point de départ.

Les étages de montagne jusqu'aux Rochers-de-Naye

Un peu plus loin, une fois Vevey dépassé, les terrasses du Lavaux laissent la place au alpages et aux pentes des Alpes. Première grande montagne dressant ses à-pics au-dessus du lac, les Rochers-de-Naye surplombent Montreux et la Riviera. Des palmiers du bord du lac aux pierriers situés sous le sommet, c’est un millefeuille d’écosystèmes et de milieux naturels que le randonneur découvre.

Au bord du lac, à proximité de la gare de Montreux, les palmiers et les températures douces de cet été indien incitent quelques baigneurs à prolonger la saison des baignades. «Généralement, je me baigne jusqu’au 31 août. Mais cette année, le soleil et les températures me donnent envie de plonger encore. Une baignade chaque soir en rentrant du travail et c’est comme si les vacances ne s’arrêtaient pas», confie Esther, trentenaire de Clarens qui vient d’étendre son linge sur la plage du pierrier à Clarens.

Vue sur le Léman depuis Jaman. (Matthieu Hoffstetter)
Vue sur le Léman depuis Jaman. (Matthieu Hoffstetter)

En embarquant à bord du train des Rochers-de-Naye, on monte très vite vers les villages des hauteurs de Montreux: Les Planches, cette vieille ville qui a gardé son âme vigneronne, Glion, où le temps semble s’être figé au début du XXe siècle, Caux, où l’imposante silhouette du Caux Palace dessine ses clochetons aux faux-airs de château de conte de fées, le Haut-de-Caux, où le tintement des cloches de vaches rivalise avec les mélodies jazz du Picotin, le chalet où Claude Nobs, fondateur du Montreux Jazz Festival, trouvait la sérénité,…

Au-delà du Haut-de-Caux, c’est la montagne. Ici, l’automne marque déjà son empreinte: les épilobes en épi ne voient plus fleurir que d’ultimes clochettes pourpres de leur tige, les herbes ont séché tout l’été et les ruisseaux sont plus discrets qu’en mai. Dans les prairies à narcisses, blanches au printemps, le jaune des foins a pris le relais du vert des herbes estivales. Jaman: sa dent plantée sur la crête et ce train qui ondule tel un serpent au pied de ces géants de pierre. Un dernier passage sur la crête qui marque la ligne de partage des eaux et le train s’engouffre dans un tunnel pour ressortir presque au sommet, à deux pas des marmottes qui s’activent pour achever leurs réserves: dans quelques semaines, grasses et repues, elles s’endormiront pour l’hiver dans leurs terriers.

En ascenseur vers les dinosaures d'Emosson

Et si l’on évoquait d’autres animaux? Qui voudrait aller à la rencontre des dinosaures? Nul besoin de films hollywoodiens. Il suffit d’embarquer dans le train direction Emosson. Et pour rallier le lac au bord duquel de placides reptiles ont laissé leurs empreintes, plusieurs solutions s’offrent à nous: le Châtelard constitue le point de départ. On y embarque dans un funiculaire qui nous expédie en quelques minutes 700m plus haut, à 1825m d’altitude, aux Montuires. Là c’est un train panoramique aux allures de train miniature qui prend le relais et suit les courbes de niveau jusqu'au pied du MiniFunic, deux cabines à peine plus grandes que des ascenseurs qui se croisent sur des rails en plein décor de montagne. Trois étapes au cours desquelles le massif du Mont-Blanc se dévoile peu à peu. Sur les plus hauts sommets, à plus de 3500m d’altitude, les premières neiges ont déjà été saupoudrées voici quelques jours. En descendant du MiniFunic, on est à 1965m d’altitude: il est temps de faire travailler ses jambes et d’aller à la rencontre des dinosaures, en longeant le lac et en suivant les indications.

La danse des "4000" autour du Cervin

Le Cervin au milieu de ses nuages d'automne, vu depuis Zermatt. (Matthieu Hoffstetter)
Le Cervin au milieu de ses nuages d'automne, vu depuis Zermatt. (Matthieu Hoffstetter)

Cette première incursion en Valais en appelle d’autres. Et si l’on a aperçu là le Mont-Blanc, pourquoi ne pas rendre visite à l’autre sommet mythique des Alpes. Direction Zermatt et le Cervin. Ici, plus la moindre voiture. Dès qu’on quitte Zermatt avec le train du Gornergrat, on entre dans un univers lunaire. Les rares herbes rasent sont soufflées par les rafales de vent. Mais c’est l’aspect minéral qui domine sans partage. Comme si la pyramide presque irréelle du Cervin avait voulu imposer ses teintes à l’ensemble de la vallée.

Au fil du parcours du train, les Alpes Pennines se présentent: 29 sommets se hissent à plus de 4000m d’altitude tout autour de soi. Du Dom des Mischabel (4525m) à la Pointe Dufour, point culminant du massif du Mont-Rose (4634m), c’est une procession majestueuse et impressionnante qui se déroule sous les yeux des visiteurs. Et quand le train arrive au terminus du Gornergrat, à 3089m d’altitude (la plus haute gare à l’air libre en Europe), on plonge quasiment dans l’hiver déjà. Ici, les névés subsistent parfois tout au long de l’été, les glaciers sont à portée de main, quelques rares fleurs s’abritent au creux des rochers, entre deux coussins de mousse. Pour profiter de ces lieux, en dépit du soleil, mieux vaut s’équiper chaudement: les bourrasques de vent peuvent glacer les sentiers.

Ponce Pilate et la faune d'automne

Et si l’on allait au Nord des Alpes pour une dernière idée d’escapade? Direction Lucerne. Mais en tournant le dos au lac, on fait face au Pilate, ce Pilatus des Alémaniques, où Ponce Pilate, qui a ordonné la mise à mort de Jésus est sensé être venu finir ses jours. Selon les anciens de la région, son corps et son âme reposeraient toujours dans un petit lac proche du sommet. Cela a longtemps valu une réputation peu flatteuse à la montagne. Seuls les bergers s’y aventuraient, à la recherche d’alpages verts en plein été. A l’automne, la plupart des troupeaux sont redescendus. Mais vers le sommet, il est toujours possible de croiser chamois et bouquetins, marmottes et aigles, qui profitent des conditions idéales et d’une moindre affluence des visiteurs pour reprendre possession de la montagne. Il n’y a sans doute pas de meilleure saison pour observer cette faune.

Mais aussi pas de meilleure saison pour profiter de la vue incomparable sur les Alpes, depuis ce belvédère sans pareil. Par-delà le Lac des Quatre-Cantons, les crêtes des Alpes se succèdent presque sans fin. En ce début d’automne, la luminosité exceptionnelle offre des panoramas extraordinaires. Et pour atteindre ce sommet, deux solutions: le train à crémaillère ou le téléphérique, selon que l’on souhaite sillonner les alpages et les pierriers ou s’envoler dans les airs face à la paroi.


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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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