Bilan

La sportive à suivre

La splendide heptathlonienne anglaise n’a pas déçu les très nombreux sponsors qui avaient misé sur elle avant les Jeux de Londres. Son avenir s’annonce doré.

Jessica Ennis, c’est l’histoire d’une fille. Une girl next door, sympa, souriante, jolie, pas spécialement grande ni musclée mais dotée de superpouvoirs façon Supergirl. Quasi imbattable dans sa discipline, l’heptathlon (100 m haies, saut en hauteur, lancer du poids, 200 m, saut en longueur, lancer de javelot, 800 m), elle est la poster girl des JO de Londres, en affiche 4x3 dans toute la ville. Pression énorme. Elle gagne. Médaille d’or. La voici golden girl, sympa, souriante, jolie, prête à conquérir le monde du sport business. Peu connue chez nous, Jessica Ennis – que vous pouvez appeler Jess – est une star en Grande-Bretagne. A un point tel que l’on n’aurait pas été surpris outre mesure de la retrouver au milieu des Spice Girls au soir de la cérémonie de clôture… Mais « Jess » a préféré s’en retourner à Sheffield (The Full Monty, vous vous souvenez ?), accueillie par 20 000 personnes et son labrador, avant de partir bronzer sur une plage lire Fifty Shades of Grey, le best-seller érotique de l’été qu’elle n’avait pas osé emporter au village olympique.

Le monde attendra bien Jess quelques semaines. Pas davantage. Sous contrat avec Britsh Airways, Adidas, Olay, BP, Aviva, Omega, Jaguar, Powerade, Jessica Ennis, qui fit sa première sortie publique une semaine après son titre en robe Alexander McQueen à l’Omega House, possède le potentiel pour devenir une icône du sport glamour. Selon Clifford Bloxham, senior vice-président de l’agence de management sportif Octagon, la belle peut espérer plus de dix millions de francs de retombées ces trois prochaines années. Plus qu’aucun autre champion olympique britannique. Pourquoi elle ? Après tout, la Grande-Bretagne ayant gagné « assez d’or pour rembourser la dette de la Grèce » (selon le maire de Londres Boris Johnson) et Jessica Ennis n’a rapporté qu’une seule de ces 29 médailles d’or… « Parce qu’elle était jolie, souriante et sûre de gagner », résume un reporter de l’agence Press Association. D’autres l’étaient également, alors pourquoi elle ? « Parce qu’elle était vraiment jolie, vraiment souriante et vraiment sûre de gagner. Miser sur Jess, c’était un placement sans risque. » La belle Jess est aussi plus Anglaise que l’Ecossais Andy Murray (tennis), plus classe que le cycliste Bradley Wiggins et, disons-le, plus blanche que le coureur de fond Mo Farah. Sa peau pain d’épice est juste assez métissée pour incarner le multiculturalisme sans trop segmenter le marché.

Au niveau international, l’athlétisme se cherche un pendant féminin à Usain Bolt. Les sprinteuses américaines sont interchangeables, les Jamaïcaines sentent le soufre, les coureuses éthiopiennes restent des gazelles effarouchées. Jessica Ennis, capable d’intéresser à la fois Time, Marie-Claire et GQ, a tout compris du fonctionnement des médias. « A l’arrivée de sa course, elle offrait systématiquement et méthodiquement son meilleur profil aux différents pools de photographes placés dans le stade, observait l’un d’eux. Seuls un Beckham ou un Federer savent faire ça… » Sera-t-elle capable d’exporter son image hors du stade ? Le fait que, dès le lendemain de sa victoire, les cliniques de chirurgie esthétique anglaise enregistrèrent un boom sans précédent de traitement de la graisse abdominale est un premier élément de réponse.

Crédit photo: Dr

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