Bilan

La route des grandes alpes, un accès direct au bonheur

Le temps apparaît comme le luxe ultime et paradoxal d’une période qui a fait de la vitesse une finalité. Prenons-le pour savourer une escapade qui emprunte un itinéraire mythique – du Léman à la Méditerranée – et tutoie le paradis.
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  • Crédits: Pierre Witt
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Un chemin de traverse? Assurément, au sens propre et figuré. Si les compagnies aériennes low-cost proposent aujourd’hui de rejoindre la Grande Bleue en un battement d’ailes et au prix d’une pizza – entassé il est vrai comme des moutons dans une bétaillère – redécouvrir le bonheur de la flânerie le long d’un itinéraire aussi historique que mythique vaut son pesant d’or.

Près de 700 kilomètres, 16 cols dont le plus haut culmine à 2764 mètres, quatre grands parcs naturels, voilà qui fait de la route des Grandes Alpes un tracé unique, de Thonon-les-Bains à Menton. Imaginée par le Touring Club de France en 1909, elle rencontre le soutien inattendu de l’armée, elle aussi désireuse de disposer de nouvelles voies de transport alpines, pour des raisons moins frivoles il est vrai.

Le tracé évolue au fil du temps et au gré de réalisations rendues possibles par des travaux parfois titanesques. Il fait tout d’abord le bonheur des cyclistes, puis celui de touristes – 25 000 par été dès 1919! – empruntant les lignes régulières d’autocar. La concurrence de la fameuse route Napoléon ouverte en 1932 et le ralentissement dû à la Seconde Guerre mondiale portent cependant un coup d’arrêt fatal au développement de l’itinéraire alpin. Dès lors, signe de son inéluctable déclin, la route n’est plus promue pour le rêve qu’elle distille le long de ses interminables lacets, mais uniquement dans un objectif de desserte locale.

La mode se démode, et ce qui semblait appartenir au passé revient en force. Dès 1992 en effet, la route des Grandes Alpes connaît un regain d’intérêt marqué, avec à certaines périodes une fréquentation très… touristique! Bien choisir les dates de son périple – le Tour de France en emprunte souvent quelques cols, avec les désagréments que l’on imagine – et son parcours – nulle nécessité d’emprunter la fameuse route du début à la fin – revêt ainsi la plus haute importance, d’autant qu’elle n’est ouverte en totalité qu’entre juin et septembre, en raison de l’enneigement.

Tout au long des quelque 15 713 mètres de dénivelé, le paysage défile sans monotonie aucune. La nature se fait tantôt accueillante, avec de vastes étendues de forêt et d’alpages verdoyants, tantôt hostile et rude, avec d’immenses champs minéraux couverts de pierres, aux accents lunaires. La longueur des étapes dépend de l’endurance, du temps – encore lui! – à disposition et des envies de chacun.

A ne pas manquer cependant, l’Iseran – le plus haut col routier des Alpes et certainement l’un des plus beaux – qui culmine à 2764 mètres et qui offre un panorama grandiose! Sans oublier également une portion de légende, celle qui emprunte le Télégraphe (1566 mètres) et le Galibier (2645 mètres): lacets interminables et spectacle garantis!

Passé Briançon, de somptueuses forêts de mélèzes signalent le basculement vers un climat plus sec, prélude au climat méditerranéen. La dernière portion de la route réserve encore de belles surprises aux amateurs de sport automobile, avec des noms évoquant de mémorables exploits réalisés lors de rallyes légendaires. Le fameux col de Turini, notamment, monstre sacré du Monte-Carlo, renvoie ainsi aux plus grandes heures de la compétition automobile.

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Sébastien Ladermann

FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

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Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

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