Bilan

La chemise sur mesure, le basique de l'été

Chemises et chaussures partagent un point commun, celui de renseigner sur l’attention que porte leur propriétaire à son vestiaire. Car dans un cas comme dans l’autre, certains s’en tiennent à une fonction purement utilitaire, alors que d’autres y voient l’occasion d’afficher leur amour du beau et du bien fait.
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Appartenant autrefois à l’univers du sous-vêtement, et ainsi peu considérée parce que cachée, la chemise a progressivement gagné en visibilité. Au point de constituer - aujourd’hui plus qu’hier - une pièce à part entière au sein du vestiaire masculin. Un produit industriel aux finitions approximatives ne partage que bien peu d’attributs avec une réalisation de qualité. Sans parler du fameux sur-mesure, un terme désormais à la mode qui n’offre toutefois pas toujours la garantie d’un article irréprochable.

Pour bien comprendre les coulisses d’une fabrication exigeante, cap sur Pantin, dans la banlieue nord-est de Paris. C’est là que se situe l’atelier « chemises sur mesure » de la célèbre maison sise au 24, rue Faubourg-Saint-Honoré, Hermès. Onze artisans spécialisés y travaillent dans un silence studieux, mais tout débute en réalité bien en amont de l’atelier, dans l’une des neuf boutiques qui proposent au niveau mondial ce service exclusif.

1500 références disponibles

Le chemisier tailleur détaille lors d’un premier rendez-vous l’anatomie de son client à travers une prise de mesures en treize points. C’est sur cette base qu’un patronage réalisé en papier kraft permet la confection d’une toile d’essayage.

Le tissu choisi parmi les 1500 références disponibles - préalablement lavé en machine afin qu’il ne rétrécisse plus - passe entre les mains expertes d’un premier artisan qui le coupe, en tenant compte des éventuels motifs pour qu’ils soient raccord au montage. Les différentes pièces composant la chemise sont ensuite transmises au poste suivant qui les assemble à la machine, seule et unique étape mécanisée.

La question du col

Vient enfin l’ultime phase, la plus longue. C’est là que tous les détails, visibles ou non, procurent au produit tout son raffinement. Au niveau du col, une suite de points en biais réalisés à la main permet de rabattre l’étoffe avec discrétion, sans apparaître à l’extérieur. Les rabats de la manche, cousus de la même manière, assurent à l’emmanchure sa souplesse, tout en restant plats. Quant à la triplure du col, dont la rigidité peut être choisie par le client, elle est confectionnée de manière à épouser parfaitement la courbure du cou.

Une telle chemise en coton nécessite ainsi au minimum onze heures de travail. Une réalité qui restreint la production totale à moins de 1000 exemplaires par an, tous uniques. Privilège exclusif qui demande à qui souhaite en bénéficier de la patience. Dix semaines au minimum pour enfiler la première chemise, huit supplémentaires pour le solde de la commande après qu’une période de port ait confirmé le confort souhaité.

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Sébastien Ladermann

FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Lui écrire

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

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