Bilan

La vie en rosé

Avec sa marque M­-G Rosé, Aline Gutowski s’impose dans l’univers merveilleux du vin rosé.

Aline Gutowski

Crédits: © MG-Wines

Alors que le soleil nous fait timidement l’honneur de sa présence, les terrasses refont enfin leur apparition pour le plus grand bonheur des clients avides de retrouvailles. Difficile de ne pas s’enthousiasmer à l’idée de se rassembler autour d’apéritifs colorés en sirotant un verre de rosé. La seule évocation de cette scène, associée à un quotidien trop longtemps mis de côté, est un motif de réjouissance. Les parasols se déploient, les seaux à glace se remplissent, les tapas se grignotent et le rosé coule de nouveau à flot.

Avec ses initiales de couleur noire estampillées M.G. sur une étiquette fond blanc, le Côtes-de-Provence rosé d’Aline Gutowski dénote et détonne. Cela fait déjà 5 ans que ce petit bout de femme au caractère bien trempé séduit le palais des Romands avec son élixir désaltérant tout droit sorti des terres de Marcel Pagnol. Malgré la forte concurrence, rencontre avec une personne engagée et fière d’être parvenue à se frayer un chemin dans l’univers d’une des boissons les plus en vogue de l’été.

MG Wines
© MG-Wines

Finance et retour vers le Sud

Native de Cannes, Aline Gutowski quitte la Croisette et s’installe sur les rives du Léman pour suivre ses études. Après quatre ans de vie estudiantine, elle décroche un Master à la Faculté des hautes études commerciales de Lausanne (HEC) et rencontre simultanément son futur mari. «La Suisse m’a permis de découvrir un côté international que je n’avais pas dans le sud de la France». Forte de ses études, elle décroche un poste au sein du département des produits structurés d’une banque d’investissement. «J’ai été engagée en pleine crise des subprimes; j’ai dû m’adapter rapidement et me débrouiller par moi-même», se remémore-t-elle.

Son désir de renouer avec le sud de la France lui fait apparaître le vin comme une évidence salvatrice. N’étant pas issue d’une famille de vignerons, Aline découvre rapidement qu’elle manque de crédibilité aux yeux des gens qui l’entourent. «Les premières années de développement ont été très difficiles. Il fallait que je prouve ma légitimité». Loin de baisser les bras, l’entrepreneuse en devenir s’accroche, quitte le monde bancaire confortable et part à la conquête d’un produit qui la fascine.

Aucun doute, il fallait que son rosé soit un Côtes-de-Provence. Mettant sa peur de côté, elle fonce tête baissée dans ce projet. Tout débute par une rencontre avec un technicien viticole qui l’accompagne dans sa recherche parcellaire. Plutôt que de se focaliser sur un lopin de terre, Aline prend le pari plus contemporain de chercher le bon équilibre entre les différents cépages correspondant aux différents types de terres régionales.

M-G Wines
© M-G Wines

Foulant les sols argilo-calcaires ou schisteux, elle parcourt les massifs des Maures en quête de la meilleure adéquation entre les cépages phares du rosé comme le grenache, le cinsault, la syrah ou encore le rolle. «Je souhaitais absolument garder les caractéristiques fruitées et légères typiques des Côtes de Provence tout en challengeant la palette aromatique avec un peu plus de rondeur et de complexité».

Confiance des grandes tables

Pour le plus grand bonheur d’Aline, le premier millésime sort en 2016 et, très vite, les bouteilles de la Maison Gutowski se retrouvent aussi bien sur les nappes blanches des grandes tables gastronomiques que sur les cartes de vin des restaurants festifs. Philippe Chevrier au Domaine de Châteauvieux, Jocelyn Vernier sommelier à l’hôtel des Trois Couronnes à Vevey, Jérome Aké Bédat à l’Auberge de L’Onde ou encore Eric Simonin à La Potinière et Fabian Affentranger Chez Calvin à Genève lui font tous confiance.

Une réussite fulgurante pour celle qui évoluait il y a encore peu au sein d’une salle de marchés financiers. «Pas besoin d’un château pour faire un bon rosé de Provence. Je n’oublie pas que je n’y suis pas arrivée toute seule. Maintenant, j’ai confiance en mon produit».

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Edouard Amoiel

Chroniqueur culinaire

Lui écrire

Petit-fils de restaurateur, fils de marchand de vins, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, chroniqueur culinaire pour le journal Le Temps et pour mon site Amoiel.ch, épicurien, aussi gourmand que gourmet, hédoniste, poète… l’idée d’écrire sur la gastronomie m’est apparue comme une évidence.

Ma démarche est avant tout de mettre en valeur et de faire découvrir des chefs, des restaurateurs, des producteurs et des créateurs. qui se donnent corps et âme à leur métier.

Alors, rejoignez-moi dans cette aventure culinaire truffée de gourmandises, de surprises et de plaisirs.

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