Bilan

La Tesla Model 3 vaut son prix

La petite sœur de la Model S est une proposition plus qu’honnête pour avoir à la fois autonomie, puissance et luxe. Seule inconnue: la durée de vie réelle des batteries lithium.

Tesla Model 3.

Crédits: DR

Conduire la Tesla Model 3, c’est faire connaissance avec la petite sœur du modèle S, avec quasi tous les avantages, mais pour moitié prix ou presque. Là où la «S», plus puissante, s’envole de 0 à 100 km/h en à peine 2,6 secondes tel un vaisseau spatial, la cadette – de longueur inférieure: 4,69 m contre 4,98 m – nous fait vivre une sensation de type rodéo en bondissant en 3,4 secondes avec insouciance. 

La Model 3 se vend à partir de 48 200 fr., contre un premier prix à 92 100 fr. pour la S. En matière d’autonomie d’énergie, la 3 a peu à envier à son aînée: avec la possibilité de rouler 415 km (premier prix) avant de recharger, et jusqu’à 530 km (pour la version grande autonomie, à 10 000 fr. de plus), elle s’en sort bien face aux variantes S qui offrent 450 km au premier prix et 630 km (pour 10 000 fr. de plus). 

Les deux sœurs disposent de tractions avant et arrière grâce à leur système «transmission intégrale dual motor», ce qui en fait de très stables quatre-roues motrices. L’intérieur de la 3 se veut luxueux, avec cuir synthétique et coutures apparentes, toit en verre teinté panoramique (mais pas encore amovible). Pour seul tableau de bord, un écran d’ordinateur 15 pouces, épuré et intuitif. Les commandes centralisées règlent tout: le volant (hauteur, mode confort ou sport), les rétroviseurs, les sièges. On peut surveiller l’état de la batterie, planifier les prochaines recharges, avoir une visibilité arrière précise. En programmant toutes les fonctions à son goût depuis l’ordinateur central, qui donne aux mélomanes un accès à Spotify, on atteint une personnalisation et un confort optimal. Sur Google Maps affiché à l’écran et qui sert de GPS, on peut localiser tous les superchargeurs à proximité, ces bornes de recharge ultrarapide.

Pour seul tableau de bord, un écran d’ordinateur 15 pouces, épuré et intuitif. (Crédits: Tesla)

Bien des tests effectués sur la Model 3 vantent la performance de sa batterie, la puissance de sa recharge, qui sera encore améliorée d’ici l’an prochain. Mais demeure la question de savoir quelle est la durée de vie réelle des batteries lithium, et si la performance se maintient dans le temps ou décline et nous laisse avec des batteries qui se vident de plus en plus vite, comme on a pu l’expérimenter avec les smartphones ou les laptops. Dans le cas des voitures électriques, les prévisions sont meilleures, en théorie. Si on postule 1500 cycles de décharge/recharge tous les 300 km, il semble que le kilométrage potentiel puisse atteindre sur papier un surréaliste 450 000 km; mais c’est compter sans l’altération des batteries avec le temps, et à force de rouler par temps froid avec chauffage, ou par temps chaud avec climatisation, s’arrêter et redémarrer fréquemment ou autres sollicitations propres à dégrader la batterie.

Sans autopilote

Un avis très personnel: éviter l’autopilote, à savoir le système d’aide à la conduite intelligente, surtout si on compte l’enclencher à plus de 100 km/h sur l’autoroute et lâcher le volant. Un rapport américain publié à la suite d’un accident mortel impliquant une Tesla Model 3, qui a foncé dans un camion en mars dernier en Floride, a montré que l’autopilote était activé et que le conducteur n’avait pas les mains sur le volant. D’après les vidéos, ni le conducteur ni les aides à la conduite n’ont effectué de manœuvre d’évitement.

La Model 3, qui allie un nombre inédit de qualités, peut être commandée sans les options de pilotage automatique. Et on la choisira de préférence en version grande autonomie. 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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