Bilan

La renaissance du champagne rosé

Le champagne rosé séduit une nouvelle génération de gastronomes qui le dégustent désormais volontiers tout au long d’un repas.

(Crédits: Charles Lafon)

Depuis longtemps, le champagne rosé a été, à tort, associé au glamour, à la boisson des amoureux, réservé aux grandes occasions romantiques. Quelque peu boudé par la gent masculine, il revient en force avec une production qui a augmenté de 5 à 10% du volume total de champagne en 15 ans. Ce vin a une véritable place à prendre dans l’univers de la gastronomie, estiment de nombreux experts : « Au début, pendant, à la fin ou sur tout le repas, grâce à sa verticalité, le champagne rosé accompagne à merveille un repas gastronomique », explique Fabien Mene, instructeur sommelier à l’Institut des hautes études de Glion. De par leurs raisins rouges, les champagnes rosés apportent une certaine complexité et ossature au vin. Ainsi, il plaît de plus en plus aux amateurs à la recherche d’accords gastronomiques. « L’augmentation de la demande est surtout liée aux qualités mêmes du rosé et à sa polyvalence, car il se marie à la perfection avec les mets qu’il accompagne », surenchérit Benoît Gouez, maître de cave de la plus grande maison de champagne, Moët & Chandon, à Epernay.

Ainsi, on voit apparaître de plus en plus de champagnes rosés sur les cartes de vin des grandes tables, provenant de vignerons indépendants et de grandes marques établies, dont la plupart des rosés sont nettement supérieurs à leur champagne blanc, estime le sommelier Tzvetan Mihaylov, ambassadeur de champagne 2011. « Il s’agit d’un vin haut de gamme qui mérite d’être découvert. Souvent les gens s’imaginent que c’est un vin « féminin » et sucré, alors que ce n’est pas le cas. Certains des plus grands champagnes sont des champagnes rosés », ajoute celui qui est également importateur de champagnes à Neuchâtel. Le chef de cave de Moët & Chandon Benoît Gouez a également beaucoup développé les nectars à bulles rosés ces 15 dernières années. Désormais, les quatre champagnes rosés – deux extra bruts, un brut et un demi-sec – représentent 20% de leur production totale de champagne (et 40% du volume total de champagne rosé consommé dans le monde). L’expert a également baissé le sucre à 7%, atteignant le même dosage que les champagnes bruts afin d’en faire un véritable vin pour des moments d’exception.

« L’augmentation de la demande est surtout liée aux qualités mêmes du rosé et à sa polyvalence, car il se marie à la perfection avec les mets qu’il accompagne» Benoît Gouez, maître de cave Moët & Chandon, à Epernay

Accords mets-vins

En raison de sa couleur, le champagne rosé est un vin d’accompagnement parfait avec de la viande rouge (pigeon, canard). « Le roi des vins rosés » est aussi fortement recommandé avec des plats épicés, de la cuisine indienne ou asiatique. Il accompagne également divinement une entrée froide – un carpaccio, un tataki de thon, une tomate-mozzarella ou encore des légumes grillés, explique Benoît Gouez. Par ailleurs, le nectar à bulles se marie très bien avec des sushis ou des viandes blanches en sauce (poulet, noix de veau). Mais aussi avec les desserts à base de fruits rouges peu sucrés ou un peu acides, tels que le crumble à la rhubarbe.

Pour rappel, le champagne rosé ne date pas d’hier : La Grande Dame de Champagne Veuve Clicquot est connue pour plusieurs inventions, dont le champagne rosé d’assemblage en 1818, explique Tzvetan Mihaylov. Qui conclut : « Il existe deux méthodes d’élaboration du champagne rosé : l’assemblage de vin blanc et de vin rouge, unique en Champagne. Et la méthode dite « rosé de saignée ou de macération ». Selon la méthode, l’âge de la bouteille et surtout selon le cépage dominant, il y aura une grande diversité de profils organoleptiques. »

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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