Bilan

La passion du vin depuis quatre générations

Jean-Luc et Francine Blondel laissent leur fils Louis, 32 ans, reprendre les rênes de leur domaine au cœur de Lavaux. Rencontre avec toute la famille.

La famille Blondel au milieu de ses vignes. De bas en haut: Louis Blondel pose
avec sa mère Francine, son épouse Charlotte et son père Jean-Luc.

Crédits: François Wavre/Lundi13

C’est au cœur de Lavaux, avec vue plongeante sur le lac et des vignes en terrasses que se trouve le domaine Blondel. A sa tête, Jean-Luc Blondel et son épouse Francine, née Duboux, gèrent la cave et les 7,5 hectares de vignes depuis toujours. Avant eux, 3 générations pour Jean-Luc et pas moins de 16 générations pour la famille Duboux ont œuvré dans le secteur viticole. Aujourd’hui, c’est au tour de Louis Blondel, 32 ans, et de son épouse Charlotte de reprendre le flambeau. 

Louis a suivi un apprentissage de trois ans à l’Ecole d’agriculture de Marcelin à Morges (VD), dont deux ans en Suisse alémanique, puis a étudié à la Haute Ecole de viticulture et œnologie à Changins (VD) avant d’aller travailler dans un domaine
en Russie. Au domaine familial, il entend mettre sa patte et amener un nouveau souffle dans la conception des 14 crus proposés et des cinq appellations – Villette, Epesses, Dézaley, St-Saphorin et Calamin. Leur produit phare: le chasselas qui représente 85% de leur production (75 000 bouteilles environ) provenant en partie d’Epesses et du Dézaley. Leur cuvée prestige est vinifiée dans une cuve en forme d’œuf où le vin subira les champs magnétiques de la terre. «Le vin se comporte
de la même façon qu’en barrique mais sans l’apport du bois», précise Charlotte Blondel qui s’occupe de l’administration et de la communication du domaine. 

Qu’en est-il de la production en bio? «Nous suivons la charte du développement durable dans ses exigences tant au niveau de la production de raisins qu’au niveau de la vinification», commente Louis Blondel. Même si le domaine utilise le moins d’intrants chimiques possible, il est difficile de travailler 100% en bio sur ces parcelles. Cependant, toutes les vendanges se font à la main et la mise en bouteilles est réalisée juste après la Pleine Lune afin de favoriser la filtration des jus. Les crus ont, en effet, tendance à évoluer moins rapidement si l’embouteillage
se fait durant la Lune descendante. «Nous essayons toujours de programmer nos actions dans la cave selon le calendrier lunaire, explique Jean-Luc Blondel. Tout comme dans la vigne, même si la famille reste tributaire du temps. Le vigneron ne peut pas faire abstraction de la nature.» 

Des blancs «bluffants»

Aujourd’hui, le patriarche a décidé de se retirer un peu et de transmettre son savoir-faire en douceur, même si les vins produits restent «ses bébés». Il a même un coup de cœur pour La Perle, un Epesses déjà produit par son père, qui est sorti premier aux Lauriers de platine avec le millésime 2010. «C’est la star de notre gamme.» Ancien guitariste amateur et fan de jazz, il cite aussi le Jam Session, assemblage de rouges dont le nom est inspiré du monde musical. 

Jean-Luc Blondel continue de parcourir la Suisse, notamment la  région outre-
Sarine pour vendre ses vins. Le Dézaley s’exporte même jusqu’au Japon, pays fan de certains vins blancs suisses. Et qu’en est-il du millésime 2018? «Il est exceptionnel», raconte Jean-Luc, qui s’incline devant son fils: «C’est la première année où j’ai aussi peu travaillé à la cave. Et je dois dire que le vin n’a jamais été aussi bon. J’étais sceptique par rapport à la qualité des blancs à cause de la sécheresse de l’an dernier, mais après la dégustation, j’ai été bluffé par leur caractère.» Outre le fait qu’il soit lié au climat, le résultat reflète probablement la nouvelle stratégie familiale: celle de faire place à la nouvelle génération.

Domaine Blondel, chemin du Vigny 12, 1096 Cully; tél. +41 21 799 31 92;
www.domaine-blondel.ch


Les trois soleils de Lavaux

Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007, le vignoble de Lavaux s’étend sur 830 hectares (Vaud répertorie 4000 hectares de vignoble) et englobe dix communes. Ses trois AOC (Lavaux, Calamin et Dézaley) bénéficient d’un microclimat dû à l’inclinaison des sols et au fait que la région compte trois soleils: le vrai, le lac agissant comme miroir géant et les murs qui captent la chaleur des rayons. 

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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