Bilan

La nouvelle garde de l’art suisse

Ils viennent de Genève, Lausanne, Zurich ou Bâle. Et depuis quelques mois, leurs œuvres rencontrent un succès qui dépasse les frontières nationales. Portrait de quatre artistes suisses promis à un bel avenir.

(Crédits: Dr)

Thomas Mustaki – Lausanne

Du haut de ses 29 ans, Thomas Mustaki est déjà considéré comme l’un des plus talentueux représentants de la scène artistique contemporaine suisse. Ses peintures instinctives et brutes explorent la condition humaine dans ce qu’elle a de plus viscéral. Sans détour, ni concession comme nous le rappelle l’artiste lausannois : « Cela me coûte de peindre, c’est une démarche douloureuse basée sur l’introspection. J’y donne une partie de mon âme. C’est donc logique pour moi de vivre comme un ermite et de travailler dans l’ombre. » Cette obsession de la pratique picturale, Thomas Mustaki la connaît depuis plus de quinze ans. Dans son appartement lausannois transformé en atelier, ses personnages élusifs et tourmentés ondoient presque sur les murs. Et puis, un jour, ils s’en vont vers d’autres cieux. A la faveur d’une vente aux enchères chez Christie’s ou d’une exposition à Shanghaï, Berlin ou Milan. « Mon art, c’est toute ma vie. Cela me rend heureux de toucher un public de connaisseurs. Je suis un autodidacte qui essaie, jour après jour, de communiquer avec ses pinceaux, c’est aussi simple et compliqué que cela. Peindre, c’est avant tout un soulagement. Une magnifique occasion de coucher mes émotions. » www.thomasmustaki.ch

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(Crédits: Dr)

Louisa Gagliardi – Zurich

Graphiste de formation et diplômée de design, Louisa Gagliardi appartient au cercle très fermé des étoiles montantes de l’art numérique. Une artiste sans pinceau qui expose ses œuvres aux quatre coins du globe : « Je viens d’inaugurer mon expo « Wishful Thinking » à Shanghaï chez Antenna Space ainsi qu’une autre de groupe intitulée « This Sacred Vessel » à New York au sein de l’Arsenal. En 2021, je serai également présente chez Rodolphe Janssen à Bruxelles. » Un cosmopolitisme que Louisa Gagliardi revendique: «Pour être honnête, depuis le début de ma carrière, j’ai toujours eu davantage envie de travailler à l’étranger plutôt qu’en Suisse. » Habile mélange de nouvelles technologies et de portraiture classique, ses peintures figuratives réalisées sur Photoshop et montées sur cadre lui permettent de vivre de son art digital. Preuve supplémentaire de son parcours artistique prometteur, elle a obtenu le Prix Culturel de la Ville de Sion en 2019. Une reconnaissance locale pour une artiste résolument internationale.

www.louisagagliardi.com

Louisa Gagliardi (Crédits: Dr)

Mathias Pfund – Genève

Le principal fait d’armes du jeune plasticien genevois Mathias Pfund est d’avoir réalisé une sculpture géante en forme de clitoris. Installée en 2017 sur un giratoire neuchâtelois, l’œuvre a très rapidement suscité la polémique. Quitte à éclipser momentanément la richesse des sculptures organiques abstraites de cet artiste qui clame son goût pour la liberté. Une liberté qui lui permet de mener sa carrière à un rythme constant, mais légèrement nonchalant : « Mon indépendance est essentielle. Je n’ai que 28 ans, donc je ne me mets aucune pression. Les projets me viennent naturellement, je vais bientôt exposer à Paris et à Londres. » Son inspiration, Mathias Pfund la puise dans ses balades, ses rencontres et surtout ses moments de contemplation. Touché par une forme, le processus artistique peut enfin commencer : « Je garde à l’esprit le plaisir de la création. C’est un travail identitaire qui ne provoque aucune souffrance en moi. » Des statues de Rocky Balboa en passant par des mascarons de fontaine, Mathias Pfund virevolte avec talent.

www.mathiaspfund.ch


Selina Baumann se consacre entièrement à la céramique. (Crédits: Dr)

Selina Baumann – Bâle

C’est durant ses études que Selina Baumann fait une rencontre déterminante. Non pas avec un artiste ou un courant artistique, mais avec une technique ancienne, la céramique. Depuis, cette romance n’a pas pris une ride : « Tout mon travail tourne autour de la céramique. J’adore cette technique car elle me ressemble, lorsque le travail est terminé, on ne peut rien y changer, il y a un aspect définitif qui me fascine. Mes sculptures peuvent être figuratives, décoratives, abstraites ou architecturales, cela dépend de mon intuition du moment. Elle peut me quitter plusieurs semaines et soudain, au milieu de la nuit, je me lève pour créer car une idée m’est apparue. » Lorsque l’on évoque ses ambitions, la sculptrice regarde en direction du nord : « J’ai eu l’honneur d’exposer à la Kunsthalle de Bâle ou au Kunstmuseum d’Olten. Mes prochains projets sont prévus en Allemagne et aux Pays-Bas. Le problème avec mes pièces, c’est qu’elles sont encombrantes et lourdes. Cela nécessite donc des transports compliqués. Mais aussi un grand atelier pour créer. Ce n’est pas le choix le plus facile, mais c’est celui qui me plaît. » Et qui semble également plaire à son fidèle public et au milieu artistique. Pas étonnant dès lors qu’elle ait obtenu à deux reprises, en 2014 et 2015, le prix Kiefer Hablitzel Göhner ainsi que le Kunstpreis Riehen l’an dernier.

www.selinabaumann.com

(Crédits: Dr)

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