Bilan

La Mille Miglia Storica : une aventure inoubliable !

Disputée en Italie sur routes ouvertes entre 1927 et 1957, la Mille Migla était historiquement l’une des courses automobiles les plus célèbres du monde. Aujourd’hui, le rallye réservé uniquement aux voitures de collection est l’un des événements les plus prestigieux d’Italie. Bilan Luxe a fait la compétition. Récit.

  • Scuderia Chopard avec Jacky Ickx, pilote automobile belge

  • Alfa Romeo 1900 C Super Sprint Touring

    Crédits: Dr
  • OSCA MT4 Valentini de 1953

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  • Ambiance à Siena

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  • Bentley 3 litres

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  • Alfa Romeo 1900 C Super Sprint Touring

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  • Piazza della Vittoria avec le Villagio 1000 Miglia

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La Zagato Fiat 1100 E Berlinetta de 1954 sur la Piazza della Vittoria à Brescia. Passage pour la « Ponzonatura » (poinçonnage). Dernière procédure du contrôle avant le départ. (Crédits: Dr)

L’exploit sportif nous paraissait impossible, nous, pilotes novices et conductrices de simples berlines, voire de vélo électrique par beau temps. Ainsi, parcourir l’Italie de Brescia à Rome – et retour pour les plus téméraires –, soit près de 1600 kilomètres à bord d’une Zagato Fiat 1100 E Berlinetta de 1954 nous apparaissait aussi insurmontable que de voler sans licence de pilote au-dessus des Alpes. Car, oui, au risque de décevoir les fervents défenseurs de véhicules anciens, cette voiture, certes aux lignes pures et élégantes, ressemble plus à une caisse à savon dotée d’un moteur qu’à un engin tout-terrain ultraconfort et facile de conduite dont nous sommes accoutumés depuis des décennies maintenant.

Notre véhicule, esthétiquement très joli, est un modèle en série limitée qui ne comporte bien évidemment ni ceinture de sécurité, ni volant assisté, ni aucun gadget habituel qui pourrait paraître aujourd’hui, avec un peu de recul, quelque peu superficiel. Avec des freins capricieux, il a fallu, afin de ne pas finir hors de la route – ce qui arriva presque deux fois –, solliciter notre concentration, notre agilité, notre mental et notre physique. Idem pour notre copilote qui devait non seulement nous assister, mais aussi suivre le roadbook et lire les panneaux de signalisation sur les routes. Car oui, contrairement à ce que certains peuvent penser, l’effort physique est intense. 

A la fin d’une journée de conduite, nous sentons l’effort fourni par nos bras, notre dos, nos jambes et nos abdominaux. Sans compter une certaine fatigue intellectuelle, puisque nous n’avons plus l’habitude de nous concentrer durant une si longue période. Toutefois, conduire à toute vitesse dans des cols, sur de petites routes, au milieu de villages historiques de la Péninsule italienne nous a donné de l’adrénaline. Saluer les habitants des provinces qui vous applaudissent, vous bénissent et vous encouragent nous a procuré de l’émotion. Déroger aux règles de la route en coupant les lignes blanches, en grillant les feux rouges, voire en conduisant en sens inverse escortés par des policiers à moto nous a apporté de la puissance. Se mettre en concurrence avec les autres pilotes chevronnés et passionnés nous a suscité de l’ambition. Eh oui, au fond de nous nous rêvions nous aussi de gagner la course, même si l’objectif de ce rallye de régularité est avant tout de participer à un événement mythique, d’admirer les belles mécaniques, de profiter de paysages magnifiques et de jouir d’une ambiance générale unique.

Karl Friedrich Scheufele et son copilote Jacky Ickx lors d’une précédente édition de la Mille Milgia. (Crédits: Dr)

De Brescia à Rome et retour

Même si cette année fut particulière étant donné la situation sanitaire mondiale, la Mille Miglia Storica a attiré plus de 700 participants, soit environ 354 équipages provenant de 31 pays. Parmi eux, des familles de la bourgeoisie italienne, des collectionneurs d’automobiles anciennes, des milliardaires et autres stars du moment. Chaque année, les organisateurs sélectionnent les véhicules qui pourront faire la course. Ces derniers ont l’obligation d’avoir participé au moins une fois à l’originelle Mille Miglia entre 1927 et 1957. Il faudra ensuite débourser 9000 euros par équipe pour faire partie de l’aventure.

Le départ de la Mille Miglia a eu lieu à Brescia, Viale Venezia, le jeudi 22 octobre. Le cortège des voitures d’époque a traversé les paysages du lac de Garde, de Mantoue, Ferrare et Ravenne pour terminer la première journée de la course à Cervia-Milano Marittima. Le lendemain, réveil à 6 heures du matin et direction Rome, sous un brouillard épais, où nous arriverons à 23 heures, soit après plus de seize heures de conduite environ. Alors que notre voyage s’est arrêté dans la Ville éternelle, les plus téméraires ont repris la route le lendemain au petit matin, sous la pluie, pour retourner au point de départ, Brescia.

Le team Chopard, Chantal de Senger et Annette Heuer (Crédits: Dr)

Même si nous inhalons pas mal de gaz d’échappement durant la course, ce rallye a été vécu par beaucoup comme une véritable bouffée d’oxygène en cette période de crise sanitaire. Les participants, les bénévoles, les spectateurs étaient heureux de participer à un événement qui fait la fierté de l’Italie, patrie des voitures de prestige et de sport. Ces dernières font en effet partie intégrante de leur patrimoine. La Péninsule n’est-elle pas à l’origine des plus beaux véhicules de grandes marques, à l’instar de Ferrari, Lamborghini et Maserati? Sans compter bien sûr les voitures de sport avec Fiat, Alfa Romeo ou encore Lancia. L’Italie continue de figurer parmi les cinq premiers constructeurs automobiles mondiaux, Fiat dominant l’industrie grâce à une production globale de 90%.

Chopard partenaire historique de la Mille Migla

La maison genevoise est le partenaire principal et le chronométreur officiel de la célèbre course d’endurance depuis 1988. C’est grâce à elle qu’elle a pu perpétuer la tradition, réservée aujourd’hui aux voitures de course de collection. Karl-Friedrich Scheufele, coprésident de Chopard, est féru de l’univers automobile classique. Il possède une grande collection de véhicules anciens, dont une ancienne Mercedes-Benz ayant appartenu au pape Pie XI. Il a ainsi lancé une collection de montres Classic Racing qui tissent un lien entre ingénierie automobile et horlogerie mécanique. Chaque année, Chopard crée une édition limitée de 1000 montres Mille Miglia au style vintage, sportif et élégant, à l’image de la course dont elle s’inspire.

C’est la première année depuis plus de trente ans que Karl-Friedrich Scheufele n’a pas participé à la course. Habituellement, il court avec son meilleur ami, le pilote automobile belge Jacky Ickx, qui fait office de copilote. Quelques années plus tôt, son père, son épouse et sa fille ont également participé au célèbre rallye. Une histoire de famille en quelque sorte, pour ses aficionados de carrosses anciens.


(Crédits: Dr)

Chopard a présenté son nouveau chronographe Mille Miglia Race Edition créé expressément pour cette nouvelle édition de la Mille Miglia. Disponible en 250 exemplaires, d’un diamètre de 42 mm en acier inoxydable DLC microbillé et or éthique rose avec cadran et bracelet en cuir noirs, et en 1000 exemplaires entièrement en acier inoxydable DLC microbillé, chacun est équipé d’un mouvement à remontage automatique certifié « Chronomètre ».


Après plus de 45 heures de conduite à travers 245 municipalités italiennes, Silvia Marini et Francesca Ruggeri ont remporté le prix Chopard pour la « Coppa delle Dame », la première équipe féminine à franchir la ligne d’arrivée (en 24e position du classement global) au volant d’une Bugatti T40 de 1929. (Crédits: Dr)

Après plus de 45 heures de conduite à travers 245 municipalités italiennes, Silvia Marini et Francesca Ruggeri ont remporté le prix Chopard pour la « Coppa delle Dame », la première équipe féminine à franchir la ligne d’arrivée (en 24e position du classement global) au volant d’une Bugatti T40 de 1929.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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