Bilan

La Costa Verde, des sentiers forts de café

Aux portes de Rio, un paradis aux teintes émeraude a accueilli dans son histoire autant de pirates, de francs-maçons que de barons du café. Marqués par ce va-et-vient incessant, les pavés de Paraty, ancienne ville coloniale, et les palmiers impériaux des montagnes murmurent à qui veut l’entendre ce passé haut en couleur.

  • Entre Sao Paulo et Rio de Janeiro se dresse la jolie ville coloniale de Paraty où se tient chaque année un festival de littérature, une étape incontournable...

  • Blotti entre la forêt et une superbe plage de sable, ce resort brésilien jouit d’un cadre exceptionnel au cœur de la réserve de biosphère de la Mata Atlântica.

    Crédits: Dr
  • Crédits: Oliver Pilcher

Les voiles de la goélette se gonflent. Affublé d’un large sourire, le capitaine, une version brésilienne et sucrée de Corto Maltese, pointe du doigt la terre promise. La plage Lopes Mendes de l’Ilha Verde (île verte) fait l’unanimité des guides touristiques de la Costa Verde: ses trois kilomètres de sable blanc, ses eaux turquoise avec en toile de fond la riche forêt atlantique qui grimpe jusqu’aux reliefs montagneux. « N’est-ce pas l’une des plus belles plages du monde ? » De bonne humeur, Jorge joue du gouvernail. Il nous fait découvrir une autre pépite: un petit mouillage abrité du vent et des curieux. Ponctuée par des îlots épars, cette grande baie située à moins de deux heures de Rio de Janeiro regorge de criques et d’autres recoins pour s’adonner au snorkeling.

Après une langouste grillée dans la bicoque d’un pêcheur, on s’immisce dans la réserve de biosphère de la Mata Atlântica qui s’étend sur près d’un million d’hectares. Une heure et demie de randonnée en pleine forêt, l’occasion de sympathiser avec la faune et la flore indigènes, un brin intrusive. Le guide frappe de son bâton le sol pour faire fuir d’éventuels serpents avant de pointer du doigt la présence d’un réfractaire. Tout en luttant contre des lianes rebelles, il poursuit : « Cette forêt atlantique bordait les 8600 km de côtes du Brésil avant de céder le pas aux urbanisations massives. N’oublions pas que le Brésil doit son nom à un arbre de cette immense forêt : le pau-brasil. » Le Brésil, pays arbre ? Notre civilisation vorace a réussi un tour de force: faire disparaître l’arbre emblème de cette nation. Tristes tropiques! Notre balade s’accompagne par le ricanement lointain d’un sagouin, ce singe de la taille d’un écureuil qui se déplace en bande. Rien ne saurait effrayer ce délinquant poilu qui se faufile en douce chez l’habitant pour y chaparder une banane.

Une fois au sommet, on troque son short pour un maillot de bain, histoire de se rafraîchir dans un lac naturel à l’eau cristalline. Papillons, grenouilles et tatous complètent la carte postale idyllique. Sur le chemin du retour, le guide énumère les origines de ses collègues et amis: Japonais, Libanais, Syriens, Allemands, Suisses. La population autochtone colonisée jadis par les Portugais se retrouve teintée d’un métissage universel : « La langue indigène a toutefois gardé sa place dans notre dictionnaire: tapioca, tamarin, toucan, jaguar », poursuit le guide. Mais voilà qu’une averse s’abat sur la terre rouge. Dans la course, on hume cette odeur primaire et primale qui vous dilate les narines. Une odeur tropicale pure.

Plage privée, un service privilégié sur mesure, et le confort de l’espace Cinq-Tridents inauguré fin 2016. De quoi craquer pour le Club Med de Rio. (Crédits: Dr)

La Route du café

Alors que la France a sa Route du vin, le Brésil a développé sa Route du café en un nouvel itinéraire qui permet de découvrir le pays loin des sentiers battus. On dénombre 200 anciennes fermes dans l’Etat de Rio. Dans la vallée Do Paraíba, ces fazendas font peau neuve et se tournent vers le tourisme. Au programme, découverte du processus de torréfaction et une randonnée en buffle ou à cheval avant d’engloutir un repas fermier. Ces demeures, à l’héritage colonial, gardent les stigmates d’une vie fastueuse avec des allées bordées de palmiers impériaux.

Les plantations de caféiers supplantent la culture du sucre introduite au XVe siècle par les Portugais. Cette nouvelle semence, originaire de Guyane, débarque au début du XIXe siècle. Elle s’acclimate à merveille dans la vallée humide. Certains propriétaires terriens, déjà enrichis par la canne à sucre, règnent sur des milliers d’hectares. Les esclaves venus d’Afrique ont sué sur ces terres. On leur doit la construction des sentiers menant au littoral, élargis et pavés à la main. Ils facilitent l’acheminement du café pour l’exportation. Sur le chemin du retour, des caravanes tirées par des mules reviennent de Paraty et du port. Elles sont chargées de porcelaine de Limoges, de toilettes de Paris, on retrouve même un piano Pleyel! Ces barons du café prospèrent et ne lésinent pas sur les dépenses. Le but? En jeter plein la vue à leur voisin. Ainsi, ces objets de luxe importés d’Europe, parfois portés à dos d’homme, ornent encore les salons de ces anciennes fermes. Ces barons jouent aussi un rôle important pour l’indépendance du pays en 1822. Dès son couronnement, l’empereur Pedro Ier reçoit leur soutien économique pour consolider son pouvoir. Leur déclin commence par l’abolition de l’esclavage en 1888.

Dernier arrêt: Paraty. On déambule dans les ruelles pavées de cette ville coloniale, une glace de tapioca à la main. Classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1966, cette bourgade coincée entre deux fleuves a su profiter de l’enrichissement des barons du café. Entre deux bougainvilliers, les marques triangulaires des façades révèlent la forte influence des compagnons de la Loge maçonnique. Ces francs-maçons croisaient pirates et contrebandiers attirés par le trafic d’or et du diamant. Aujourd’hui, la ville se distingue par ses activités culturelles, comme son festival littéraire créé en 2003 par Liz Calder, éditrice britannique de la série Harry Potter. L’occasion pour les férus de lecture de croiser au fil des ans Paul Auster, Orhan Pamuk ou encore feu Toni Morrison, Prix Nobel de littérature 1993, qui y avait ses habitudes, une caipirinha à la main.


Infos pratiques

On a craqué pour la plage privée, le service privilégié sur mesure, et le confort de l’espace Cinq-Tridents inauguré fin 2016 au cœur de 11 000 hectares d’une réserve naturelle et écologique. Entre deux sessions de wakeboard et de ski nautique, le Club Med de Rio das Pedras sert de point de départ pour ces excursions et la découverte de Rio: www.clubmed.ch. Si vous avez acheté votre billet à partir du 22 avril 2020, vous pouvez le modifier sans frais, quels que soient la cabine et le type de tarif choisis (Light, Standard ou Flex), sous réserve des disponibilités. Dans le cas contraire, une différence tarifaire peut s’appliquer. Les autres conditions tarifaires de votre billet restent inchangées.

www.airfrance.ch

Eileen Hofer
Eileen Hofer

JOURNALISTE ET CINÉASTE

Lui écrire

Née en 1976 à Zurich. Études en Lettres. 2003: Post-grade en histoire du cinéma. A travaillé comme attachée de presse pour deux festivals de film. Depuis 2005, elle travaille comme journaliste et cinéaste. Elle lance un blog éphémère eileenexpresso.com en juin 2015. L'occasion de croquer ses voyages, raconter ses rencontres.

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