Bilan

L'essor du luxe éthique

Longtemps considéré inesthétique, le chic éthique renverse la tendance et fait aujourd’hui un tabac auprès des consommateurs du luxe.
  • La table à charger: Cette table dessinée par la designer néerlandaise Marjan van Aubel, objet esthétique plutôt réussi, recueille et emmagasine l’énergie de la lumière du jour. Pendant que vous lirez un livre ou écrirez vos e-mails, vous pourrez utiliser votre table pour charger vos appareils. La surface de la table de verre contient des cellules solaires colorées. Basé sur la photosynthèse, le système utilise les propriétés de la couleur pour créer un courant électrique. Contrairement aux cellules solaires classiques, ces cellules colorées n’ont pas besoin de rayonnement solaire direct et sont capables de fonctionner avec une lumière diffuse. Avant-gardiste, cette table est la première du genre à produire de l’énergie tout en respectant l’esthétique de votre salon.www.marjanvanaubel.com

    Crédits: Dr
  • Une planche écolo friendly: Le skate, c’est cool. Mais si sa fabrication est réalisée en adéquation avec l’environnement, c’est mieux et c’est hype. Les skateboards RKM, écolo friendly, sont fabriqués à Anglet, sur la côte basque. En bois d’érable, de la colle sans solvants toxiques, une encre aqueuse pour la sérigraphie. Un projet qui roule pour sensibiliser les ados à l’écologie. www.rekiem-skateboards.com

    Crédits: Dr
  • Barbe à bio: Ne vous fiez pas aux allures new-yorkaises de cette marque, elle vient tout droit de Hambourg. Sur le marché depuis 2013, elle capte l’air du temps. Des produits à la composition ultragreen – malicieusement étiquetés «zéro bullshit» sur les emballages. Des kits antirasage pour laver et fignoler la barbe au cordeau ou pour travailler la chevelure précieuse des messieurs d’aujourd’hui. Les flacons aux airs délicieusement rétro peaufinent cette ligne masculine enfin arrivée en Suisse. C’est beau, c’est sain, c’est chic. www.bklynsoap.com

    Crédits: Dr
  • La performance au naturel: Enlever le superflu, conserver l’essentiel. Mover, la société lausannoise, a mis au point une nouvelle collection selon des critères écoresponsables. Ses vêtements de neige ne demeurent pas moins toujours techniques et exigeants. Mover s’est désormais débarrassée des fibres synthétiques au profit de la laine et du coton. L’extérieur est en gabardine de coton fabriquée en Suisse, l’intérieur en ouatine isolante à base de swisswool Alpaca, de la laine d’alpacas élevés dans les Alpes suisses et produite en Europe. www.mover.eu/fr/

    Crédits: Dr
  • Des sacs costauds et chics: Deux jeunes Américaines, Shira Entis et Alexandra de Bell, cherchaient un sac costaud. Elles voulaient tout: un air vintage et brut mais distingué, une fabrication américaine, mais à l’allure « italienne » ! Comme elles voulaient tout, chaque matériau est dans la mouvance de la consommation durable. Même l’encre de la sérigraphie est à base d’eau et les teintures absolument artisanales. Le résultat n’a rien d’une besace à pique-nique pour chevrier hippie, mais plutôt un sac de baroudeur superélégant. www.fleabg.com

    Crédits: Dr
  • Des baskets pour la planète: Chez Veja, chaque détail compte pour préserver la planète: les matières, bien sûr, les cartons d’emballage, le choix de ne faire aucune publicité afin de rétribuer de manière équitable les producteurs jusqu’à l’acheminement par bateau des marchandises, de Porto Alegre au Havre. Les coûts de production seraient 4 ou 5 fois plus élevés que ceux d’une basket traditionnelle. Mais l’engagement des fondateurs pour la planète, François-Ghislain Morillion et Sébastien Kopp, n’a pas de prix. Basket Veja – www.veja-store.com

    Crédits: Dr
  • La palme d’or des bijoux green: Chopard le prouve depuis plusieurs années: penser au développement durable n’est pas antinomique aux tapis rouges et au luxe prestigieux. Les bijoux Green Carpet Collection allient un savoir-faire précieux de haute joaillerie, de l’or éthique, des diamants certifiés RJC (Responsible Jewellery Council), l’engagement et la créativité de Mme Caroline Scheufele pour que les conditions d’un luxe durable soient garanties. Des bijoux qui méritent une palme!

    Chopard – Green Carpet Collection

    www.chopard.fr/haute-joaillerie/green-carpet-collection

    Crédits: Dr
  • Les tapis aux sept fils: Des tapis tricotés par une coopérative colombienne pour le compte de l’entreprise suisse Ruckstuhl dont le rayonnement international ne faiblit pas, c’est s’offrir prestige et conscience éthique à la fois. Un tapis Maglia, c’est sept fils de fibres végétales typiquement colombiennes tricotés par des femmes indigènes. Au final, un tapis en matière naturelle, éthique, au design suisse. La totale!

    Tapis Maglia – Ruckstuhl AG

    www.ruckstuhl.com/fr/maglia.html

    Crédits: Dr
  • Supercar pour Fangio écolo: 100 km/h en 2,8 secondes et plus de 1000 chevaux. Rien d’inenvisageable pour une supercar. Sauf que la Concept_One de l’entreprise croate Rimac est électrique. Un projet luxueux qui a vu le jour il y a quelques années grâce notamment à l’investisseur colombien Frank Canayet Yepes, amateur de voitures puissantes. Résultat: 700 000 euros la bête de course et plusieurs exemplaires vendus cette année. Une voiture de course qui promet les frissons de la vitesse, mais le bruit et l’odeur en moins.

    Concept_One – Rimac Automobili

    www.rimac-automobili.com

    Crédits: Dr

«Le développement durable est désormais bien loin du bonnet péruvien et des vacances en roulotte », constate Barbara Coignet, fondatrice du salon et de la plateforme 1.618 – Sustainable Luxury. La définition du luxe ne se limite plus au prix aujourd’hui.

« Les belles maisons ont l’impression de posséder des valeurs durables car leurs produits ne sont pas créés pour être jetés et vite oubliés », explique Cécile Lochard, fondatrice de l’agence Citizen Luxury à Paris et auteure du premier livre en France sur le luxe et le développement durable.

« Les créateurs de luxe sont de plus en plus actifs dans le développement durable, mais le public ne le sait pas. Comme si les mots durable ou recyclable étaient de gros mots. Ce qu’elles doivent apprendre, c’est à communiquer et à manier le vocabulaire éthique. » A l’opposé subsiste toujours le « greenwashing », une stratégie marketing qui consiste, pour une entreprise, à se donner une image et une conscience écologiques sans de vrais critères éthiques.

Difficile pour un consommateur de faire la différence! Pourtant, malgré le manque de communication, les critères de sélection du client évoluent, confirme Barbara Coignet : « En 2014, 29% des très riches choisissaient un produit pour sa qualité et son esthétisme, mais également, et c’est nouveau, pour sa capacité de répondre à leur conscience écologique. Il y a cinq ans, ce n’était pas le cas. »

Cécile Lochard poursuit: « Le principal souci des maisons de luxe se situe dans le sourcing de la filière de production. » Les matières précieuses, parfois rares, sont le fondement intrinsèque d’un article de luxe. Mais produire plus et mieux reste-t-il aujourd’hui encore un vœu pieux ? L’éternelle dichotomie entre avoir ou être n’est pas près de s’éteindre. Une des solutions, devenir un acquéreur-acteur, faire sien ce truisme plein de bon sens. De statutaire, le luxe devient conversationnel. Bientôt, il sera éthique.

Sarah Jollien-Fardel

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