Bilan

L’architecture se repense à Venise

La Biennale expose jusqu’à cet automne des réalisations tournées vers le futur, et prône une vision plus humaine et écologique. Rolex a dévoilé son programme de mentorat 2016.
  • Cette œuvre réalisée par Gloria Cabral a reçu le Lion d’Or, récompense suprême de la Biennale.

    Crédits: Reto Albertalli
  • Crédits: Reto Albertalli

La 15e édition de la Biennale d’architecture de Venise, dont Rolex est le principal partenaire, a ouvert ses portes le 28 mai dernier. Des pavillons des Giardini à l’exposition du site de l’Arsenal, l’avant-garde du secteur s’affichera jusqu’à fin novembre. La manifestation se veut une place de dialogue et d’échanges entre architectes, mais surtout sur l’architecture.

«Reporting from the Front»  (Nouvelles du front). Le titre de l’exposition évoque l’action; l’urgence, aussi. Pour Paolo Baratta, président de la Biennale, le souci principal de cette édition est la division croissante entre société civile et architecture. «L’architecture, rappelle-t-il, est l’art par lequel on construit notre monde.» Il s’agit donc de la «mettre en action, comme un instrument de vie sociale et politique».

L’exposition veut faire état de l’urgence de s’engager, avec de nouvelles équipes, avec le public et tous les acteurs possibles, car la définition de l’espace public ne peut se faire de manière individuelle. 

Le curateur de la Biennale, Alejandro Aravena, est un homme de conviction. Le charismatique Chilien, fraîchement couronné du prix Pritzker, entend provoquer des questionnements et des réflexions. Le nombre de visiteurs, dit-il, lui importe peu. Le succès de cette Biennale se mesurera si le public sort de l’exposition plein d’idées et d’enthousiasme. 

Une construction, rappelle Alejandro Aravena, doit prendre en compte la question de la qualité de vie; il ne s’agit pas uniquement d’investissements financiers. Se pose aussi la problématique de la médiocrité et de la banalité de nos cités «en raison de ceux qui, selon le curateur, font uniquement passer l’argent avant les besoins basiques».

 Parmi les nombreuses questions mises en avant lors de cette Biennale, celle du recyclage. Pour Alejandro Aravena, les déchets doivent aussi être estimés en tant que matériaux de construction. On entre d’ailleurs dans la Biennale par une salle réalisée au moyen des déchets – plaques de plâtre et montants de métal – générés par le démontage de la précédente Biennale. 

L’exposition aborde aussi les aspects liés à l’économie d’énergie de construction. Le projet Beyond Bending, fruit d’une collaboration entre des chercheurs notamment de l’EPFZ, du MIT et de l’Université de Cambridge, présente par exemple une voûte constituée de 399 pierres qui tiennent ensemble sans aucun ciment ni mortier. Une réalisation qui est le résultat de plus de dix ans d’études mettant à contribution ingénieurs, designers et artisans. 

Promouvoir de jeunes talents

Concernant le choix des projets, le curateur s’explique: ont été retenus ceux qui contenaient des propositions et des défis nouveaux. C’est ainsi, poursuit Alejandro Aravena, que la Biennale contribue au futur de l’architecture.Et les jeunes architectes en sont les artisans. 

A l’occasion de l’ouverture, Rolex a ainsi dévoilé le tandem 2016 de son programme «Mentor & Protégé». L’architecte britannique David Chipperfield endosse le rôle de mentor et choisit de protéger un Suisse, Simon Kretz. Ensemble, une année durant, ils comptent explorer la question des espaces urbains et susciter une réflexion sur la relation entre architecture et cité. 

Depuis la création en 2002 du programme philanthropique «Mentor & Protégé», Rolex invite des personnalités du monde des arts à épauler de jeunes talents. 

On a vu se succéder de grands noms, parmi lesquels les metteurs en scène Patrice Chéreau et Robert Wilson, l’artiste Anish Kapoor ou le réalisateur Martin Scorsese.

L’architecture a été séparée des arts visuels en 2012 pour devenir une discipline à part entière du programme. Une occasion d’illustrer son lien avec Rolex, qui s’engage dans de grands projets architecturaux et dont le fondateur Hans Wilsdorf était architecte de la montre. 

En 2015, le tandem d’architecture a réuni le mentor suisse Peter Zumthor et la jeune Paraguayenne Gloria Cabral. Réunir deux potentiels; rien de plus. Les protégés reçoivent un soutien financier, et la possibilité de passer une année d’échange avec un artiste de renom. Lorsque Gloria Cabral évoque l’année de mentorat écoulée, elle confie: «J’ai plus confiance en mon travail.» 

Leur rencontre a eu pour fruit le projet prometteur d’une chapelle du thé en Corée du Sud, exposée jusqu’à cet automne à la Biennale.   

* Auteure et conservatrice du Musée international de la Réforme (MIR) à Genève. 

Samantha Reichenbach*

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