Bilan

L’architecte paysagiste qui accumule les succès

Quand il n’œuvre pas dans la région lémanique, le bureau Gilbert Henchoz dessine un relais de chasse en Angleterre, une roseraie à Changzhou ou du land-art sur une île finlandaise.
  • Totems équipés de brumisateurs camouflés derrière la végétation, imaginés pour un client privé à Conches.

    Crédits: Thierry Parel
  • Totems équipés de brumisateurs camouflés derrière la végétation, imaginés pour un client privé à Conches.

    Crédits: Thierry Parel

Travailler des deux côtés de la frontière genevoise n’est pas fréquent. C’est pourtant ce qu’a réussi à faire le bureau Gilbert Henchoz. Dans le cadre de la liaison ferroviaire en construction reliant Annemasse (F) à la gare Cornavin (le CEVA), sa structure genevoise a remporté l’appel d’offres pour la voie verte côté suisse, et son bureau d’Archamps (F) a décroché l’appel d’offres côté français.

Ce n’est pas l’unique exploit de cette PME familiale qui a démarré en 1988 et qui réalise la moitié de son chiffre d’affaires avec des commandes publiques. Cela va de futurs pontons destinés à la population de Genthod à l’insertion végétale de la nouvelle prison de la Brenaz à Puplinge (GE), projets gérés sous la responsabilité de l’un de ses associés Raphaël Saive.

Gilbert Henchoz est rapidement devenu incontournable dans cette niche que représente l’architecture du paysage. Avec son autre associé Franck-Johann Bodenmann, un jeune architecte paysagiste ingénieur HES doué en dessin, ils accumulent les commandes de particuliers plus ou moins fortunés.

Un oligarque russe les a mandatés pour réaliser du land-art (cette tendance artistique qui réutilise et réagence les matériaux naturels trouvés sur place) dans une île du nord de la Finlande. A Cologny, pour un couple britannique richissime , les paysagistes genevois ont créé des arches en forme de lianes en acier.

«Cela permet de garder une certaine allure hors saison», relève Gilbert Henchoz. La création de ces arches a été sous-traitée à un ferronnier en s’assurant qu’il n’en fabriquera pas ensuite pour des tiers. Ils ont aussi créé une cage en acier couverte de lierres qui offre un voile végétal original faisant office de transition entre la cour d’entrée et le jardin.

A Conches, pour un client privé présent dans notre classement des 300 plus riches, l’architecte paysagiste a imaginé des totems dans lesquels il a niché des brumisateurs camouflés derrière la végétation, avec un éclairage. Et, à côté, il a fait créer des dalles en verre posées sur un bassin. Ailleurs, dans le discret jardin d’un promoteur immobilier genevois niché à Plan-les-Ouates, il a imaginé aussi un jardin potager contemporain sur-élevé de 50  cm, disposé dans une série de bacs métalliques.

Quelque 10 000 plantes disponibles

«Nous recherchons l’harmonie. Il s’agit de tenir compte du site et de mettre en valeur l’existant: les arbres, les bâtiments. Et ensuite, nous allons dans le détail», indique le patron. Ils travaillent avec les quelque 10 000 plantes disponibles sur catalogue en Suisse. Pour être le plus professionnel possible, ils ont recruté des spécialistes des plantes vivaces, des bambous et, tout récemment, une pépiniériste qualifiée qui connaît parfaitement la problématique de la croissance des végétaux.

Ses équipes dessinent, imaginent des jeux de texture avec des feuillages «parce que cela dure une année entière, contrairement aux fleurs». Franck-Johann Bodenmann explique leur démarche: «Il faut travailler avec la diversité des végétaux, éviter la monoculture. Cela permet de ne pas se retrouver avec un aménagement à arracher entièrement, comme lorsque les buis sont attaqués par la pyrale.»

Gilbert Henchoz insiste: «Nous sommes un mandataire indépendant et tenons à mettre en concurrence les entreprises en demandant à chaque fois cinq devis différents. De plus, nous n’avons pas de pépinière à placer à tout prix ou d’équipe de maçons à faire travailler.» Par contre, une fois la pépinière sélectionnée, l’entreprise Gilbert Henchoz va sur place, sélectionne les végétaux et les bague pour s’assurer que ce sera bien les mêmes qui seront livrés plus tard.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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