Bilan

L’acupuncture: un remède miracle?

A l’ère du «tout naturel», la discipline chinoise connaît un regain d’intérêt en tant que médecine complémentaire. Bilan a testé un traitement chez un praticien réputé.
  • Séance avec le Dr Lu Jingda: les aiguilles font circuler l’énergie entre les méridiens.

    Crédits: Guillaume Mégevand
  • Les méridiens selon le «Nei Tsing», ouvrage antique de médecine chinoise.

    Crédits: Getty images

Lorsque nous entrons la première fois dans son cabinet rue Ferdinand-Hodler à Genève, le Dr Lu Jingda jauge brièvement d’un coup d’œil notre silhouette, notre teint et l’expression de notre visage. Il en tire un rapide diagnostic avant d’étudier notre langue et prendre notre pouls pour ressentir l’énergie qui y circule. Puis, il nous questionne sur les motivations qui nous ont poussé à fouler la porte de son cabinet. 

Commence alors le traitement: des aiguilles fines - à usage unique - sont légèrement enfoncées dans plusieurs parties du corps. Le but? Faire circuler l’énergie entre les méridiens. Sur certains points sensibles (là où il n’y a pas de chair et beaucoup de nerfs comme les mains et les pieds), les aiguilles provoquent une légère douleur, parfois même une sensation de courant électrique.

«Une réaction normale puisqu’on touche les méridiens», explique le Dr Lu Jingda qui rappelle que les aiguilles sont heureusement beaucoup plus fines que celles utilisées il y a quelques années. Par ailleurs, les épines actuelles se mettent de biais, permettant ainsi de pouvoir se coucher sur le dos. C’est allongé sur la table chauffante que l’on doit ensuite respirer longuement et profondément à 36 reprises.

Puis, le Dr Lu Jingda nous demande de nous vider la tête en se concentrant sur nos pieds. La relaxation commence. En quelques inspirations, c’est dans les bras de Morphée que l’on se retrouve avant qu’une sonnerie ne nous tire au bout de vingt minutes de sommeil. Ça y est, l’énergie circule mieux, le yin et le yang sont rééquilibrés. Rendez-vous la semaine suivante pour continuer le traitement. En effet, plusieurs séances sont nécessaires pour soigner une pathologie.

Cette médecine traditionnelle chinoise qui existe depuis des millénaires dans l’Empire du Milieu connaît un intérêt grandissant dans les pays occidentaux grâce à plusieurs facteurs: l’ouverture de la Chine a permis des échanges de plus en plus nombreux entre les milieux médicaux chinois et ceux du reste du monde, et un courant de pensées prône le retour aux médecines traditionnelles et aux traitements non médicamenteux.

«Il existe un mouvement général qui pousse les citoyens à revenir vers des éléments naturels, que ce soit en termes de nourriture ou de médecine», confirme le Dr Lu Jingda. «Beaucoup de patients cherchent des alternatives aux traitements par les médicaments, approuve Marc Aubert, partenaire de Sinomedica. Ils craignent les effets secondaires indésirables. La médecine traditionnelle chinoise n’en produit que très rarement.» 

Cela fait bientôt quinze ans que le Dr Massimo Fumagalli a flairé cette tendance. Après des études de médecine en Chine, en Inde et aux Etats-Unis, le Tessinois ouvre le premier centre d’acupuncture Sinomedica au Tessin en 2001. L’originalité de son concept? Tous les praticiens sont à la fois médecins FMH et formés à la médecine traditionnelle chinoise.

Sinomedica compte aujourd’hui six centres spécialisés entre Genève, Lausanne, Zurich et le Tessin. «Nous souhaitons créer une communauté de médecins pour faire bouger la médecine chinoise en Suisse», explique le médecin. Le groupe entend ainsi s’agrandir en s’installant prochainement à Bâle et à Berne et, pourquoi pas, à terme, en dehors de la Suisse.  

Complémentaire, mais pas alternative

Les douleurs chroniques, les angoisses, le stress, les insomnies, les migraines, l’obésité, les problèmes de fertilité, les allergies, l’asthme… presque toutes les maladies peuvent être soignées grâce à l’acupuncture. Attention cependant: certaines pathologies lourdes telles que des cancers ne peuvent être guéries par cette discipline, mais les effets secondaires des traitements, type chimiothérapie, peuvent être largement atténués grâce à elle.

Les sceptiques qui pensent que l’acupuncture ne marche pas sont souvent des personnes qui n’ont pas été au bout de leur traitement, affirme Massimo Fumagalli. «L’efficacité des traitements est régulièrement démontrée par des études cliniques réalisées dans le monde entier», souligne le médecin, qui rappelle qu’il ne s’agit pas d’une médecine alternative mais bien d’une médecine complémentaire.

Cette dernière est par ailleurs remboursée par l’assurance de base si elle est pratiquée par un médecin FMH, soit par la complémentaire. Des personnalités telles que le syndic de Lausanne Daniel Brelaz l’ont largement popularisée: 100 kg en moins sur la balance après une année d’acupuncture! Que demander de plus?   

Chantal Mathez

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