Bilan

L'acheteur du diamant rose n'a pas pu payer Sotheby's

Le diamant vendu le 13 novembre 2013 à Genève est de retour chez Sotheby's: l'acquéreur du Pink Star, le plus gros diamant rose au monde, n'a pas pu s'acquitter des 83,02 millions de dollars de l'enchère.
  • Le Pink Star, le plus gros diamant rose au monde, n'a pas pu être payé par son acquéreur et est donc de retour dans les coffres de Sotheby's.

    Crédits: Image: Andy Rain/Keystone
  • Le Pink Star est le plus gros diamant rose jamais mis en vente lors d'enchères.

    Crédits: Image: Emmanuel Dunand/AFP
  • Serti en bague, il pèse la bagatelle de 11,92 grammes et affiche 59,60 carats.

    Crédits: Image: Emmanuel Dunand/AFP
  • Lors des enchères tenues à Genève le 13 novembre 2013, la pierre précieuse avait atteint le prix de 82,02 millions de dollars.

    Crédits: Image: Andy Rain/Keystone
  • L'acquéreur, un diamantaire newyorkais, a expliqué avoir surenchéri pour le compte d'un groupe d'investisseurs souhaitant réaliser une plus-value.

    Crédits: Image: Andy Rain/Keystone
  • La pierre a donc réintégré les coffres de Sotheby's, évaluée pour la maison de vente à 72 millions de dollars.

    Crédits: Image: Andy Rain/Keystone
  • La pierre est donc à nouveau en possession de Sotheby's, mais aucune nouvelle date pour une future vente d'a été dévoilée.

    Crédits: Image: Salvatore Di Nolfi/Keystone

La mésaventure est rarissime. Et pour cause: les grandes maisons de vente, pour leurs enchères les plus prestigieuses, demandent en général des garanties d'identité et bancaires avant d'autoriser une personne à enchérir. La procédure a-t-elle été zappée ou la situation financière d'Isaac Wolf, l'acquéreur new-yorkais du diamant le plus cher du monde, s'est-elle subitement dégradée? En tout cas, près de quatre mois après la vente qui avait vu le Pink Star battre tous les records, l'acquéreur n'a pas été en mesure de payer les versements convenus avec Sotheby's.

«Cela arrive très rarement lors de ventes aux enchères, compte tenu du volume de transactions. Nous prenons beaucoup de précautions avant la mise aux enchères», précise un porte-parole de Sotheby's à Paris. L'activité de l'acquéreur, un diamantaire lui-même, a pu renforcer la confiance des dirigeants de Sotheby's.

En l'occurence, Isaac Wolf plaide la bonne foi: il aurait surenchéri le 13 novembre dernier lors de la vente genevoise pour le compte d'un «groupe d'investisseurs» ayant vu une «opportunité d'investissement» dans cette vente et souhaitant le revendre ultérieurement  afin de faire «un gros bénéfice», estimé à 150 millions de dollars, comme il l'a expliqué lors d'une entretien accordé à la chaine youtube JewsOnTelevision.

Et maintenant? Dans un premier temps la pierre précieuse est revenue chez Sotheby's et la maison de vente a du, suivant les termes du contrat conclu avec le vendeur, s'acquitter de la somme atteinte lors des enchères. La maison d'enchères affirme se réserver «le droit d'exercer tout recours envers l'acheteur défaillant». Aucune précision n'a toutefois été donné sur une nouvelle vente aux enchères. Dans son bilan, Sotheby's a fait estimer le diamant de 59,60 carats et pesant 11,92 grammes à 72 millions de dollars.

Avant de récupérer la pierre, Sotheby's a tenté de négocier avec Isaac Wolf, mais les pourparlers n'ont pas abouti. Patrick McClymont, CEO de Sotheby's, refuse de dramatiser cette situation: «Nous sommes très à l'aise avec notre estimation, et nous voyons une réelle valeur à posséder le diamant à ce prix», affirme-t-il.

Si cette vente record a donc échoué, Sotheby's n'en reste pas moins la maison qui a réussi à vendre le plus cher un diamant ou bijou: le Graff Pink, un autre diamant rose, de 24,78 carats celui-ci, avait été adjugé en novembre 2010 pour 46 millions de dollars.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."