Bilan

Junya Ishigami Libérer l’architecture

Dans l’imaginaire de Junya Ishigami, l’apparente fragilité des constructions défie les règles de l’architecture.

Crédits: Renaud Monfourny
Perspective extérieure de la House of Peace à Copenhague (rendu) (Crédits: Junya ishigami+associates)

Figure majeure et singulière de la scène japonaise, Lion d’or à la Biennale d’architecture de Venise en 2010, Junya Ishigami est considéré comme l’un des plus talentueux de la nouvelle génération d’architectes nippons.

Privilégiant les espaces ouverts, transparents et minimalistes, sa vision de l’architecture attribue au paysage une place prépondérante. Des nuages, des forêts, des formes mouvantes et ondulantes, des paysages oniriques dans lesquels Junya Ishigami fait disparaître la frontière entre extérieur et intérieur. Ses volumes décloisonnés emportent le regard vers l’horizon, avec de nouvelles perspectives de profondeur. Une sensation de légèreté inédite habite ses œuvres qui semblent affranchir l’architecture de ses limites.

Vue du hall de lecture du Groot Park, à Vijversburg aux Pays-Bas. (Crédits: Dr)

Battant des records d’affluence, sa récente exposition « Freeing Architecture », conçue spécialement pour la Fondation Cartier à Paris, accueillait une série de grandes maquettes présentées comme des œuvres d’art. L’exposition, toujours sous l’égide de la Fondation Cartier, posera ses valises à Shanghai en avril 2019.

A l’encontre de la géométrie stricte du modernisme, le travail d’Ishigami favorise l’errance et revendique une part de rêve. Derrière la poésie de son œuvre se cachent de véritables défis techniques au service d’une réflexion sur la place de l’homme au sein de l’architecture.

Vue extérieure de l’Institute of Technology Workshop de Kanagawa au Japon (Crédits: associates)

Liberté spatiale

Parmi ses projets de grande envergure, l’Institut de technologie de Kanagawa achevé en 2008 est exceptionnel par sa légèreté et la continuité entre intérieur et extérieur. Ceint par des murs de verre et dépourvu de cloisons intérieures, ce bâtiment tout en transparence est à la fois une ode à la liberté et une méditation sur l’équilibre. Un espace fluide et immaculé qui transpose une nature idéalisée avec sa forêt de 300 colonnes blanches de tailles différentes savamment disposées.

Un de ses projets les plus fous, la House of Peace (Maison de la Paix) n’est pas encore réalisée. Remportant un concours international lancé par la Ville de Copenhague en 2014, Ishigami a posé un immense nuage en suspension sur l’eau. Commanditée par l’ONG danoise HOPE, la House of Peace est à la fois un symbole de paix, un espace de réflexion et de méditation. La mer y fait office de sol et le nuage de toit.

L’accès souterrain mène à une plate-forme cernée par la mer. Le visiteur peut se promener avec une petite barque sous la voûte en béton blanc où règnent calme et harmonie. La lumière naturelle se reflète sur la mer et grâce à sa capacité calorifique, l’eau absorbe la chaleur du soleil et la maintient dans le bâtiment, rendant inutile tout système de chauffage.

Utopie ou réalité ?

(Crédits: Junya ishigami+associates)
Patricia Lunghi

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