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Julie Ordon, la Genevoise que le monde s’arrache

Rien ne prédestinait Julie Ordon à devenir le mannequin star helvétique que tout le monde s’arrache. Rencontre.
  • Nicolas Righetti Crédits: Nicolas Righetti
  • Crédits: Photo: Nicolas Righetti; Coiffeur: Benoit@Ailleurs Hairdressing / Maquillage: Marisol@Marisol Image

Rien ne prédestinait Julie Ordon à devenir le mannequin star helvétique que tout le monde s’arrache. Du haut de son mètre septante-trois seulement, elle affiche sa nature rayonnante et son air amusé, là où ses consœurs ne savent plus sourire.

Non, rien ne destinait celle qui débutait sa carrière à 15 ans à peine à reprendre le rôle mythique de Brigitte Bardot dans Le mépris, le temps d’une publicité hommage à Jean-Luc Godard pour le rouge de Chanel, ni à tourner aux côtés de Daniel Craig, Vera Farmiga ou encore Keanu Reeves aux Etats-Unis. Et encore moins à épouser le producteur très en vue David Mimran.

Et pourtant, la Genevoise, âgée aujourd’hui de 29 ans, possède ce petit plus qui fait d’elle une personnalité volontaire et touchante à la fois. Cette femme-enfant au visage de poupée, mais au regard de braise, sait passer de la jeune fille en fleur à la vamp peroxydée en un battement de cils ravageur.

Aujourd’hui, la belle continue son rêve américain en multipliant les campagnes de pub pour les grandes marques, joue dans la nouvelle série française Paris diffusée à la rentrée sur Arte, tout en conciliant sa vie de famille et son rôle de mère. Drôle, naturelle et authentique, elle se livre sans fard à Bilan Luxe.

Votre carrière est en plein essor en ce moment, non ?

En effet! Côté mannequinat, vous allez pouvoir me découvrir dans une campagne pour la marque Who’s Who. Sinon, je viens d’achever le tournage d’une nouvelle série française intitulée Paris qui sera diffusée en automne sur Arte.

Le tournage s’est merveilleusement bien passé, j’ai adoré! Je joue le rôle de Jennifer, une femme manipulatrice qui n’a pas de très bonnes fréquentations. J’aime ce rôle, car il ne me ressemble absolument pas… Mais je ne vous en dis pas plus. Je préfère vous laisser découvrir la série, ce n’est pas drôle sinon !

Et vous lancez prochainement une marque de bijoux, c’est bien ça ?

Absolument. C’est un projet que je préparais depuis quelque temps déjà. J’ai commencé à dessiner des esquisses il y a plus d’un an. Je suis une vraie amatrice de bijoux, mais je ne trouvais jamais exactement ce qui me convenait. Je me suis rendue au salon Baselworld afin d’y dénicher de bons fournisseurs.

La marque s’appelle Hippie Dreamers, elle sera composée de bijoux très sexy et trendy comme des bijoux de main, des petites chaînes en argent que nous sertissons de diamants, de pierres semi-précieuses.

Actuellement, je suis en train de négocier avec un site de production à l’étranger, mais vous pourrez la trouver en Suisse, France, Italie et aux Etats-Unis dès la fin de l’année. Je me réjouis vraiment de cette nouvelle aventure en tant que créatrice !

Vous êtes la compagne du producteur David Mimran, discutez-vous ensemble de ses projets et des vôtres côté cinéma ? Aimeriez-vous travailler pour lui ?

En fait, je crois qu’il préférerait que je reste à la maison pour m’occuper de lui (rires) ! Il est très amoureux de moi, il faut voir le bon côté des choses ! Nous avons tourné ensemble en 2010 sur le film Henry’s Crime avec Keanu Reeves et Judy Greer.

Je lui avais demandé de ne pas être présent lors de mes scènes, car je ne désirais pas bénéficier de traitement de faveur, cela me gênait. J’ai tout fait pour que l’on ne sache pas que David était mon ami. Je ne voulais pas que l’on se fasse une fausse idée de moi. Si j’ai obtenu ce rôle, c’est uniquement par moi-même et non parce que j’étais sa compagne !

Vos amis sont de grands acteurs américains, comme Leonardo DiCaprio, par exemple. Quel est le meilleur conseil qu’ils aient pu vous donner ?

Je les questionne surtout sur leurs films de référence. La semaine dernière, par exemple, Vincent Lindon m’a conseillé de regarder le film The shop around the corner.

C’est un des très grands films des années 1940. J’ai adoré sa magie, les costumes, l’histoire d’amour. Grégoire Colin, avec qui j’ai travaillé sur Novela et Inquiétudes, m’a conseillé de ne pas surjouer, de ne pas trop en faire.

Et l’actrice et réalisatrice Brigitte Catillon m’a dit un jour : « Si tu ne sais plus ton texte, continue, ne t’arrête pas, regarde les yeux de ton partenaire et improvise. » Du coup, les scènes sont sans fin…

Quelle célébrité admirez-vous le plus pour sa carrière ?

J’adore Diane Kruger, mais j’espère pouvoir faire mieux qu’elle (rires) ! Ses choix sont quelquefois trop commerciaux. Personnellement, je trouve les scénarios de films à gros budgets souvent trop pauvres.

J’aime beaucoup plus les films d’auteurs. Bien évidemment, ils sont moins vendables et l’on en fait moins la promotion. L’idéal pour moi est de mêler des contrats publicitaires dans le mannequinat et, à côté, de pouvoir tourner dans des films indépendants.

Vous avez travaillé pour les plus grandes marques : Dior, Chanel, Ralph Lauren. Aujourd’hui, que vous reste-t-il à accomplir côté mannequinat ?

Ça m’amuserait beaucoup de réaliser une série mode dans laquelle je serais une voleuse, habillée d’une combinaison noire, virevoltant sur les toits de Paris !

Le milieu du show-business est-il un univers si difficile qu’on le décrit ?

C’est un univers très difficile et faux, je l’avoue. Il faut toujours donner le meilleur de soi-même. Je me souviens de la série mode durant laquelle j’étais très malade. Personne ne s’inquiète pour vous. Les gens qui évoluent dans le milieu de la mode ne pensent souvent qu’à leur carrière. Ils n’ont ni le temps ni l’envie de penser à fonder une famille.

Moi, lorsque je termine ma journée de travail, j’aime retrouver mon cocon, mon univers. J’appelle mes amis, ma famille, je m’occupe de ma fille et de mon mari, c’est un vrai bonheur.

Mais j’avoue m’être tout de même fait quelques amis très chers. La photographe Ellen von Unwerth, par exemple, qui sait rendre les femmes si belles et qui me met à l’aise lors de chaque prise de vue. Mais aussi le photographe Bruce Weber et Ana Beatriz Barros, qui sont devenus des amis.

New York, Paris, Genève. Où vous sentez-vous chez vous aujourd’hui ?

Définitivement à Genève. J’ai vécu un long moment aux Etats-Unis, à New York, et j’en ai eu assez. J’ai eu envie d’offrir à ma fille la chance de pouvoir courir dans un jardin, de découvrir tout autour d’elle des parcs et notre beau lac Léman.

En Suisse, nous avons la chance de bénéficier d’une qualité de vie incroyable. Aujourd’hui, vous voyez, il ne fait pas très beau et pourtant je vous parle depuis chez moi, au bord du lac, et la vue est splendide.

On vous a prêté des love stories avec plusieurs personnalités, dont des acteurs américains. Comment s’est passée la rencontre avec David Mimran ?

J’ai rencontré mon mari lors d’une soirée entre amis et tout de suite j’ai pensé qu’il n’aimerait pas une fille comme moi. Il avait une vie posée, travaillait dans le business de la finance et moi je voyageais tout le temps sans réellement avoir de pied-à-terre. Tout s’est passé très vite entre nous car, de mon côté, j’ai vraiment eu le coup de foudre pour lui.

Au fond, nous savions que nous étions faits pour être ensemble. Aujourd’hui, il travaille à Londres et voyage beaucoup – et moi aussi d’ailleurs – mais notre couple trouve son équilibre comme ça.

Aimeriez-vous que votre fille suive vos traces ou préféreriez-vous qu’elle grandisse loin de cet univers ?

J’ai envie qu’elle puisse s’épanouir, faire ce qu’elle rêve de faire. Maintenant, si elle veut suivre les traces de maman, je lui demanderai d’attendre un peu. J’ai personnellement débuté très jeune, trop tôt. Il y a des gens malsains dans ce milieu et on peut facilement se faire influencer.

Finalement, où vous voyez-vous dans dix ans ?

Je me vois avec trois oscars, cinq césars et une palme d’or sur ma cheminée, sans oublier deux ou trois enfants qui courent dans la maison. Pas mal comme projet, non (rires) ?

Lucie Notari

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