Bilan

John Travolta

La star hollywoodienne passionnée d’aéronautique, était à Reno pour suivre les compétitions aériennes. Rencontre exclusive.
Crédits: Breitling SA

Plus d’une cinquantaine de films, deux Golden Globes, deux nominations aux Oscars et deux déhanchés mythiques jalonnent le parcours de John Travolta. Aujourd’hui, sa carrière s’apprête à connaître un nouvel élan grâce à une série télévisée. La star vient de débuter le tournage de la saison 1 d’« American Crime Story » de Ryan Murphy qui sera diffusée en février 2016 sur la chaÎne câblée FX.

Sorte de spin-off d’« American Horror Story » du même réalisateur, les dix épisodes de cette anthologie du crime raconteront le procès d’O.J. Simpson, footballeur américain accusé d’avoir assassiné son ex-femme et son compagnon d’alors. Il y tient le rôle phare de l’avocat Robert Shapiro. Evidemment, côté grand écran, les fans de Vinc’Vega dans « Pulp Fiction » attendent depuis 1994 le retour du duo Travolta-Tarantino.

La star aussi. Mais sans s’en soucier d’avantage, il sait que le réalisateur marche à l’instinct et que, sur un coup de fil, même vingt ans plus tard, le mythe redémarrera à la seconde. Il n’en a pas l’ombre d’un doute, et la question ne se posera pas. L’acteur, rencontré dans une suite de l’Hôtel Whitney Pick à Reno, en plein désert du Nevada est serein. Aucun manager ne l’accompagne. L’équipe Breitling, dont il est l’ambassadeur depuis plus d’une décennie, l’accompagne. Travolta est un homme accessible. Le regard bleu perçant, le timbre de voix reconnaissable entre tous, il raconte sa façon d’aller au bout de ses passions. Rencontre.

Pourquoi cette passion pour l’aviation ? Pour la technologie, la vitesse, ou le sentiment de liberté ?

Ce sont vraiment les trois aspects qui me motivent. La technologie, évidemment, me donne cette sensation de vitesse. Mais bien plus que cela, piloter m’offre un point de vue. Un point de vue objectif, mais aussi plus personnel sur la vie. Il m’oblige à réfléchir ce sur quoi j’ai envie de focaliser mon énergie.

Comment a-t-elle commencé ?

J’ai d’abord été attiré par l’esthétique. J’adore le design, et ce que la forme d’un avion induit dans sa fonctionnalité. J’ai toujours été attiré par l’aviation commerciale, depuis mon enfance. Et cet attrait a grandi suffisamment pour que je devienne pilote professionnel. Je suis pilote depuis mes 15 ans et aux commandes de jets depuis trente-six ans. Je vole pour Quantas, pour Bombardier. Et je vis cette passion aussi intensément que mon métier d’acteur. J’y ai dédié vraiment beaucoup de temps. Au point de préférer des cours d’aéronautique au tournage d’un film pourtant écrit pour moi à mes débuts, en 1980. 

Jusqu’à tenter un vol dans l’espace ?

J’y ai été invité plusieurs fois, mais je préfère attendre que ces vols soient techniquement plus perfectionnés. Les compagnies qui les organisent sont privées. Vous avez évidement des industries derrière, mais pas encore les plus importantes. Avant de monter dans un de ces vols, je souhaite d’abord jauger comment ces voyages se déroulent, et laisser s’écouler un peu de temps. 

Piloter dans l’espace, c’est un rêve ?

Si je pouvais, oui ! Mais m’assoir en tant que passager n’est pas un problème pour moi. C’est une histoire d’émotion, profonde, qui provoque toujours chez moi autant d’effets. Je n’y peux rien. C’est aussi émouvant que lorsque je suis en face d’une belle femme. Un de mes amis, qui ne s’intéresse pas du tout à l’aviation, a même filmé mes réactions. Il ne pouvait tout simplement pas croire que je pouvais me mettre dans des états si extatiques (rire).

Il est vrai que tous ces avions qui entourent votre maison privée, construite pour les accueillir juste sur le seuil de votre porte, c’est un peu étrange… et assez peu commun en Europe…

Mais c’est facile à expliquer et en Amérique c’est assez aisé de le faire contrairement à l’Europe. Si vous vivez à Los Angeles, aller à l’aéroport prend entre trente minutes et une heure, un trajet trop long qui entrave ma préparation et l’accès à mon avion. Maintenant, si votre avion est positionné juste derrière votre maison, comme celle que je possède en Floride, eh bien c’est une histoire de secondes pour y accéder. En moins d’une minute je suis déjà dans les airs.

Utilisez-vous quotidiennement vos avions ?

Oui, presque tous les jours. Cela me permet de nourrir continuellement ma passion. Les personnes qui aiment les bateaux vivent souvent avec leur bateau au pied de leur maison. Pour moi, il n’y a pas de différence. Les avions, c’est juste un peu moins commun. Les Etats-Unis possèdent un grand nombre d’aéroports privés.

Est-ce que vous avez déjà volé jusqu’en Suisse ? Probablement pour visiter la marque Breitling ?

Oui ! C’est un fleuron de l’industrie horlogère, que j’ai déjà visité plusieurs fois. Breitling maîtrise un très large spectre de production intégrée. Ses capacités sont à la fois reconnues dans la manufacture de montres mécaniques, mais aussi sur le terrain de la haute technologie avec le modèle Emergency. Cette montre est réellement très avancée dans sa capacité à capter deux relais, par satellite et par onde, et ainsi permettre la signalisation de votre position et le trajet que vous avez emprunté pour y arriver. Je la porte lorsque je suis en vol, mais elle est très utile pour un skieur, pour un conducteur. Elle peut vraiment sortir quelqu’un d’une mauvaise passe. 

Ça vous est déjà arrivé ?

J’aurais bien aimé l’avoir, il y a des années, lorsque je me suis fait surprendre par une tempête de neige en pleine nuit, alors que je conduisais une voiture de location pour rejoindre un chalet en montagne, aux Etats-Unis. Ce soir-là, j’ai cru que ma dernière heure était arrivée. J’étais seul, et j’ai alors pensé que personne n’allait me trouver sur cette petite route, et qu’il allait falloir des jours avant que les secours arrivent. Heureusement, ça s’est bien terminé, mais c’était avant que l’Emergency ne soit inventée…

Quel est votre sentiment quand vous êtes en Suisse ?

La Suisse représente un tel imaginaire ! Elle a longtemps symbolisé un univers de jet-set pour moi. Il y avait tous ces films hollywoodiens qui intégraient des scènes tournées en Suisse, dans les années 1960 et 1970, tous ces films de James Bond ! Ça me faisait rêver… La Suisse a cette aura de glamour unique.

Dans l’un de vos derniers films, « The Forger », vous jouez le rôle d’un faussaire qui doit reproduire une toile de Monet, « La femme à l’ombrelle ». Et pour vous imprégner du personnage, chaque nuit, en rentrant du tournage, vous reproduisiez réellement le tableau dans votre chambre d’hôtel. Expliquez-nous.

Oui, je l’ai fait. Dans ma famille, nous avons toujours peint. Mon père peignait et je me suis beaucoup exercé avec lui quand j’étais jeune. Edward Hopper m’inspirait tout particulièrement. Je suis un acteur qui fait beaucoup de recherche sur un rôle. Et pour ce film, j’ai rencontré deux célèbres faussaires, un Français et un Américain. Le Français était particulièrement humble et pouvait réellement reconnaître une fausse toile d’une vraie. J’ai voulu comprendre comment. Il m’a si merveilleusement expliqué la manière dont l’énergie artistique, vibrante, émane d’un tableau, comment elle lui permet de reconnaître une vraie toile d’une copie. Cela m’a inspiré. J’ai voulu intégrer cette dimension dans mon rôle, et en peignant mon propre Monet, chaque nuit, je pouvais me faire ma propre version, ressentir cette vibration. Et finalement, ma toile n’était pas si mal! Je suis également allé à Hongkong apprendre la peinture auprès d’un maître. Il m’a donné beaucoup de conseils, sur la couleur, les pigments… Je suis très fier de ce film. Il est authentique, sans aucune intention de surjouer chez les acteurs. La scène où l’on décroche le Monet en pleine nuit dans le musée et qu’on le remplace par un faux reste ma préférée.

Et pour votre prochain rôle, celui de Robert Shapiro dans la série télévisée très attendue sur l’histoire d’O.J. Simpson, vous êtes-vous préparé avec la même intensité ?

Oui. J’ai déjà eu la chance de jouer le rôle d’un avocat par le passé, dans le film « Préjudice », donc toute la partie théorique du métier n’était plus nécessaire à comprendre. Mon rôle, cette fois, se focalise davantage sur le fonctionnement d’un avocat tel que Robert Shapiro. J’ai visionné autant de vidéos et lu autant de textes sur lui qu’il était possible de trouver. 

L’avez-vous rencontré ?

Pas encore, car jusqu’à présent je n’en avais pas le droit. Mais désormais c’est possible, et je vais le faire. Cette série va être une révélation, car vous allez voir et comprendre des éléments qui n’ont jamais été abordés, et particulièrement les liens entre les bureaux d’avocats. Rupert Murdoch (propriétaire de la chaine cablée FX entre autres) est si obsédé par cette série qu’il a été la première personne à visionner les deux premiers épisodes. Et il a adoré. Il est déjà accro aux prochains. C’est très bien réalisé, très bien produit. Ryan Murphy est le meilleur producteur pour cela. Je suis très enthousiaste. 

Cristina d’Agostino

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